LesTatiesFlingueuses (@Flingueuses) vous parlent des #ElectionsMunicipales.

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Les dimanche 15 et l22 mars, vous êtes appelé e à voter pour le/la futur e maire de votre commune. Le thème de l’#environnement est désormais central et les candidats/candidates  font beaucoup de promesses. Mais quels sont vraiment les pouvoirs et compétences des #mairies sur ce sujet ? Que peut faire le/la #maire pour lutter efficacement contre le #dérèglementclimatique ? Avec qui ?

Fanny et ses Taties flingueuses répondent  sans concession à ces questions, en déconstruisant la communication autour de l’environnement.

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Finance verte : un besoin de boussole

Finance verte : un besoin de boussole

Jean-Guillaume Péladan, gérant et responsable de la stratégie environnementale chez Sycomore AM

Année après année, la « vérité qui dérange », du nom du film d’Al Gore de 2006, nous rattrape un peu plus. Devant l’urgence croissante de la crise environnementale et climatique, la finance s’est lancée depuis quelques années dans une course à l’intégration des critères extra-financiers, dits ESG pour environnement, social et gouvernance. Nous avons plus que jamais besoin de boussole.

Or, dans la finance, les systèmes de notation environnementale sont très nombreux, car chaque fournisseur de données ou de services possède le sien, le plus souvent un modèle propriétaire peu transparent. Les études menées pour les comparer ne montrent en général pas de corrélation entre elles, ni avec les impacts environnementaux. Quant à la plus utilisée, l’empreinte carbone, elle produit des chiffres qui s’avèrent utiles pour les producteurs d’énergie, mais pas pour tous les autres métiers. De plus, elle est, par construction, aveugle aux externalités environnementales qui affectent la résilience des écosystèmes, l’eau, la qualité de l’air ou la biodiversité, ce qui la rend trop simpliste. Alors que faire ?

Simplifier mais pas trop

Face à ce défi, science et bon sens sont de bons guides. La science nous indique que nous savons déjà beaucoup de choses : nous avons cumulé, depuis des décennies, des informations sur les impacts environnementaux des produits et des services grâce à l’analyse de cycle de vie et à de nombreuses études indépendantes. Cette masse d’informations est de plus en plus accessible à tous grâce à des labels certifiés par des tierces parties, visibles jusque sur les produits que nous achetons, sous l’œil vigilant des ONG. Ainsi, nous savons que prendre l’avion fait exploser notre bilan carbone personnel, qu’il est préférable de prendre son vélo ou les transports en commun, qu’il vaut mieux manger des lentilles que du bœuf, etc. Le bon sens nous dit qu’on devrait arriver à produire une boussole pour les investisseurs pour distinguer le vert du gris ou du marron, et même les 50 nuances de vert qu’appelle de ses vœux le très emblématique Gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney.

La NEC pour Net Environmental Contribution est née en 2015 de cette démarche. Elle agrège les informations disponibles sur les principaux impacts environnementaux d’une activité économique pour produire un indicateur permettant de mesurer simplement le degré d’alignement de cette activité avec la transition environnementale sur une échelle unique graduée de -100% à +100%. Le 0% correspond à la moyenne de ce que l’économie mondiale offre et aussi aux activités économiques qui ont un impact environnemental limité telles que la santé ou la communication.

Le +100% correspond aux activités à fort impact environnemental alignées avec la transition et avec les objectifs internationaux de lutte contre le réchauffement climatique : la réutilisation et le recyclage, une bonne partie des énergies renouvelables, les légumes bio, le train, le vélo, les transports en commun ou l’auto-partage, les maisons en bois bien isolées, etc. A contrario, le – 100% correspond aux activités à fort impact environnemental qui font obstruction à la transition environnementale et climatique : l’extraction du charbon et ses utilisations énergétiques, l’exploitation de sables bitumineux et du pétrole de schiste, l’élevage intensif de bovins, le transport aérien courte distance, etc. Entre les deux s’échelonnent toutes les nuances de vert pour les NEC positives et les nuances de marron pour les négatives.

Ce qui n’est pas mesuré n’est pas géré

La NEC mesure donc la contribution environnementale nette à un instant donné pour une activité économique donnée. Elle constitue donc un outil de transparence et de conformité. En prenant en compte les informations disponibles sur les principaux impacts environnementaux, elle mesure de façon plus complète le degré d’alignement à la transition verte. Elle évalue les risques et les opportunités de transition, ce qui fait partie du travail de base d’un investisseur. Elle permet aussi de rendre des comptes en publiant les NEC des produits financiers et de leurs indices de référence, notamment dans le cadre des recommandations internationales de la TCFD (Taskforce for Climate-related Financial Disclosures) ou de l’article 173 de la loi française sur la Transition Energétique pour la Croissance Verte.

La NEC permet aussi de structurer le dialogue avec les entreprises investies en questionnant leur positionnement stratégique et leur trajectoire. Enfin, la NEC sert également à asseoir des stratégies d’investissement responsable et d’impact investing, en permettant de trier les actifs sélectionnés, comme dans le fonds actions Sycomore Eco Solutions, le premier en France à recevoir le label Greenfin, et où seules les entreprises à NEC strictement positives sont éligibles. Chez Sycomore AM, la NEC est systématiquement intégrée dans l’analyse extra-financière et dans les reportings depuis 2018.

Le choix de la coopération ouverte à tous

Pour développer notre outil, nous avons décidé dès 2018, avec nos partenaires Quantis et I Care & Consult, d’ouvrir notre démarche à tous les pionniers en lançant l’Initiative NEC. Accessible à tous sur www.nec-initiative.org depuis septembre 2019, il s’agit d’une plateforme précompétitive permettant de partager et mutualiser l’effort de publication, de R&D, de pédagogie, de formation et de mise à jour. Elle est ouverte à tous les acteurs de la finance, aux institutions comme l’OCDE, aux chercheurs, aux ONG, et aux entreprises elles-mêmes, qui veulent établir leurs NEC actuelles et futures. Plus les modèles d’affaires sont compacts, plus la NEC est simple à calculer. Ceci facilite considérablement son utilisation par les petits projets et les PME, qui représentent la majorité de l’économie et concentrent beaucoup de contributeurs à la transition environnementale. Notre conviction est qu’une métrique n’a d’avenir que si elle est transparente, globale et open source et que la coopération n’est plus une option, mais une nécessité.

Références

Arnault, P. et al. (2018), Is the transition risk material? Testing the Net Environmental Contribution™ metric on a universe of listed European equities, https://nec-initiative.org/publications-2/

Carney, M. (2019), Remarks given during the UN Secretary General’s Climate Action Summit 2019, https://www.bankofengland.co.uk/-/media/boe/files/speech/2019/remarks-given-during-the-un-secretary-generals-climate-actions-summit-2019-mark-carney.pdf

Hawley, J. (2017), ESG Ratings and Rankings: All over the Map. What Does it Mean?, https://www.truvaluelabs.com/wp-content/uploads/2017/12/ESG-Ratings-and-Rankings-All-Over-the-Map.pdf

Le reporting extra-financier des investisseurs : Le cadre réglementaire français, https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/reporting-extra-financier-des-investisseurs

Sustainable finance for investing in a low-carbon European electricity sector, http://www.ceem-dauphine.org/assets/dropbox/CEEM_Conference_Sustainable_Finance_in_the_Electricity_Sector%2C_Dauphine%2C_230919.pdf

Task force on climate-related financial disclosures, https://www.unepfi.org/climate-change/tcfd/

http://m.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/4336/Finance_verte_:_un_besoin_de_boussole.html

BONHEUR, SENS DU TRAVAIL ET RAISON D’ÊTRE : LE REGARD DES SALARIÉS FRANÇAIS SUR L’ENTREPRISE

82% des salariés considèrent que l’entreprise est responsable de leur bonheur. Alors qu’à Davos, les grandes entreprises multiplient les engagements planétaires, un sondage IFOP pour Philonomist montre que les salariés français demandent à l’entreprise de se recentrer sur ses missions premières, de « cultiver son jardin ». Ils expriment en même temps une forte demande, insatisfaite, de bonheur, de reconnaissance, d’association aux décisions, et de sens.

Pour les Français, ce n’est pas à l’entreprise de résoudre les dérèglements mondiaux. Ils jugent, à une écrasante majorité, l’Etat plus crédible face au réchauffement climatique, aux inégalités, ou à la pauvreté. Quant à la « raison d’être », promue par la loi Pacte, ils en ont aussi une vision très classique : avant tout « servir ses clients » (35%) ou « faire du profit » (34%), mais 12% toutefois répondent « rendre le monde meilleur ».

Les salariés français seraient-ils des disciples de Milton Friedman, qui pensait que « la seule et unique responsabilité sociale de l’entreprise, c’est d’accroître ses profits » ? Ce serait faire une lecture très partielle car les répondants expriment aussi une grande frustration, et une très grande demande inassouvie de bonheur, de reconnaissance, d’implication et de sens.

Frustration d’abord : 49% se disent parfois amenés à agir contre leurs valeurs, 46% se disent parfois infantilisés par leur hiérarchie. Et si l’on transpose la vision du travail de Hannah Arendt dans la Condition de l’homme moderne, entre le « labeur » (aliénant car toujours recommencé), l’« œuvre » (dont le résultat est visible), et l’« action » (qui change le monde), 28% seraient dans le labeur, « pris dans un flux dont ils ne voient pas le résultat ».

Mais cette frustration est l’envers d’une attente considérable. 82% estiment l’entreprise responsable du bonheur de ses salariés. Or cette attente n’est pas purement hédoniste : elle est associée à un engagement dans le collectif. Ainsi 77% voudraient que l’entreprise fonctionne comme une démocratie pour ses salariés, et 58% s’estiment liés à l’entreprise au-delà du contrat de travail. Enfin, 37% seraient prêts à gagner moins en échange d’un travail qui ait un sens.

Ces résultats confirment l’expérience rencontrée sur le terrain, en entreprise, par Philonomist.lab. Faire entrer la philosophie en entreprise n’est plus perçu aujourd’hui comme une étrangeté, mais plutôt comme une nécessité. Les collaborateurs demandent à être traités en adultes, à débattre de la finalité de leurs actions, et plus seulement à exécuter. De leur côté les directions veulent partager le savoir et inciter les collaborateurs à poser les bonnes questions.

Plaidoyer pour un numérique au service de l’environnement

 

La révolution numérique bouleverse nos entreprises et transforme radicalement nos modèles. Cette évidence, inconcevable il y a 20 ans, est irréversible : sans numérique, le monde ne fonctionne plus. Pour ceux qui, comme moi, ont fait de cette transformation leur combat, c’est une victoire.

Ces transformations à grande vitesse alimentent pourtant les fantasmes d’une alinéation de l’Homme par les nouvelles technologies. Cette défiance, bien que stérile et menaçant même les nouveaux horizons offerts par la technologie, doit nous alerter. Car pèsent aujourd’hui sur les acteurs de la transition numérique des responsabilités qui vont de pair avec le rôle qu’ils jouent désormais, notamment sur l’environnement. Alors que la COP25 s’est achevée sans avancée majeure, il est indispensable de quitter la sempiternelle case diagnostic pour passer à l’action, et vite.

Le numérique est tout d’abord un formidable outil au service de la transition écologique. Il est le levier indispensable d’une économie décarbonée. Les acteurs du numérique proposent chaque jour des solutions innovantes pour aider les industries et les territoires dans leur trajectoire-environnement. Les résultats sont là. Syntec Numériquea conduit une étude avec le groupe Caisse des Dépôts et les pôles de compétitivité Advancity et Systematic Paris-Région qui mesure concrètement les retombées socio-environnementales du numérique dans 5 projets de « ville intelligente ».

Au-delà de la technologie, le numérique a permis de faire émerger de nouveaux modèles économiques, davantage fondés sur l’usage que sur la possession, sur le service que le produit. Ces fondements sont ceux d’une économie circulaire au service de l’environnement et d’une croissance plus durable.

Mais le numérique doit aussi balayer devant sa porte en réduisant son empreinte environnementale. S’il est difficile de mesurer cet impact sur l’environnement, celui-ci est incontestable.

The Shift Project chiffre à 4% sa part dans les émissions de gaz à effet de serre et anticipe un potentiel doublement de cette part d’ici 2025. Le numérique joue aussi un rôle dans l’épuisement des ressources naturelles et la pollution de l’air et du sol du fait de l’extraction des matières premières et de leur transformation en composants électroniques.

La multiplication des objets numériques, leur cycle de vie et l’usage que nous en faisons génèrent donc un impact négatif croissant sur l’environnement. Pour contrer cette tendance, nous en appelons autant à la responsabilité des utilisateurs qu’à celle des industriels du hardware et du software. Il faudra donc jouer sur ces deux leviers.

Accompagner les utilisateurs signifiera sensibiliser et « acculturer » les citoyens quant aux conséquences sur l’environnement de leurs comportements numériques. La tâche ne sera pas aisée. Selon un sondage de l’Observatoire du Numérique BVA/Digital Society Forum en 2019, seuls 27 % des Français se considèrent bien informés concernant l’impact du secteur sur l’environnement. Cet effort d’information et de pédagogie est indispensable pour que les utilisateurs du numérique puissent faire évoluer correctement leurs usages.

Accompagner les industriels impliquera de les fédérer. Dès la COP21, les industriels du numérique se sont mis en marche pour mesurer et réduire leur impact. Néanmoins, ces initiatives, bien que nombreuses, demeurent encore trop individuelles et n’embarquent pas toutes les entreprises, notamment le tissu des PME et TPE.

C’est pourquoi, nous avons décidé de mobiliser nos 2000 entreprises adhérentes pour partager leurs bonnes pratiques, réduire leur empreinte environnementale et travailler à la construction d’un indicateur référent pour le secteur.

Cette démarche traduit un engagement politique fort du secteur pour un numérique plus inclusif, plus éthique et plus éco-responsable.

Comme nous le rappelle le célèbre essayiste environnementaliste Pierre Rabhi, « nous devons ensemble faire notre part » pour faire converger les transitions numérique, sociétale et environnementale.

Nous nous devons d’être les premiers concernés. C’est cette exemplarité qui nous permettra d’accompagner de manière crédible les autres secteurs de l’économie vers un modèle plus durable.

Catégories : Opinions

A lire aussi : [Dossier] Ethique & Numérique : des entreprises plus responsables ?

A lire aussi :Six solutions pour répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux

https://www-alliancy-fr.cdn.ampproject.org/c/s/www.alliancy.fr/opinions/entreprises/2020/01/27/plaidoyer-pour-un-numerique-au-service-de-lenvironnement/amp

Non, il ne faut pas combattre la «fracture numérique»

Non, il ne faut pas combattre la «fracture numérique»

Par Taoufik Vallipuram (Libération)

L’emploi de ce concept pointe un mal que seules des solutions numériques seraient à même de soigner… alors que le problème se situe dans le rapport à l’école, à l’information ou dans la réduction des effectifs de la fonction publique.

Tribune.Popularisé en 1996 par Bill Clinton qui parle de «digital divide»,le concept de «fracture numérique» est dès ses origines marqué par une forte empreinte idéologique et s’inscrit en France dans la lignée de la «fracture sociale». Bien que contestée par la plupart des chercheurs, la notion revient fréquemment dans le débat public. L’emploi abusif de cette expression est loin d’être sans conséquence. C’est ce que nous démontrons à l’issue de l’exploration Capital numérique, une étude qui s’est intéressée aux pratiques numériques d’habitants de quartiers prioritaires.

Parler de fracture numérique, c’est adopter une vision simpliste, binaire et donc tronquée de la réalité. Il y aurait d’un côté des inclus et de l’autre des exclus. Pourtant, le manque de sensibilisation aux enjeux de la société numérique est généralisé. Comprendre pourquoi il faut maîtriser ses traces sur Internet, son identité numérique, protéger sa confidentialité, et être ensuite capable de le faire. Ce sont autant d’actions qui dépassent tous les Français, alors même que leurs pratiques numériques ne cessent de se diversifier, y compris dans les classes populaires.

Les habitants des quartiers «Politique de la ville» que nous avons rencontrés au cours de l’étude Capital numérique ne sont pas en reste. Facebook, Snapchat ou WhatsApp sont utilisés tant pour communiquer, s’informer que pour apprendre au quotidien, même par des personnes ne sachant ni lire ni écrire. Certains habitants rencontrés se rendent sur YouTube pour apprendre le français. Est-ce à dire que ces habitants ne rencontrent pas de difficultés quand ils ont recours à certains services numériques ? Non, évidemment. Mais leurs difficultés ne sont pas celles que l’on croit. Rémi, 24 ans, né en France, ne parvient pas à retrouver ses mots de passe ni à accéder à ses nombreuses boîtes mails sur son smartphone. Pourtant, il utilise tout aussi bien sa PlayStation 4 pour jouer que pour accéder à des services en ligne comme Netflix. Ce qui est le plus bloquant pour lui, c’est d’être isolé. Il ne travaille pas et a peu d’amis : il a un usage très occasionnel des mails et des messageries instantanées. Pour Makatouch, travailleur migrant de 37 ans, ce n’est pas son réseau de sociabilités qui pose problème. Il cumule deux activités professionnelles et vient de lancer une chaîne YouTube proposant une actualité différente sur son pays d’origine. Pourtant, il a besoin d’aide pour demander le renouvellement de son titre de séjour en ligne. Sa principale difficulté, c’est de lire et écrire en français.

Parler de fracture numérique, c’est pointer du doigt un mal que seules des solutions numériques seraient à même de soigner. Mais ce n’est pas le numérique qui renforcera la confiance de Rémi et Makatouch en eux-mêmes, et encore moins à l’égard des institutions. Même constat avec des collégiens et collégiennes de 9 à 14 ans. Pour eux qui maîtrisent Wikipédia mais ne voient son utilité que dans un cadre scolaire (comme le dictionnaire), les difficultés ne sont pas d’ordre numérique. Elles tiennent d’abord au rapport à l’école et à l’information. Ainsi, les collégiennes interrogées affirment ne pas lire alors qu’elles passent des heures sur l’application Wattpad, à lire des nouvelles de plus de quinze chapitres. Les maux sont plus profonds ; ils sont ancrés dans leurs représentations. Pour espérer y répondre, on ne peut pas se contenter de distribuer des tablettes dans les collèges. On ne peut pas agir en surface.

Parler de fracture numérique, c’est donc essentialiser les difficultés et supposées lacunes des personnes sans interroger les mécanismes de leur (re) production. On place les dysfonctionnements du côté des utilisateurs, pour lesquels on déploie des programmes d’«inclusion» et de «pédagogie», sans s’intéresser à la façon dont les services, interfaces et dispositifs d’accompagnement numérique sont conçus. Prennent-ils en compte les situations des personnes ? Répondent-ils à leurs besoins ?

Prenons l’exemple de la dématérialisation. Loin de simplifier les démarches administratives, elle numérise leur complexité. L’écrit est toujours prépondérant, le langage administratif, complexe, et les interfaces peu ergonomiques. Cette numérisation-là, doublée d’une fermeture progressive des guichets d’accueil physiques, génère de la solitude et de l’anxiété pour des millions de citoyens qui ont besoin d’être rassurés. Avec pour conséquence le non-recours à leurs droits.

Le corollaire de cette dématérialisation, c’est un recours de plus en plus fréquent à des volontaires en service civique, des travailleurs de courte durée et parfois même des bénévoles pour faire de la «médiation numérique» – au guichet ou lors de formations ad hoc. Sur le terrain, ces aidants viennent surtout en renfort des travailleurs sociaux débordés par la réduction des effectifs et l’envol de leur périmètre d’activité sur un volet «numérique» qu’ils maîtrisent peu. Mais sont-ils seulement armés pour ? Leur manque de formation aux enjeux du numérique, au travail social, aux démarches administratives et à la pédagogie ne leur permet pas de véritablement autonomiser les personnes.

C’est pourquoi nous demandons une politique ambitieuse de maillage du territoire par des lieux physiques avec un accueil par des professionnels, formés au métier. Car dans une société qui se numérise à marche forcée, l’accompagnement numérique ne peut pas s’improviser. Surtout, nous appelons à une véritable éducation aux enjeux de la société numérique tout au long de la vie, qui ne se limite pas à savoir utiliser quelques outils ou services numériques. Car comprendre les enjeux de la numérisation de la société, c’est avoir les clés pour moins la subir.

Taoufik Vallipuram cofondateur du Lab Ouishare x Chronos et Connector Ouishare. Bénévole associatif au sein de quartiers populaires.

https://www-liberation-fr.cdn.ampproject.org/c/s/www.liberation.fr/amphtml/debats/2019/12/29/non-il-ne-faut-pas-combattre-la-fracture-numerique_1771308

«Greenwashing»: un manuel pour déceler le vert du faux

Vraie démarche #écologique ou simple ruse #marketing? C’est la question que se posent chaque jour les journalistes de la rédaction #LeTemps , toutes rubriques confondues, face à la moisson de communiqués de presse qui vantent la fibre écologique des entreprises, mais aussi des institutions, voire des gouvernements.

La rhétorique de #préservation de l’#environnement est désormais omniprésente dans le discours public, elle capte l’attention des électeurs et des #consommateurs. Parfois, elle relève du #greenwashing, une pratique qui consiste à utiliser l’argument écologique dans le seul but d’améliorer son image

Et n’oubliez pas d’écouter les Taties Flingueuses

Dans ce 9e épisode #LesTatiesFlingueuses parlent  des #allégationsenvironnementales. Dans la jungle des #labelsenvironnementaux, les taties et Fanny font le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux dans la communication des #entreprises sur l’#environnement.

Le #zérocarbone n’existe pas

#organique n’est pas forcément #bio

#labels #normes

#information #communication #vigilance

«Greenwashing»: un manuel pour déceler le vert du faux

Numérique : cliquer, c’est polluer

Numérique : cliquer, c’est polluer

Car le numérique ne fait pas que consommer de l’électricité : pour fonctionner, nos objets connectés ont besoin de métaux dits “rares”. “On dénombre une trentaine de métaux rares tels que l’indium, le gallium ou encore les terres rares, qui sont une classe de métaux rares”, explique Guillaume Pitron, journaliste spécialiste de la géopolitique des matières, dans une interview à l’Agence française de développement. Les terres rares regroupent une quinzaine de métaux : le cobalt, le tungstène, le tantale, etc. Tous ces matériaux possèdent des propriétés magnétiques très recherchées par l’industrie du high-tech mais il y a un problème : ils sont inégalement répartis sur la planète et leur production est polluante, en plus d’être peu rentable.

“Les conditions d’exploitation et de production des terres rares sont sujettes à controverse”, exposait un chimiste dans Libération en mai 2019, ces minerais étant très difficiles à valoriser.

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-face-cachee-numerique.pdf

https://www.franceculture.fr/numerique/le-cout-ecologique-du-numerique

Le numérique est tout sauf virtuel

Ecoutez aussi Les Taties flingueuses @flingueuses

L’Épisode sur le numérique est tout sauf virtuel

https://lnkd.in/dGtN3AW

Dans ce 9e épisode #LesTatiesFlingueuses parlent des #allégationsenvironnementales

 

Dans ce 9e épisode #LesTatiesFlingueuses parlent  des #allégationsenvironnementales. Dans la jungle des #labelsenvironnementaux, les taties et Fanny font le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux dans la communication des #entreprises sur l’#environnement.

Le #zérocarbone n’existe pas

#organique n’est pas forcément #bio

#labels #normes

#information #communication #vigilance

https://podcast.ausha.co/taties-flingueuses/les-taties-flingueuses-episode-9-dans-la-jungle-des-labels-environnementaux

« Civic tech » : la CNIL appelle à la vigilance

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Par Claire Legros Le monde 9/12/2019

Un an après l’annonce du grand débat, l’instance de régulation publie un document incitant à construire « des modèles vertueux » de technologies civiques.

C’est un mot fourre-tout bien pratique mais aux contours assez flous. Dans la famille des civic tech (« technologies civiques »), on trouve aussi bien des plates-formes de pétitions en ligne et de mobilisation citoyenne, indépendantes des pouvoirs publics, que des outils plus institutionnels de budgets participatifs et de concertation.

Si l’on y ajoute les technologies à visée électorale – pour personnaliser par exemple les messages adressés par les partis aux électeurs – (pol tech), les outils déployés par les gouvernements pour améliorer leur fonctionnement ou la transparence des politiques publiques (gov tech), et les réseaux sociaux, où se joue désormais une partie du débat politique, on obtient un écosystème foisonnant et disparate où les modèles économiques sont aussi variés que les profils des acteurs.

Lire aussi: La démocratie participative, un marché convoité

Publié ce lundi 9 décembre, le cahier intitulé Civic tech, données et Demos, que consacre la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) aux technologies civiques, dresse un panorama bienvenu, d’autant qu’il intervient dans un contexte particulier. Du mouvement des « gilets jaunes », parti des réseaux sociaux, au grand débat en ligne organisé par le gouvernement, l’année écoulée a marqué un tournant dans l’usage des technologies civiques, de plus en plus présentes dans le débat démocratique.

Elle a de fait apporté une visibilité à des questionnements qui courent depuis une dizaine d’années : comment garantir la confiance dans la protection des données personnelles et la loyauté des logiciels utilisés ? Quelle valeur accorder à la participation en ligne quand une partie de la population n’y est pas représentée ? Comment l’analyser ? Quel rôle doit-elle jouer dans le processus de décision politique et, in fine, l’exercice du pouvoir ?

Lire aussi: Grand débat en ligne et démocratie : l’analyse et la transparence des données en question

Des données « sensibles » à la protection renforcée

Si elle n’apporte pas de réponses définitives à ces questions, l’instance garante de la protection des données personnelles éclaire les enjeux éthiques et politiques de la démocratie en ligne, et livre une série de recommandations pour « garantir un environnement de confiance » et renforcer les bonnes pratiques.

Depuis mai 2018, le règlement européen sur la protection des données (RGPD) encadre l’utilisation des données politiques considérées comme « sensibles ». Un parti politique ne peut, par exemple, utiliser des données personnelles sans un consentement explicite de la personne concernée. Pour autant, les procédures ne sont pas toujours respectées et de nombreuses questions demeurent. Ainsi l’organisation d’un débat démocratique en ligne est soumise à des impératifs qui peuvent sembler contradictoires : il faut à la fois préserver l’anonymat des participants tout en garantissant le recueil d’informations suffisantes pour les authentifier.

Le grand débat reste à ce titre un exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Le choix des organisateurs de demander aux participants uniquement leur code postal a empêché toute authentification et a conduit à une instrumentalisation de la consultation par des groupes d’intérêt. A l’inverse, dans le cadre du référendum sur la privatisation de Groupe ADP (anciennement Aéroports de Paris), la publication des signataires peut dissuader des citoyens d’y participer.

Lire aussi: Contributions au « grand débat » : comment analyser 68 millions de mots en deux semaines ?

A l’instar de l’isoloir dans un bureau de vote, « les technologies civiques doivent permettre aux individus de s’exprimer librement sans avoir à supporter le poids de la pression sociale », rappelle le groupe d’experts de la CNIL. Alors qu’Emmanuel Macron s’était déclaré partisan, en janvier, d’une « sortie progressive de l’anonymat » sur Internet, l’instance de régulation défend au contraire le recours au « pseudonymat » et engage les acteurs à proscrire l’indexation des participations sur les moteurs de recherche. Pour aller plus loin, elle recommande d’explorer l’usage de tiers de confiance et la gestion décentralisée des identités afin que le commanditaire d’une consultation puisse authentifier les participants sans les identifier.

Lire aussi: « La démocratie ne peut exister que grâce à une saine dose d’anonymat »

« Les technologies civiques ne sont pas neutres »

Comment s’assurer que la présentation des débats ou le classement des contributions ne risquent pas d’influencer les participants ? Parce que « les technologies civiques ne sont pas neutres », la CNIL invite les acteurs à penser des outils respectueux de la vie privée « dès leur conception », en privilégiant une information claire sur le déroulé de la consultation et les droits des utilisateurs.

Dans le débat qui oppose les partisans des logiciels ouverts aux tenants des logiciels propriétaires, l’instance de régulation ne tranche pas, mais précise que « l’ouverture du code de la plate-forme et des données de la participation est une garantie visant à permettre l’auditabilité des traitements algorithmiques ». « On n’est pas dans l’injonction en faveur de tel ou tel modèle économique, précise Régis Chatellier, l’un des auteurs du document. Mais tout acteur qui traite de la donnée personnelle est soumis au RGPD et doit savoir qu’il peut faire l’objet d’un contrôle, où il lui pourrait lui être demandé l’accès au code de l’algorithme. »

La CNIL recommande en outre aux acteurs de « se fédérer pour harmoniser leurs pratiques et aller vers la coconstruction d’un code de conduite » qui définisse les bonnes pratiques. Une telle charte, contraignante pour ceux qui y adhèrent, représenterait un « signal positif » envoyé aux citoyens et aux commanditaires.

Un peu plus d’un an après les révélations sur le scandale Cambridge Analytica, l’heure est à la méfiance à l’égard des réseaux sociaux. Alors qu’une large part des collectivités reconnaissent utiliser Facebook pour échanger avec leurs habitants, la CNIL met en garde les acteurs publics contre le risque de dépendance vis-à-vis d’entreprises dont ils ne maîtrisent pas les règles de traitement des données, de modération ou d’affichage. Elle invite aussi à proscrire leur recours pour authentifier les participants à une consultation.

Lire aussi: Ce qu’il faut savoir sur Cambridge Analytica, la société au cœur du scandale Facebook

Risque d’exclusion

Au-delà des aspects techniques, l’impact et l’efficacité des outils sont aussi questionnés. Alors que la démocratie en ligne est souvent mise en avant pour sa capacité à renouveler les publics des consultations, le danger existe bel et bien d’« exclure des processus politiques des pans entiers de la population », du fait des inégalités profondes en matière d’accès au numérique, estime la CNIL qui recommande aux pouvoirs publics de développer une éducation civique technologique pour que les civic tech ne fassent pas de la démocratie « une affaire d’experts ».

Face au risque de « solutionnisme technologique », les auteurs du cahier recommandent de combiner systématiquement « des dispositifs en ligne et en présentiel », voire d’explorer des formats innovants de participation, sur le modèle de la convention citoyenne pour la transition écologique. Avec un mot d’ordre : si la technologie offre des opportunités en matière d’innovation démocratique, elle doit rester avant tout un moyen au service de la décision politique.

Un an après l’annonce du grand débat, l’instance de régulation publie un document incitant à construire « des modèles vertueux » de technologies civiques.

« Civic tech » : la CNIL appelle à la vigilance

L’économie circulaire sera la priorité du « Green deal » européen

Ce papier développe plutôt correctement notre « aporie »

L’économie circulaire devrait représenter « la moitié » de l’effort de l’UE pour réduire à zéro les émissions nettes de carbone d’ici à 2050. Le processus devient ainsi la priorité du prochain Green deal européen.

Le plan d’action de l’UE pour l’économie circulaire 2015 — qui comprenait une interdiction des plastiques à usage unique et de nouveaux objectifs de recyclage — a « ouvert la voie à quelque chose de nouveau, quelque chose de plus grand », relève un haut fonctionnaire spécialisé dans la mise en œuvre de cette politique au sein de la Commission européenne.

L’économie circulaire constitue « la priorité absolue » de l’accord vert européen conclu par Ursula von der Leyen, la présidente de la prochaine Commission européenne, a déclaré Kęstutis Sadauskas, à la tête de de l’économie circulaire et de la croissance verte à la direction générale de l’environnement de la Commission.

Dévoilé en décembre 2015, le premier plan d’action pour l’économie circulaire est devenu l’une des marques distinctives de l’exécutif européen sortant. L’interdiction des produits en plastique à usage unique comme les couverts et les contenants alimentaires constitue l’un de ses points saillants. En outre, au moins 70 % des emballages devront être recyclés d’ici à 2030 — dont 55 % des plastiques — selon les nouvelles règles négociées l’an dernier.

Mais ces mesures ne constituaient « que le début du voyage », a annoncé Kęstutis Sadauskas lors d’un récent événement organisé par Euractiv. En effet, la Commission européenne prépare actuellement un deuxième plan d’action pour l’économie circulaire qui « sera présenté peu après l’entrée en fonction du nouvel exécutif européen », a-t-il ajouté.

En réalité, le nouveau plan d’action est déjà rédigé et prêt à sortir du tiroir. Euractivcroit comprendre qu’il ne manque que quelques détails mineurs et, surtout, la touche finale que constitue le message politique.

« La moitié » de l’objectif climatique de 2050

Ce qui apparaît déjà clairement, c’est que le nouveau plan a été conçu à plus grande échelle. Ursula von der Leyen, la présidente élue de la Commission, souhaite que l’Europe réduise à zéro ses émissions nettes de carbone d’ici à 2050. Selon des sources de l’UE, « la moitié » des réductions d’émissions de carbone attendues dans le cadre du « Green deal » sera engendrée par le nouveau plan d’action pour l’économie circulaire.

L’objectif climatique 2050 constituera « le point culminant » de l’accord vert et « l’objectif global qui guidera tout le reste », a précisé Kęstutis Sadauskas.

« La circularité peut combler la moitié de l’écart qui nous sépare de l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 ° Celsius », a déclaré le responsable, évoquant les industries lourdes où la mise en place de solutions de ce type peut éviter la production de « centaines de millions de tonnes » de CO2.

Mais il reste encore beaucoup à faire pour rendre l’économie vraiment circulaire. L’utilisation mondiale des ressources devrait doubler au cours des 40 prochaines années, car une part croissante de la population asiatique adopte des modes de vie occidentaux, a souligné Kęstutis Sadauskas. Et une grande partie de ces matériaux sera encore gaspillée, a-t-il dit.

« Nous vivons toujours dans un monde linéaire », a averti le responsable, affirmant que seulement 12 % des matériaux reviennent dans le circuit économique après avoir été recyclés et réutilisés.

« Nous n’avons fait que jeter les bases », a indiqué le fonctionnaire de l’UE. « Mais la véritable transition doit encore avoir lieu et c’est ce que nous prévoyons pour la prochaine phase politique. »

Des idées à foison

Les idées se bousculent déjà sur ce qu’il conviendra de faire ensuite.

Le mois dernier, les États membres de l’UE ont adopté des conclusions sur l’économie circulaire, stipulant que « de nouveaux efforts ambitieux [étaient] nécessaires pour stimuler une transition systémique vers une société durable ».

Les gouvernements nationaux ont notamment invité la Commission à « adopter un nouveau plan pour l’économie circulaire assorti d’actions ciblées » dans les secteurs industriels où de telles mesures n’ont encore jamais été mises en œuvre. Les industries qu’ils mentionnent sont liées aux secteurs du textile, des transports, de l’alimentation ainsi que de la construction et de la démolition.

Le Conseil des ministres de l’UE a également demandé « davantage de mesures » pour encourager le recyclage et la réutilisation des piles et des plastiques. Et il a invité la Commission à évaluer si les principes d’éco-conception pouvaient être étendus à de « nouveaux groupes de produits », en citant des produits informatiques tels que les ordinateurs et les smartphones.

Parmi les autres idées mentionnées dans la déclaration ministérielle figurent la mise en place de nouveaux critères communautaires sur la durabilité, la réparabilité et la recyclabilité des produits, ainsi que l’introduction d’un pourcentage minimum de matériaux recyclés entrant dans la fabrication de nouveaux produits.

De quoi réjouir les ONG environnementales, qui plaident depuis longtemps en faveur de l’extension des règles d’éco-conception à de nouvelles catégories de produits.

Les dernières normes d’économie d’énergie pour les appareils tels que les réfrigérateurs, les téléviseurs et les machines à laver, adoptées en octobre de cette année, permettront d’économiser 170 térawattheures (TWh) d’énergie par an d’ici à 2030, a indiqué Jean-Pierre Schweitzer, du Bureau européen de l’environnement.

« C’est l’équivalent de la consommation d’énergie de l’Italie », a-t-il ajouté, qualifiant les économies d’énergie correspondantes de « massives » et de « grande réussite européenne ».

Pour la première fois, les mesures d’éco-conception ont également inclus des dispositions visant à rendre les produits plus faciles à recycler avec des exigences minimales en matière de réparabilité, afin de prolonger leur durée de vie, a précisé Jean-Pierre Schweitzer.

Mais de nombreux autres produits ne sont toujours pas couverts par des règles similaires au niveau de l’UE, a-t-il déploré, faisant référence au secteur du bâtiment, aux textiles, aux piles et aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

« Il y a là un moyen pour les décideurs politiques de mettre en place des politiques attrayantes pour le public », a souligné Jean-Pierre Schweitzer, attirant l’attention sur les gros titres étonnamment positifs de la presse tabloïd britannique lors de l’adoption de la dernière série de mesures d’éco-conception en octobre.

Conséquences sociales

Les politiciens se sentent en effet encouragés à aller plus loin. Mais ils sont également prudents quant à l’impact que les réglementations européennes pourraient avoir sur la compétitivité de l’industrie et le prix des biens de consommation courante.

Bien que la période actuelle soit indéniablement très favorable aux restrictions sur le plastique à usage unique, certaines réglementations pourraient également déclencher « une transition systémique qui devrait également être juste et équitable », a déclaré Bojan Lalic, conseiller en environnement à la représentation de la Croatie auprès de l’UE à Bruxelles.

« Des fonds supplémentaires sont nécessaires », a plaidé Bojan Lalic lors de l’événement Euractiv, appelant à une « vision holistique » du climat et des politiques industrielles, afin de s’assurer que personne ne soit laissé pour compte dans la transition vers une économie plus circulaire.

Kęstutis Sadauskas a déclaré qu’il comprenait ces préoccupations, mais il presse tout de même les entreprises d’adopter de nouveaux modèles commerciaux circulaires, les avertissant qu’elles risquent de devoir cesser leurs activités si elles ne le font pas.

« L’économie circulaire est une transition, plutôt dure et parfois perturbatrice », a expliqué le responsable, soulignant que l’économie circulaire était « destinée à laisser les entreprises faire les choses à l’ancienne en cessant simplement leurs activités ».

Citant l’exemple des plastiques à usage unique, Kęstutis Sadauskas a indiqué que certains fabricants ont cessé d’utiliser le polystyrène pour les contenants alimentaires parce que les recycleurs ne veulent tout simplement plus de ces produits. Et cela peut être perturbant pour les entreprises qui fabriquent ces matériaux, car elles risquent de fermer leurs portes si elles ne trouvent pas d’autres solutions.

« Connaissant les effets perturbateurs que peut avoir l’économie circulaire, je suis surpris que la société continue de lui apporter un tel soutien », a fait remarquer le responsable lituanien.

Révision des transferts de déchets « déjà rédigée »

Pourtant, la transformation est possible, a-t-il ajouté, citant la société belge Umicore — spécialisée dans la technologie des matériaux et le recyclage — comme un brillant exemple de transition industrielle réussie.

Umicore, qui était encore une entreprise minière traditionnelle dans les années 80, est aujourd’hui considérée comme l’un des grands champions européens du raffinage et du recyclage des métaux précieux utilisés dans les technologies vertes, et notamment pour les batteries de voitures, a souligné Kęstutis Sadauskas.

Mais l’entreprise belge a également des problèmes avec la politique de l’UE, en particulier en ce qui concerne la réglementation sur le transport des produits chimiques et des déchets dangereux, qui, selon Umicore, empêche la création d’une filière du recyclage des batteries en Europe.

La Commission est consciente du problème et prévoit de revoir ces règles dans le cadre de son prochain plan d’action pour l’économie circulaire.

« Nous allons examiner la question du transfert des déchets », a assuré Kęstutis Sadauskas. « En fait, j’ai déjà le projet de révision en main », a-t-il ajouté, précisant que les nouvelles règles permettront le transport transfrontalier des déchets « pour qu’ils circulent comme tout autre produit ».

Cependant, le fonctionnaire a également averti que la proposition risquait de « faire face à une forte résistance » de la part des États membres de l’UE lorsqu’elle serait soumise au Conseil des ministres européens.

« Les États membres veulent garder le contrôle. Ils ne se font pas confiance. Cela constituera un obstacle majeur » pour faire adopter les règles de l’UE en matière de déchets, a-t-il conclu.

https://www.euractiv.fr/section/developpement-durable/news/circular-economy-is-number-one-priority-of-european-green-deal/