G7 Environnement : les ministres aboutissent à un communiqué

G7 Environnement : les ministres aboutissent à un communiqué commun, hormis sur la question climatique

Les ministre de l’Environnement des sept États membres du G7 ont annoncé lundi 6 mai 2019 s’être entendu sur un communiqué conjoint, à l’issue de deux jours de réunion à Metz. Cependant, sur 53 paragraphes, 51 sont communs à toutes les parties et deux marquent les différences de position entre les États-Unis et les autres pays au sujet du climat. Une charte de la biodiversité, dite de Metz, a été également approuvée par les ministres des sept pays et de six autres, non membre du G7, invités par la présidence française.

Le G7 Environnement des 5 et 6 mai 2019 a abouti à l’adoption d’une charte de la biodiversité MTES

C’est d’un communiqué commun aux sept parties, hormis sur la question climatique, qu’a accouché la ministérielle environnement du G7 qui s’est tenue à Metz ces 5 et 6 mai 2019 (lire sur AEF info). Tandis que six États (Allemagne, Canada, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) “réaffirment [l’]irréversibilité” de l’accord de Paris, “notent avec préoccupation les conclusions” du Giec montrant “que le monde n’avance pas assez vite pour éviter des bouleversements climatiques irréversibles et catastrophiques” et disent “leur détermination à présenter d’ici à 2020 des stratégies de développement à long terme à faibles émissions de gaz à effet de serre”, les États-Unis indiquent, notamment, “réit[érer] leur intention de se retirer de l’accord de Paris et réaffirment leur ferme volonté de promouvoir la croissance économique, la sécurité et l’accès énergétiques et la protection de l’environnement.”

Andrew Wheeler, administrateur de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), qui avait déclaré en plénière dimanche 5 mai qu’il ne fallait pas “voir que le scénario du pire sur le climat”, s’est félicité à l’issue de la réunion ministérielle d’un “G7 fort productif et fructueux” et d’un “dialogue robuste entre l’ensemble [des] nations”. Pour mémoire, les États-Unis présideront le G7 en 2020.

De leur côté, les six autres États indiquent qu’ils “travailleront à la reconstitution réussie du Fonds vert pour le climat” mais sans chiffrer cet engagement. Les ONG présentes à Metz en parallèle de la réunion ministérielle réclamaient un doublement des contributions de chaque pays en la matière.

53 PARAGRAPHES ET 9 CHAPITRES

En tout, le communiqué compte 53 paragraphes répartis en neuf chapitres, dont celui sur le climat. L’accent est mis tout d’abord sur la question des inégalités, priorité de la présidence française. Les sept ministres “réaffirment leur attachement à l’Agenda 2030” et se focalisent sur les “possibilités économiques inhérentes à la bonne gouvernance environnementale” ainsi que sur les inégalités en termes de pauvreté et de genre. Le communiqué note entre autres qu’en matière de gestion des déchets, “le secteur informel est un palliatif à une mauvaise gestion” dans “de nombreuses villes”.

Sur “le rôle de la science et de la recherche”, alors que ce lundi 6 mai a été marqué par la sortie de l’évaluation mondiale de la biodiversité par l’IPBES (lire sur AEF info), le “rôle majeur” de ce domaine dans “l’atteinte des ODD et dans l’élaboration des futurs objectifs” est souligné. La pollution aux microplastiques et sa “nécessaire” compréhension font également l’objet d’un paragraphe.

CHARTE POUR LA BIODIVERSITÉ

Un autre chapitre concernant la “mobilisation internationale” et le “leadership en faveur de la biodiversité” relate notamment l’adoption, un peu plus tôt dans la journée de lundi, d’une “charte de Metz pour la biodiversité”. Elle a été signée par les ministres des États membres du G7 ainsi que par ceux du Chili, des Fidji, du Gabon, du Mexique, du Niger et de la Norvège, “en présence de la ministre de l’Environnement de l’Égypte”, ce dernier pays ayant accueilli la dernière COP de la convention sur la diversité biologique, en 2018. Neuf pays non-membres du G7, plus l’Union européenne, étaient invités à Metz. L’Inde et l’Indonésie n’ont pas adhéré à cette charte.

Sur cinq pages, ce document liste dix points et trois engagements. Il s’agit entre autres de reconnaître “qu’il est important de traiter la biodiversité en tant qu’élément essentiel des dialogues du G7” et le rôle en la matière “des peuples autochtones et des communautés locales, des femmes et des jeunes”. Sans donner d’objectif chiffré là non plus, les États signataires indiquent vouloir “accélérer et intensifier [leurs] efforts pour mettre fin à la perte de biodiversité, valoriser, conserver, restaurer et utiliser judicieusement la biodiversité, en maintenant ainsi les services écosystémiques, en maintenant une planète en bonne santé et en procurant des avantages essentiels pour tous”. “Nous reconnaissons la nécessité de réaliser des investissements compatibles avec la réalisation des objectifs mondiaux en matière de biodiversité et de travailler à réformer les systèmes qui sont néfastes à la biodiversité”, mentionnent les signataires.

“Encourager l’engagement d’autres acteurs et parties prenantes” et “soutenir l’élaboration et la mise en œuvre d’un cadre mondial post-2020 pour la biodiversité” marquent les autres engagements. Il est par exemple envisagé par le ministère de la Transition écologique de proposer d’ouvrir cette charte à d’autres signatures lors du dialogue de Petersberg prévu du 12 au 14 mai en Allemagne.

“Il s’agit du point de départ de notre travail collectif”, a déclaré la secrétaire d’État française Brune Poirson lors de la signature. “C’est comme si nous étions tous sur la ligne de départ, prêts à prendre la course jusqu’à la COP 15, qui sera d’une importance fondamentale pour adopter un nouveau cadre mondial pour la biodiversité.” Ce document doit servir de “socle pour l’élaboration d’instruments de politiques publiques”.

“SOLUTIONS CONCRÈTES”

Alors que la présidence française avait annoncé des éléments “concrets” prenant la forme de coalitions, deux chapitres du communiqué conjoint promeuvent “des solutions concrètes pour l’environnement et leurs co-bénéfices” ainsi que des “solutions concrètes pour la biodiversité et leurs co-bénéfices”. Les rôles des entreprises, des peuples autochtones mais aussi des ONG et des institutions financières internationales y sont, entre autres, remarqués.

“Nous soulignons que la croissance et le développement économiques durables dépendent également de l’efficacité énergétique et de l’accès universel à des ressources énergétiques propres, abordables, efficaces, durables et modernes”, écrivent les parties. Concernant la biodiversité, le rôle des aires protégées est par exemple mentionné. Une “approche collaborative” est encouragée “pour améliorer la gestion durable des sols”, reliant différentes initiatives comme le partenariat pour les sols 4 pour 1 000. La question de la surexploitation forestière est également citée.

Les coalitions envisagées se voient pour l’instant essentiellement limitées à des “initiatives” présentées en plénière par les États qui les portent, en parallèle des négociations sur le fond. Elles sont une “demi-douzaine” à avoir été citées puis soutenues par certains des États présents, qu’ils soient membres ou non du G7. Il s’agit principalement de la prise en compte des inégalités de genre dans le financement de projets environnementaux (Great), de l’Initiative internationale pour les récifs coralliens (Icri), du Partenariat pour la survie des grands singes (Grasp), d’une initiative visant à mettre fin à la déforestation grâce à des chaînes d’approvisionnement agricoles durables, d’une sur la gestion durable des déchets, d’une autre sur l’efficacité des climatiseurs et enfin d’une initiative des “leaders internationaux pour la biodiversité”. Cette dernière a été lancée par le Canada et réunit à ce jour l’Allemagne, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni côté G7, ainsi que l’Union européenne, les Fidji, le Mexique et la Norvège.

La présentation de coalitions réunissant acteurs publics et privés, cette fois avec des objectifs chiffrés, est attendue pour le sommet de Biarritz qui se déroulera fin août. Le but d’y rassembler à chaque fois des entreprises représentant “25 % des acteurs d’un marché”, pour atteindre un “point de bascule” rendant plus coûteux de ne pas rejoindre la coalition que d’y participer, a été énoncé par Brune Poirson en plénière.

PAS DE MENTION DES SUBVENTIONS “NÉFASTES”

Au chapitre “Finance durable et biodiversité”, les ministres prennent “note” dans leur communiqué la publication des rapports de l’OCDE (lire sur AEF info) et du WWF et d’Axa (lire sur AEF info) et “soulign[ent] l’importance de soutenir les flux financiers les plus cohérents avec [les] objectifs environnementaux”.

Pour autant, la question des subventions néfastes à l’environnement n’a pas été “pointée”, a indiqué le ministre François de Rugy en conférence de presse alors que le rapport publié ce lundi par l’OCDE estime que le montant des financements néfastes à la biodiversité est dix fois plus important que les dépenses favorables. “Tout le monde n’en a pas la même interprétation”, a-t-il commenté avant d’affirmer : “Tout le monde n’en a pas la même interprétation, même en France […]. En France nous n’avons pas de subvention aux énergies fossiles mais il peut y avoir des différences de taxes sur telle ou telle utilisation de l’énergie”, a-t-il commenté. Les ONG critiquent en effet les taux de taxation énergétique plus bas dont bénéficient certains secteurs (aviation, agriculture, taxis, BTP, etc.).

D’autres points sont consacrés aux “ressources et efficacité énergétique” ainsi qu’aux océans. Au sujet de ces derniers, le ministre de l’environnement nippon, Yoshiaki Harada, a rappelé à l’issue de la réunion avoir présenté une initiative sur les déchets plastiques dans les océans et “espér[er] qu’à l’occasion du G20 les efforts pourront être concentrés pour apporter des résultats concrets sur cette question”. Le Japon n’avait pas adhéré, en 2018 au Canada, à la charte du G7 sur les plastiques dans les océans (lire sur AEF info). Il a aussi précisé qu’avant la ministérielle environnement du G20, qui aura lieu dans son pays en juin, celui-ci adoptera une “stratégie de long terme” fondée sur l’accord de Paris et visant des “émissions de carbone nettes nulles”.

Taties Flingueuses #dechets : la revanche des #POUBELLES

Taties Flingueuses (@flingueuses)

Lundi 22 avril  #EarthDay #journeedelaterre, l’occasion d’écouter notre nouvel épisode (épisode 5), tout chaud tout neuf, consacré aux #déchets : la revanche des #POUBELLES ! 

#dechets #environnement #zerowaste #dechetsmenagers #dechetsdangereux #modesdevie #consommation #REP #responsabilité #ecoconception #economiecirculaire #economieseculaire #NYMBY #BANANA

 

Et retrouver les précédents épisodes :

Épisode 0 le #développementdurable

Épisode 1 le #numérique est tout sauf #virtuel

Épisode 2 les #plastiques ne sont pas si fantastiques

Épisode 3 #biodiversité : des liens du #vivant mal connus et en danger

https://podcasts.apple.com/fr/podcast/taties-flingueuses/id1453973057?i=1000436077503

 

https://lnkd.in/d_W98fY

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https://podcasts.apple.com/fr/podcast/taties-flingueuses/id1453973057?i=1000436077503

 

Les @Tatiesflingueuses sont de retour avec la #biodiversité : des liens du vivant mal connus et en danger

 

Jacques Weber , Robert Barbault, Jean Marie Pelt,  René Dubos, ne sont pas oubliés. Les Taties flingueuses parlent  des actions des Petits Débrouillards, de Fne et d’autres.

A diffuser sans modération

Les @Tatiesflingueuses de retour avec la #biodiversité : des liens du vivant mal connus et en danger

L’épisode 03 est en ligne.

Vous pouvez l’écouter et le partager.

Et retrouver les épisodes précédents

Épisode 0 le #développementdurable

Épisode 1 le #numérique est tout sauf virtuel

Épisode 2 les #plastiques ne sont pas si fantastiques

Épisode 3 la #biodiversité : des liens du vivant mal connus et en danger

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Amicalement

Ghislaine

Avec Sylvie, Danielle et Fanny

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La RSE, démarche de dialogue et levier de transformation : contribution de la Plateforme RSE | France Stratégie

Actrice des territoires et lieu de dialogue, l’entreprise se doit de contribuer, à son échelle, et notamment au travers de sa responsabilité sociétale, aux valeurs sur lesquelles se construisent nos sociétés et aux objectifs d’un développement plus responsable et durable.

Eu égard à ses missions, à ses travaux, et à son mode fonctionnement fondé sur le dialogue et la concertation multi-acteurs, la Plateforme RSE a souhaité, dans le contexte social actuel, rappeler le rôle de l’entreprise et de la RSE dans le projet social et partager quelques éléments de réflexion nés des travaux menés depuis 2013.

TÉLÉCHARGER LA CONTRIBUTION DE LA PLATEFORME RSE – LA RSE : DÉMARCHE DE DIALOGUE ET LEVIER DE TRANSFORMATION

 

L’entreprise participe à l’accomplissement du projet social et se positionne de ce fait au cœur des discussions actuelles sur ce projet, le besoin de participation citoyenne et de débat démocratique. L’entreprise doit être une actrice de la cohésion sociale, dont l’action s’étend, au-delà de ses salariés, à d’autres parties prenantes, dans la mesure où elle participe à l’organisation du travailler ensemble et du vivre ensemble. Actrice des territoires, l’entreprise a un rôle à jouer dans les grands enjeux auxquels notre société est confrontée, enjeux liés notamment aux mutations profondes du travail (sécurisation des parcours, lutte contre l’obsolescence des compétences, lien social, lutte contre les inégalités sociales et les discriminations, etc.), mais aussi aux mutations environnementales, culturelles et économiques.

Ce rôle est d’autant plus essentiel que, dans un monde globalisé et en quête de régulations, l’entreprise doit être une actrice majeure du changement. Le défi qu’elle doit relever, avec toutes les parties prenantes, est de mettre les humains et la planète au cœur de ses préoccupations et de ses mécanismes de prise de décision. Les pouvoirs publics et les organisations internationales ont à cet égard la responsabilité de créer les normes juridiques et le cadre institutionnel garantissant l’intérêt général.

En œuvrant pour un dialogue multipartite, la RSE permet de prendre en compte l’intérêt général, les préoccupations sociétales et le développement durable, et d’apporter une vision globale et transversale d’enjeux de société par nature complexes. Elle questionne d’une part la capacité des modèles de gouvernance à faire une plus large place à la co-construction et à s’ouvrir à ses parties prenantes. Elle encourage d’autre part la création de partenariats et le développement d’initiatives de coopérations entre les différents acteurs publics, associatifs, et les entreprises, en particulier les TPE / PME qui sont au cœur des territoires.

La RSE contribue à la transition écologique et à la transformation sociale en invitant au développement de nouveaux modèles et de nouvelles pratiques, à la fois plus respectueux de l’environnement et plus inclusifs. La mobilisation des entreprises et la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux dans leur stratégie RSE est un élément capital pour le succès des objectifs de développement durable (ODD) adoptés par les Nations unies, par exemple la transition vers une économie décarbonée. La transition écologique ne peut se penser qu’en mobilisant les composantes sociales et sociétales. Actrice clé du territoire, l’entreprise est un lieu d’intégration et de cohésion sociale. La RSE est un moteur de cette cohésion sociale et territoriale, en matière d’insertion des publics fragiles et éloignés de l’emploi, de promotion de la diversité et de l’égalité des chances.

Les débats actuels renforcent la conviction que l’approche transversale, multi parties-prenantes, basée sur la confiance, la transparence et le consensus est plus que jamais nécessaire. C’est dans cette logique que la Plateforme RSE s’attelle, depuis sa création en 2013, à faire vivre le débat public en faisant se rencontrer et débattre des organisations différentes représentant la diversité de la société, et en s’appuyant de manière opérationnelle sur les principes de consensus.

Les travaux de la Plateforme RSE sont le reflet des enjeux de la société en matière environnementale, sociale et économique, et de sa capacité à identifier et se saisir des alertes. Les thématiques abordées lors de ses travaux sont, d’une part, des thématiques RSE transverses liées à la pratique de la RSE et, d’autre part, des thématiques plus spécifiques en lien avec les enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux tels que le handicap, l’économie circulaire ou la prévention des conduites addictives. La Plateforme RSE entend continuer d’écouter, d’identifier et de traduire les enjeux émergents et les attentes de la société afin de donner une orientation toujours plus utile et opérationnelle à ses travaux, et d’apporter un éclairage et des réponses à ces enjeux à travers le prisme de la RSE.

Taties Flingueuses : épisode 2 : les plastiques ne sont pas si fantastiques est en ligne (après l’Episode 0 le développement durable et l’ épisode 1 le numérique n’est pas que virtuel

Après l’épisode o sur le #développementdurable et l’épisode 1 sur le #numérique n’est pas virtuel 

L’épisode 2 des Taties @flingueuses.

Les Taties @flingueuses débattent de la pollution des #plastiques, vous alertent sur leur utilisation et vous donnent quelques solutions  pour remédier à cette surconsommation de plastiques

Épisode  2 sur les #plastiques https://soundcloud.com/user-410022809/les-plastiques-sont-pas-si-fantastiques

Épisode 1 le numérique est tout sauf virtuel

Épisode 0 sur le développement durable

https://m.soundcloud.com/user-410022809/ep-0-quest-ce-que-le-developpement-durable

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@flingueuses

 

Florence Jany-Catrice : «La croissance n’est pas un indicateur approprié pour répondre aux enjeux du XXIe siècle»

Florence Jany-Catrice : «La croissance n’est pas un indicateur approprié pour répondre aux enjeux du XXIe siècle»
L’économiste fait le point sur le dogme de la croissance et les indicateurs alternatifs de richesse face, notamment, à l’urgence climatique.

«Si on reste prisonniers des indicateurs de l’ancien monde, comme le taux de croissance, on aura forcément l’impression de régresser» : le mois dernier dans Libération, l’astrophysicien Aurélien Barrau désignait les indicateurs de richesse actuels comme l’une des causes d’un modèle économique et social ayant mené au réchauffement climatique et à ses conséquences désastreuses. Quinze jours plus tôt, une tribune d’un groupe d’universitaires de toute l’Europe appelait à revenir sur le dogme de la croissance, l’estimant incompatible avec la contrainte écologique et le bien-être des peuples.

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La critique de l’utilisation du taux de croissance du PIB comme boussole politique principale n’est pas neuve. Depuis une vingtaine d’années, des chercheurs remettent en cause ce dogme de la croissance, à commencer, en France, par la philosophe et sociologue Dominique Méda. En 2008, la commission Stiglitz, née d’une proposition de Nicolas Sarkozy, venait valider les travaux de ces chercheurs en engageant une réflexion sur l’utilisation de ces indicateurs, tout en questionnant les nouveaux outils à disposition. Né de cette commission, le Forum pour d’autres indicateurs de richesse (FAIR) a perpétué ce travail critique. En avril 2015, la loi Sas a été adoptée, instituant un rapport mettant en exergue dix indicateurs (comme l’empreinte carbone ou l’espérance de vie en bonne santé) et devant être livré chaque année en octobre, au début de l’examen des orientations budgétaires par l’Assemblée, afin de guider les politiques publiques. L’an dernier, ce rapport avait été livré avec quatre mois de retard, en février 2018. Cette année encore, le gouvernement a manqué le rendez-vous, preuve du désintérêt pour ces nouveaux indicateurs alternatifs de richesse (NIR).

Spécialiste des NIR, l’économiste Florence Jany-Catrice, professeure à l’université de Lille, membre du FAIR et coauteure avec Jean Gadrey des Nouveaux Indicateurs de richesse (éd. La Découverte, 2007), fait le point sur l’utilisation de ces outils de mesure de performance collective, face, notamment, à l’urgence climatique.

Pourquoi le taux de croissance du PIB reste-t-il l’indicateur le plus suivi encore aujourd’hui alors qu’il est remis en cause depuis des années ?

Il faut revenir à l’histoire du PIB et à celle de la comptabilité nationale, duquel cet indicateur est issu. Après la Seconde Guerre mondiale, les impératifs de planification orientaient les efforts économiques, et notamment l’investissement public, vers les activités économiques de reconstruction, sur une base industrielle et sur une base marchande. Pour ce projet politique bien particulier, le PIB et son évolution en volume (la croissance) apparaissaient comme des indicateurs appropriés. Dans les années 80, divers événements (dont les racines leur sont bien antérieures) peuvent expliquer cette crispation autour de la croissance économique : d’abord, le fait que les économies occidentales étaient en crise et qu’il apparaissait de plus en plus que celle-ci serait structurelle. Nous étions sortis de l’ère fordiste, alors que la croissance semblait avoir joué un rôle déterminant sur cette période d’âge d’or, avec des dispositifs attenants de redistribution (ce que Boyer appelle «le compromis fordiste»). A cette époque, la plupart des économistes pensaient que renouer avec la croissance permettrait de régler une partie des questions. Cela n’est pas totalement faux quand on analyse le basculement progressif dès les années 80 vers des sociétés totalement financiarisées, au détriment de l’activité réelle.

Mais on ne peut pas comprendre cette crispation autour de la croissance sans ajouter à cela des transformations de contexte. Tout d’abord, une quantofrénie galopante (c’est-à-dire une obsession croissante pour les données chiffrées), en particulier la quantofrénie comparative (cette période où la puissance des pays ne se jauge plus qu’à la taille du PIB). La science économique dominante a, elle aussi, joué un rôle déterminant, en particulier la promotion d’une innovation conceptuelle avec la «croissance endogène», directement importée des Etats-Unis (et de Romer en particulier) qui conduit à l’idéologie d’une possible croissance infinie. Enfin, la diffusion des idées des effets du «ruissellement». Pour faire vite, les économistes orthodoxes ont vu dans la croissance endogène (et la croyance complémentaire dans les vertus intrinsèques des innovations), la possibilité miraculeuse de résolution de tous les enjeux, notamment ceux de la répartition, faisant donc de la croissance une finalité, à partir de cette période. Quant aux macro-économistes hétérodoxes, ils ont à juste titre identifié dans l’hybris de la finance les principaux fondements des déséquilibres, sous-estimant sans doute partiellement, pour certains, l’ampleur des externalités négatives de la croissance.

Pourquoi le taux de croissance est-il un mauvais indicateur ?

En soi, aucun indicateur n’est ni «bon» ni «mauvais», en particulier quand il est – ce qui est le cas du PIB – autant légitimé par des institutions solides (de l’Insee à Eurostat en passant par les organisations internationales). Pour autant, la croissance, telle qu’elle est utilisée, c’est-à-dire un indicateur devenu une finalité pour les sociétés, n’est pas appropriée pour répondre aux grands enjeux du XXIe siècle que sont la dégradation vertigineuse des patrimoines écologiques (au premier rang desquels le changement climatique), l’aggravation des inégalités économiques, la perte de cohésion sociale et certainement aussi les menaces que ces crises gigantesques font peser sur la démocratie. Certains experts renversent même l’argument en attribuant à la croissance la raison principale de ces dégradations des patrimoines social et écologique.

Quels indicateurs alternatifs de richesse existent alors aujourd’hui ? Et dans quel but ont-ils été créés ?

Depuis que le PIB existe, des initiatives ont cherché à l’améliorer pour tenir compte des externalités, par exemple en créant des PIB «verts» ou des croissances «vertes». Ces voies, ouvertes depuis Nordhaus et Tobin dans les années 70, sont toujours controversées. Soit pour des raisons théoriques : faut-il ajouter au PIB ou lui retrancher des externalités qui ne sont pas, au sens des économistes, des «productions» économiques ? Soit pour des raisons de méthode : la construction de prix fictifs – inévitables lorsqu’il s’agit de monétariser des «actifs non marchands» – s’avère fragile et discutable. D’autres initiatives visent à identifier des indicateurs qui tiendraient compte d’une multiplicité de dimensions : c’est notamment le cas de l’indice de développement humain (IDH) dont la première version date de 1990. D’autres encore insistent sur les apories des sociétés de croissance et cherchent d’abord à émettre des signaux d’alerte, autres que monétaires, sur l’insoutenabilité des modèles existants. C’est le cas de l’empreinte écologique ou encore des seuils d’irréversibilité des travaux de Rockstrom et al.

Est-ce qu’un indicateur alternatif pourrait réellement avoir un rôle dans un changement de modèle politique et économique ?

C’est ici aussi une question qui anime les débats dans les sciences sociales. Nous avons toujours insisté sur l’idée que les indicateurs ne sont jamais une condition suffisante à la transformation de paradigme. Mais ils sont devenus une condition nécessaire dans les sociétés quantofréniques. Et une chose est certaine : tant que les politiques seront orientées, à partir de logiciels totalement surannés, sur la fluidification des marchés en vue de retrouver des points de croissance, aucun des grands enjeux contemporains ne sera atteint. On peut même s’attendre à une aggravation dramatique de la situation climatique, avec toutes les incertitudes radicales vers lesquelles cette situation nous conduirait.

Quel est l’indicateur de richesse qui pourrait le mieux nous renseigner aujourd’hui ?

Aucun indicateur ne peut prétendre à la perfection ni même à la complétude tant les enjeux auxquels nous faisons face et qu’incarne la crise du changement climatique sont multiples et parfois irréconciliables. Ce serait accorder bien trop d’importance au chiffre. Avec Dominique Méda, nous avons souvent appelé à quelques indicateurs qui permettraient d’identifier dans quelle mesure les pays sont sur la voie de la soutenabilité écologique (par l’empreinte écologique par exemple) en même temps que celle de la soutenabilité sociale. L’indice de santé sociale est un candidat à cette mesure, mais d’autres le seraient aussi. Avec cette idée, que défend par exemple fermement Eloi Laurent, que l’écologie doit se décliner en social-écologie.

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Mais reprenons plus simplement l’affaire : si le temps est vraiment venu d’être en conformité avec les accords de Paris, et puisque cette mise en conformité est une urgence vitale, des indicateurs clefs, alternatifs à la croissance, seraient ceux d’une réduction par deux des émissions de gaz à effets de serre dans le monde d’ici 2050, et par quatre dans un pays comme la France, tout en menant des politiques qui réduisent les inégalités économiques. Comme en temps de guerre où toutes les forces vives sont tournées vers l’objectif de production au service de la guerre, il s’agirait, en engageant les mobilisations individuelles, citoyennes autant qu’industrielles ou administratives, de récolter les ressources et moyens nécessaires pour accéder à ces deux objectifs, en préservant les acquis de la démocratie.

Ce n’est donc pas tant les indicateurs qui font défaut ici qu’un courage politique, une vision qui sortirait des pures logiques comptables dans lesquelles elle est enfermée de manière mortifère, et l’élaboration d’institutions qui mettraient à distance les comportements individualistes, des consommateurs comme des entreprises, qui ralentissent ou empêchent ce processus vital.

Enfin, les nouveaux indicateurs de richesse (NIR) font déjà l’objet d’un rapport annuel en France. Est-il suffisant ?

L’idée de ce rapport annuel, issu d’un projet de loi porté par la députée Eva Sas, était excellente, de même que l’idée du processus pour en élaborer les principaux indicateurs (en particulier recourir à l’expertise citoyenne sur ces questions d’intérêt général). Mais le pouvoir a profondément travesti les objectifs de cette initiative : France Stratégie est restée quasiment seule aux rênes de l’élaboration des indicateurs. Pour rester dans la légalité, le gouvernement produit donc un rapport annuel, mais sans passion, sans aucune volonté de marquer la dynamique, sans prendre l’opportunité de ce rapport pour organiser un débat à l’Assemblée sur la soutenabilité de la trajectoire nationale. En un mot, ce rapport annuel est au mieux du gâchis, au pire du cynisme. Tout cela n’est en tout cas pas à la hauteur des enjeux, voire détourne l’attention de l’important : prendre soin de la planète et de ses habitants et non pas prendre soin des premiers de cordée.

Le monde risque de crouler sous les déchets

Le monde risque de crouler sous les déchets

Dans un rapport, la Banque mondiale prévient que le volume des déchets pourrait augmenter de 70 % à près de 3,5 milliards de tonnes dans le monde d’ici à 2050. Une prise de conscience est vitale.

Sacs plastiques dérivant en mer, vaste surface d’océan polluée par des microbilles de plastiques, tas d’immondices près des grandes villes… Le monde moderne risque d’étouffer sous une montagne de déchets si rien n’est entrepris pour lutter contre ce fléau. C’est le sens du  message de la Banque mondiale dans un rapport sur le sujet , publié jeudi soir. « Sans une action urgente, les déchets mondiaux augmenteront de 70 % par rapport aux niveaux actuels. En raison de l’urbanisation rapide et de la croissance démographique, la production annuelle mondiale de déchets devrait atteindre 3,4 milliards de tonnes au cours des trente prochaines années contre 2,01 milliards de tonnes en 2016 », alerte l’institution multilatérale.

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Les projections de la Banque mondiale pour la production de déchets. – Banque mondiale

« La mauvaise gestion des déchets nuit à la santé humaine et à l’environnement, ce qui s’ajoute au problème du climat, a expliqué Laura Tuck, vice-présidente chargée du développement durable à la Banque mondiale. Malheureusement, ce sont souvent les plus pauvres de la société qui subissent l’impact d’une gestion inadéquate des déchets. »

Faible recyclage

Bien qu’ils ne représentent que 16 % de la population mondiale, les pays industrialisés comptent pour plus du tiers (34 %) des déchets mondiaux. La région Asie de l’Est et Pacifique est responsable de la production de près du quart (23 %) de tous les déchets. Et d’ici à 2050, l’Afrique subsaharienne, dont la population est appelée à croître fortement, devrait plus que tripler le niveau de ses ordures. La production de déchets en Asie du Sud, elle, devrait plus que doubler. Si les pays riches recyclent environ un tiers de leurs déchets, seuls 4 % de ces détritus sont recyclés dans les pays pauvres.

Gaspillage alimentaire

Il est vrai que, selon leur nature, certains immondices sont plus à même d’être recyclés que d’autres. La Banque note que 44 % des rebuts sont de nature alimentaire ou dits « verts » (feuilles mortes, herbes, compost…). L’institution alerte néanmoins sur l’énorme gaspillage des denrées alimentaires  : selon les études de la FAO les plus régulièrement citées, le gaspillage s’élève à environ 30 % de la totalité des aliments produits dans le monde. Cela représente un total de 1,3 milliard de tonnes par an.

Sus aux plastiques

Le verre et le métal représentent respectivement 5 % et 4 % des déchets mondiaux. Papiers et emballages carton totalisent 17 % tandis que le plastique compose 12 % des déchets. En 2016, l’ensemble du monde a généré 242 millions de tonnes de rejets de plastiques.

L’Asie de l’Est et les pays du Pacifique en ont généré 57 millions de tonnes, l’Europe et l’Asie centrale 45 millions et l’Amérique du Nord, 35 millions. La Banque mondiale s’inquiète plus particulièrement de l’impact désastreux du plastique sur l’environnement. Cette matière chimique peut avoir un impact sur les écosystèmes pendant des centaines voire des milliers d’années, souligne-t-elle.

Plus de plastique que de poissons en 2050 ?

Dans les océans, le plastique s’accumule sur une surface de plusieurs milles nautiques. Sous l’effet des rayons solaires ultraviolet, le plastique se dégrade en « microplastiques » qu’il est presque impossible de récupérer et qui perturbent les chaînes alimentaires et dégradent les habitats naturels. En 2016, la Fondation Ellen MacArthur a prédit qu’en poids, il y aura plus de plastique dans les océans que de poissons d’ici à 2050 si rien n’est fait.

Nécessaire prise de conscience

Citant de nombreux exemples de politiques mises en place au niveau national ou des villes, la Banque mondiale juge que de telles « politiques novatrices ne résoudront pas le problème de la mauvaise gestion des matières plastiques sans institutions, systèmes et incitations adéquats. La gestion des déchets plastiques commence au niveau des ménages et des individus, et les stratégies visant à les éduquer et à les motiver peuvent modifier radicalement les comportements ».

Au sens large, « bien gérer les déchets fait sens économiquement », observe Silpa Kaza, spécialiste du développement urbain à la Banque mondiale, soulignant qu’il est plus coûteux de remédier aux problèmes posés pour la santé et l’environnement que d’apporter des solutions à la gestion des déchets.

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La Finlande va devenir le premier pays à supprimer toutes les matières scolaires…

 

Sympa 10 Janvier 2017 0

Education, Finlande

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lonelyplanet.fr

Le système éducatif finlandais est considéré comme l’un des meilleurs au monde. Dans les classements internationaux concernant l’éducation, la Finlande est toujours dans les 10 premiers. Toutefois, le gouvernement a décidé de ne pas s’en contenter, et d’entreprendre une véritable révolution de son système scolaire.

Les responsables souhaitent supprimer toutes les matières scolaires : il n’y aura désormais plus de cours de physique, mathématiques, littérature ou histoire-géographie.

La ministre de l’Education à Helsinki, Marjo Kyllonen, explique ces changements de la façon suivante : “Il y a encore des écoles où l’on enseigne selon des méthodes anciennes, qui fonctionnaient au début du XXème siècle. Mais aujourd’hui les besoins ont évolué et nous devons créer quelque chose qui soit adapté au XXIème siècle“.

Au lieu d’avoir des matières distinctes, les élèves apprendront les événements et les phénomènes dans un cadre pluridiscipinaire. Par exemple, la Seconde Guerre Mondiale sera étudiée d’un point de vue historique, géographique et mathématique. Et pendant le cours ”Travail à la caféteria“, les élèves assimileront des connaissances complexes d’anglais, d’économie et de communication.

Ce système sera appliqué aux étudiants de dernier cycle, à partir de 16 ans. L’idée est que chaque élève choisisse le thème ou le phénomène qu’il souhaite étudier selon sa notion de leur utilité dans sa vie. De cette façon, les adolescents n’auront pas à étudier des cursus complets de physique ou de chimie en se posant cette éternelle question : “A quoi bon apprendre tout ça?” ou ”Pourquoi ai-je besoin de savoir ça?“

Le format traditionnel ”professeur-élève” va également évoluer. Les étudiants ne seront plus assis derrière leurs tables en attendant qu’on les interroge. A la place, le travail en petites équipes et l’explication de problèmes seront développés.

Le système éducatif finlandais encouragera le travail en équipe, si bien que les transformations du travail concerneront aussi les professeurs. La réforme scolaire va requérir plus d’interaction entre les professeurs des différentes matières. Environ de 70% de tous les professeurs d’Helsinki ont déjà suivi une préparation pour savoir exposer l’information sous cette forme, et leur salaire sera revu à la hausse.

Le système sera complètement rénové à l’horizon 2020.

http://demain-lecole.over-blog.com/2017/01/la-finlande-va-devenir-le-premier-pays-a-supprimer-toutes-les-matieres-scolaires.html

Emploi des travailleurs handicapés : la Plateforme RSE présente 15 recommandations

Le 23/04/2018

Le 31 janvier 2018, Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées, a demandé à la Plateforme RSE d’identifier les leviers les plus efficaces pour encourager les entreprises à prendre des initiatives volontaires en faveur de l’embauche et du maintien dans l’emploi en milieu ordinaire des travailleurs handicapés.

Télécharger l’avis de la plateforme rse sur l’engagement des entreprises pour l’emploi des travailleurs handicapés

Installée à France Stratégie, la Plateforme RSE réunit depuis 2013 les parties prenantes de la RSE en France : entreprises, partenaires sociaux, organisations de la société civile, réseaux d’acteurs, chercheurs et institutions publiques.

Pour élaborer ses recommandations, elle a constitué un groupe de travail, dressé un état des lieux, rencontré une trentaine d’acteurs et organisé quatre auditions. Elle a remis ces recommandations à Sophie Cluzel le 23 avril 2018.

  • En France, 5,7 millions de personnes en âge de travailler sont affectées d’un handicap. Parmi elles, 2,7 millions bénéficient de la reconnaissance administrative d’un handicap, ce qui représente 6,6 % de la population en âge de travailler.
  • La loi fixe l’objectif d’un taux de 6 % de travailleurs handicapés employés dans les entreprises ou les administrations de plus de 20 salariés. Le taux d’emploi direct calculé en équivalent temps plein est de 3,4 % dans le secteur privé.
  • Les personnes handicapées ont trois fois moins de chances d’être en emploi que les  personnes non handicapées ayant les mêmes caractéristiques et deux fois plus de chances d’être au chômage.

Les freins à l’inclusion des travailleurs handicapés

  • L’image du handicap en entreprise.
  • Le coût et l’investissement ressentis du handicap, notamment par les PME.
  • La formation des travailleurs handicapés, et plus précisément son inadéquation avec les compétences recherchées par les entreprises.

La Plateforme RSE a recensé plusieurs bonnes pratiques

http://www.strategie.gouv.fr/publications/emploi-travailleurs-handicapes-plateforme-rse-presente-15-recommandations

Comment l’État doit se réorganiser pour relever les défis de l’intelligence artificielle – Rapport Villani ⁩

Le député Cédric Villani présentera, le 29 mars, lors d’un sommet au Collège de France, son rapport final sur l’intelligence artificielle (IA). Instiller une culture de l’innovation en IA et coordonner les projets de transformation de l’État qui y font appel figurent parmi les priorités identifiées.

Dans la course à l’armement de l’intelligence artificielle (IA), la puissance publique doit être au premier plan. Le rapport [cliquez ici pour lire le rapport] du député LREM de l’Essonne Cédric Villani, qui sera présenté le 29 mars lors d’un sommet au Collège de France, préconise une appropriation de l’IA par l’État dans un objectif “de modernisation et d’augmentation de l’efficacité de l’action publique, ainsi que dans un souci d’exemplarité”.
Pour rappel, Cédric Villani, chargé en septembre dernier par le Premier ministre, Édouard Philippe, d’une mission sur le sujet, devait plancher sur les “actions nécessaires pour permettre à la France et à l’Europe d’être à la pointe de l’économie fondée sur l’intelligence artificielle” et “décrire les meilleures pratiques internationales d’applications de l’IA au service de la transformation et de l’amélioration des politiques publiques”.

Coordinateur interministériel
Dans son analyse, le mathématicien soulève une difficulté : les ressorts des nouvelles technologies en général et de l’IA en particulier ne sont pas suffisamment diffusés dans la culture et la technique des services de l’État. À ce titre, toutes les administrations ne sont pas logées à la même enseigne, chacune embrassant l’IA à son rythme et à ses propres fins.
Pour surmonter l’inégalité “de la maturité des différents ministères et administrations sur l’IA”, le rapport recommande la nomination d’un “coordinateur interministériel”, sur le modèle de “l’Office for AI” britannique et placé sous l’autorité du secrétaire d’État au Numérique, actuellement Mounir Mahjoubi. Ce coordinateur aurait pour mission “d’animer au jour le jour un réseau de référents au sein des différents ministères et administrations afin d’accélérer la mise en œuvre des transformations internes”. C’est à lui que reviendrait, en somme, le rôle de VRP des technologies d’IA dans une logique d’acculturation des différents ministères.
Dans sa mission, ce coordinateur interministériel serait accompagné par la création, au sein de la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic), d’un “pôle de compétences mutualisées en IA” constitué d’une trentaine d’agents. L’objectif étant d’organiser dès à présent les compétences dans le secteur, en attendant que les ministères soient en mesure de recruter par eux-mêmes des spécialistes dans leur propre domaine.

Vers une Dinsic renforcée
Cette division d’experts pourrait provisoirement venir en aide aux différentes administrations en menant un travail de conseil, de veille et cartographie des innovations réussies, de preuves de concept et d’accompagnement du passage à l’échelle, énumère le rapport. C’est ce pôle qui se chargerait de recruter les “profils adaptés aux transformations de l’IA”.
En outre, le député de l’Essonne propose un renforcement de la Dinsic, et plus précisément de son rôle d’alerte. Pour ce faire, le rapport envisage d’abaisser les seuils de notification et d’alerte pour lesquels la Dinsic est en droit de donner son avis, voire son veto. Actuellement, l’institution ne peut opposer son veto que sur les projets numériques dont le coût dépasse les 9 millions d’euros. Son expertise est également requise concernant “les enjeux et les risques relatifs à des projets d’importance majeure”, comme l’indique le décret du 21 septembre 2015, et il lui revient de formuler “des recommandations pour la conception et la gouvernance de ces projets”. En abaissant les seuils, la mission Villani entend renforcer le “droit de regard” et le “rôle d’accompagnement” de la Dinsic vis-à-vis des différents projets informatiques de l’État.

Garantir les ressources adéquates
Afin d’encourager le développement d’applications “prometteuses” tout en se prémunissant contre d’éventuels freins administratifs, la mission souhaite la sanctuarisation des ressources allouées, notamment à travers “des budgets dédiés et pluriannuels”. L’objectif, ici, est de ne pas brider l’innovation en donnant toute leur place aux projets pilotes et expérimentaux, compte tenu de leur besoin de “souplesse” ainsi que des économies futures que ces applications pourraient permettre de réaliser, dit le rapport, de manière à ne pas “favoriser l’économie d’un euro l’année suivante contre dix voire cent fois plus sur les années suivantes”.
Emmanuel Macron doit, jeudi 29 mars, présenter les axes d’action et de financement du gouvernement pour favoriser l’essor des technologies d’IA tant pour la transformation de l’État que pour la compétitivité scientifique et économique du pays.
Mots clés : transformation numérique algorithmes cédric villani intelligence artificielle

‪https://www.acteurspublics.com/2018/03/28/comment-l-etat-doit-se-reorganiser-pour-relever-les-defis-de-l-intelligence-artificielle‬

‪https://fichiers.acteurspublics.com/redac/pdf/2018/2018-03-28_Rapport-Villani.pdf‬