Une chose est sûre : la durabilité doit être ancrée dans la société toute entière

 

Considérer le dérèglement climatique comme la seule urgence environnementale de portée véritablement globale, est une erreur. L’urgence climatique, bien sûr, est évidente et pas secondaire. Elle se manifeste malheureusement au quotidien, même si elle peut être observée de manière différenciée  et différée dans le temps et selon  les zones géographiques.  Mais l’urgence environnementale  ne se réduit pas à l’urgence climatique.

En effet, les bouleversements fondamentaux à l’oeuvre en matière de biodiversité doivent nous interpeller tout autant. Le vivant disparaît actuellement à un rythme inconnu jusqu’ici  sur  notre  planète.  Les  premières  causes d’effondrement de la biodiversité restent la destruction des habitats, les pollutions  généralisées  des  écosystèmes  et  les  destructions directes des espèces. Naturelle-ment, ces différents facteurs interagissent et il en résulte une aggravation et une accélération des perturbations environnementales. Mais c’est bien le vivant qui est l’indicateur le plus intégrateur de toutes les atteintes environne-mentales faites à notre planète.

La  modification  des  écosystèmes,  les  sècheresses,  inondations,  tempêtes,  problèmes sanitaires, les enjeux d’approvisionne-ment  en  alimentation  et  en  eau  sont  très  perceptibles. Les conséquences des changements  climatiques  se  font  d’ores  et  déjà  ressentir  et  pourraient  s’accentuer  si  les  États  persistent à ne pas prendre de réelles décisions contraignantes.

Les activités économiques et industrielles produisent un impact de plus en plus prégnant sur l’environnement et sur les équilibres sociaux. Malgré  plusieurs  crises  écologiques,  économiques et sociétales survenues dans le monde, la  situation  environnementale  s’aggrave  et,  depuis près de 50 ans, les inégalités augmentent dans presque tous les pays du monde.

Au fur et à mesure de l’avancée des con-naissances scientifiques sur des enjeux comme le réchauffement climatique, la disparition de la biodiversité ou la quantité de plastique pré-sente dans les océans, il faut se rendre à l’évidence  de  la  nécessité  à  trouver  un  modèle  économique plus juste, susceptible de per-mettre d’assurer nos besoins sans détruire notre écosystème.

Il faut souligner que les premiers rapports formulant  cette  nécessité  datent  des  années  1970, notamment avec la publication du rap-port du Club de Rome (1972) et du rapport Brundtland (1987) , “Notre avenir à tous”, même si certains philosophes, comme Henri David Thoreau et Hans Jonas, ont très tôt mis en avant les problèmes que pose la civilisation technicisée…..

https://confrontations.org/category/europe-durable-energie/page/2/

la revue 133 de ConfrontationsEurope

Cf dans la revue 133 de ConfrontationsEurope qui sera publiée le 2/02/2022 :

  • un article que j’ai rédigé sur la Transition environnementale; une chose est sûre : la durabilité doit être ancrée dans la société toute entière.
  • Et un article « Pour un pacte vert solidaire» de Sarah Coupechoux et Hélène Denise de la Fondation Abbé Pierre

Et plusieurs articles sur l’Europe et la Santé , la transition Envtale et énergétique etc..

https://confrontations.org/la-revue/

Les Taties Flingueuses : l’eau, cette molécule magique et si précieuse

Cf le podcast des #tatiesflingueuses

dédié à la question de l’eau.

Combien faut-il de litres d’eau pour produire un demi de bière ? Vous ne vous êtes peut-être jamais la question, pourtant la réponse est étonnante, voir inquiétante quand on connaît la rareté de l’eau sur le globe. Les Taties font le point et un petit tour de la question dans cet épisode passionnant : cycle de l’eau, pollution des cours d’eau, gaspillage, imperméabilisation des sols, surconsommation… avec des constats détaillés mais aussi des solutions à explorer. 

https://podcast.ausha.co/taties-flingueuses/les-taties-flingueuses-l-eau-cette-molecule-magique-et-si-precieuse-episode-14

Compétitivité industrielle, transition environnementale et autonomie stratégique : quel avenir pour l’économie circulaire en Europe ?

Posted on 20 octobre 2021

En amont de la PFUE et dans le cadre des objectifs du Pacte Vert européen, Confrontations Europe revient sur l’enjeu de l’économie circulaire et propose 16 recommandations politiques afin d’en accélérer son développement à l’échelle européenne.

Contributeurs :

  • Sylvie Bénard, Fondatrice de la Dame à la Licorne
  • Axel Darut, Responsable des affaires européennes de Citeo
  • Michel Derdevet, Président de Confrontations Europe
  • Thomas Dorget, Délégué Général de Confrontations Europe
  • Pierre Fouquet, Chargé de mission de Confrontations Europe
  • Ghislaine Hierso, Présidente de l’association Planethon365S, membre de la plateforme RSE, Secrétaire du Bureau de Confrontations Europe
  • Charlotte Petit, Chargée de mission affaires européennes de Citeo

Les entreprises et citoyens européens produisent environ 2,3 milliards de tonnes de déchets par an, principalement issus de la construction, des mines et de l’industrie. Parallèlement, ce sont 224,5 millions de tonnes de déchets ménagers qui ont été produites en 2020, représentant 1,2 kilogramme par jour et par personne en Europe.

Au niveau mondial, les ressources naturelles sont aujourd’hui extraites trois fois plus vite qu’en 1970. Sous l’effet de l’urbanisation rapide et de la croissance démographique, la Banque mondiale affirme que la quantité de déchets produite chaque année dans le monde devrait atteindre 3,4 milliards de tonnes au cours des trois prochaines décennies.

Dans ce contexte, le concept d’économie circulaire prend racine dans la publication du rapport du Club de Rome intitulé « the limits to growth », ou « rapport Meadows », en 1972. La notion de « développement durable » sera elle, formalisée dans le rapport Bruntland en 1987.

Dès les années 1980, le concept de « Cradle-to-Cradle » (du berceau au berceau), qui s’appuie sur le concept initial du « Cradle-to-Grave » (du berceau à la tombe), a contribué au développement de la notion d’économie en boucle. En 2000, le Japon est l’un des premiers pays à concevoir un modèle de développement basé sur la circularité des ressources, à travers la mise en place d’une « Société respectueuse du cycle des matières » qui entrainera une initiative internationale du gouvernement japonais sous la dénomination d’initiative 3R (Reduce, Reuse, Recycle).

Malgré cette abondance de concepts, les frontières de l’économie circulaire restent encore à clarifier à ce jour. La notion s’est tout de même partiellement formalisée dans les années 2010, avec la publication de travaux comme ceux de la Commission européenne, notamment à travers son Centre Commun de recherche (JRC), de la fondation Ellen MacArthur en 2013 et de l’Institut National de l’Économie Circulaire (INEC), créé en France cette même année. L’économie circulaire s’oppose en tous cas à la notion d’économie linéaire, dominant depuis deux siècles, qui repose sur l’extraction ou la récolte de ressources infinies, la fabrication et l’assemblage des produits, leur distribution, leur consommation et enfin, la production et la destruction de déchets.

L’économie circulaire se fonde historiquement sur la valorisation de ces déchets, considérés comme une ressource nouvelle. Mais pour y arriver, les opérations de valorisation des déchets (réutilisation, réemploi, recyclage, valorisation énergétique) supposent de réunir un certain nombre de conditions qui dépassent la seule filière du recyclage (écoconception, traitement des substances dangereuses, etc.). Par conséquent, la définition minimale de l’économie circulaire qui couvrirait uniquement les opérations de recyclage ne répond pas aux enjeux et objectifs actuels liés à la transition environnementale et aux objectifs de neutralité carbone de l’économie européenne à l’horizon 2050. Dans son acception élargie, la notion d’économie circulaire doit inclure l’intégralité du cycle de vie du produit, en intégrant la limitation des ressources consommées pour sa production, et la prolongation de sa durée de vie, renforçant ainsi la durabilité de la chaine de production. Selon l’ADEME, l’économie circulaire peut se définir « comme un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en développant le bien être des individus ».

La pandémie de Covid-19 et ses conséquences ont mis en évidence la nécessaire transformation de notre modèle de société. La crise sanitaire a notamment souligné, dans un contexte de pénurie mondiale de certains médicaments, équipements de santé et matières premières, l’interdépendance des marchés et la fragilité des chaines d’approvisionnements. Ce constat d’un modèle socioéconomique à bout de souffle doit nous conduire à de nouvelles ambitions en matière de neutralité carbone, dont le développement de l’économie circulaire peut être un levier. Véritable moteur de l’économie européenne, le modèle de consommation et de production linéaire n’est désormais plus compatible avec les impératifs de la transition environnementale de l’Union européenne (UE). Il devient désormais nécessaire de faire « plus avec moins ». L’UE l’a compris et a décidé de montrer l’exemple concernant la transition de son modèle vers une économie circulaire, à travers son premier plan d’action pour l’économie circulaire en 2015 et le nouveau plan, adopté dans le cadre du Pacte vert, en 2020. En matière de politique économique et environnementale, l’UE, par la masse critique de son marché, son nombre élevé de consommateurs et ses compétences, constitue l’échelle pertinente pour orienter efficacement les politiques publiques dans ce domaine. Afin d’accompagner ces transitions environnementales, économiques et géopolitiques en matière d’économie circulaire, l’UE doit avancer vers l’harmonisation des réglementations et des pratiques en vigueur au sein du marché unique (I), le renforcement des synergies public-privé (II) et la mise en place d’incitations fiscales et financières (III).

https://confrontations.org/pdeweverconfrontations-org/competitivite-industrielle-transition-environnementale-et-autonomie-strategique-quel-avenir-pour-leconomie-circulaire-en-europe-2/

Taties Flingueuses #dechets : la revanche des #POUBELLES

Taties Flingueuses (@flingueuses)

Lundi 22 avril  #EarthDay #journeedelaterre, l’occasion d’écouter notre nouvel épisode (épisode 5), tout chaud tout neuf, consacré aux #déchets : la revanche des #POUBELLES ! 

#dechets #environnement #zerowaste #dechetsmenagers #dechetsdangereux #modesdevie #consommation #REP #responsabilité #ecoconception #economiecirculaire #economieseculaire #NYMBY #BANANA

 

Et retrouver les précédents épisodes :

Épisode 0 le #développementdurable

Épisode 1 le #numérique est tout sauf #virtuel

Épisode 2 les #plastiques ne sont pas si fantastiques

Épisode 3 #biodiversité : des liens du #vivant mal connus et en danger

https://podcasts.apple.com/fr/podcast/taties-flingueuses/id1453973057?i=1000436077503

 

https://lnkd.in/d_W98fY

https://lnkd.in/dTbGE4u

https://podcasts.apple.com/fr/podcast/taties-flingueuses/id1453973057?i=1000436077503

 

Taties Flingueuses : épisode 2 : les plastiques ne sont pas si fantastiques est en ligne (après l’Episode 0 le développement durable et l’ épisode 1 le numérique n’est pas que virtuel

Après l’épisode o sur le #développementdurable et l’épisode 1 sur le #numérique n’est pas virtuel 

L’épisode 2 des Taties @flingueuses.

Les Taties @flingueuses débattent de la pollution des #plastiques, vous alertent sur leur utilisation et vous donnent quelques solutions  pour remédier à cette surconsommation de plastiques

Épisode  2 sur les #plastiques https://soundcloud.com/user-410022809/les-plastiques-sont-pas-si-fantastiques

Épisode 1 le numérique est tout sauf virtuel

Épisode 0 sur le développement durable

https://m.soundcloud.com/user-410022809/ep-0-quest-ce-que-le-developpement-durable

Vous pouvez aussi les partager. 

N’hésitez pas à nous donner votre avis

@flingueuses

 

Le monde risque de crouler sous les déchets

Le monde risque de crouler sous les déchets

Dans un rapport, la Banque mondiale prévient que le volume des déchets pourrait augmenter de 70 % à près de 3,5 milliards de tonnes dans le monde d’ici à 2050. Une prise de conscience est vitale.

Sacs plastiques dérivant en mer, vaste surface d’océan polluée par des microbilles de plastiques, tas d’immondices près des grandes villes… Le monde moderne risque d’étouffer sous une montagne de déchets si rien n’est entrepris pour lutter contre ce fléau. C’est le sens du  message de la Banque mondiale dans un rapport sur le sujet , publié jeudi soir. « Sans une action urgente, les déchets mondiaux augmenteront de 70 % par rapport aux niveaux actuels. En raison de l’urbanisation rapide et de la croissance démographique, la production annuelle mondiale de déchets devrait atteindre 3,4 milliards de tonnes au cours des trente prochaines années contre 2,01 milliards de tonnes en 2016 », alerte l’institution multilatérale.

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Les projections de la Banque mondiale pour la production de déchets. – Banque mondiale

« La mauvaise gestion des déchets nuit à la santé humaine et à l’environnement, ce qui s’ajoute au problème du climat, a expliqué Laura Tuck, vice-présidente chargée du développement durable à la Banque mondiale. Malheureusement, ce sont souvent les plus pauvres de la société qui subissent l’impact d’une gestion inadéquate des déchets. »

Faible recyclage

Bien qu’ils ne représentent que 16 % de la population mondiale, les pays industrialisés comptent pour plus du tiers (34 %) des déchets mondiaux. La région Asie de l’Est et Pacifique est responsable de la production de près du quart (23 %) de tous les déchets. Et d’ici à 2050, l’Afrique subsaharienne, dont la population est appelée à croître fortement, devrait plus que tripler le niveau de ses ordures. La production de déchets en Asie du Sud, elle, devrait plus que doubler. Si les pays riches recyclent environ un tiers de leurs déchets, seuls 4 % de ces détritus sont recyclés dans les pays pauvres.

Gaspillage alimentaire

Il est vrai que, selon leur nature, certains immondices sont plus à même d’être recyclés que d’autres. La Banque note que 44 % des rebuts sont de nature alimentaire ou dits « verts » (feuilles mortes, herbes, compost…). L’institution alerte néanmoins sur l’énorme gaspillage des denrées alimentaires  : selon les études de la FAO les plus régulièrement citées, le gaspillage s’élève à environ 30 % de la totalité des aliments produits dans le monde. Cela représente un total de 1,3 milliard de tonnes par an.

Sus aux plastiques

Le verre et le métal représentent respectivement 5 % et 4 % des déchets mondiaux. Papiers et emballages carton totalisent 17 % tandis que le plastique compose 12 % des déchets. En 2016, l’ensemble du monde a généré 242 millions de tonnes de rejets de plastiques.

L’Asie de l’Est et les pays du Pacifique en ont généré 57 millions de tonnes, l’Europe et l’Asie centrale 45 millions et l’Amérique du Nord, 35 millions. La Banque mondiale s’inquiète plus particulièrement de l’impact désastreux du plastique sur l’environnement. Cette matière chimique peut avoir un impact sur les écosystèmes pendant des centaines voire des milliers d’années, souligne-t-elle.

Plus de plastique que de poissons en 2050 ?

Dans les océans, le plastique s’accumule sur une surface de plusieurs milles nautiques. Sous l’effet des rayons solaires ultraviolet, le plastique se dégrade en « microplastiques » qu’il est presque impossible de récupérer et qui perturbent les chaînes alimentaires et dégradent les habitats naturels. En 2016, la Fondation Ellen MacArthur a prédit qu’en poids, il y aura plus de plastique dans les océans que de poissons d’ici à 2050 si rien n’est fait.

Nécessaire prise de conscience

Citant de nombreux exemples de politiques mises en place au niveau national ou des villes, la Banque mondiale juge que de telles « politiques novatrices ne résoudront pas le problème de la mauvaise gestion des matières plastiques sans institutions, systèmes et incitations adéquats. La gestion des déchets plastiques commence au niveau des ménages et des individus, et les stratégies visant à les éduquer et à les motiver peuvent modifier radicalement les comportements ».

Au sens large, « bien gérer les déchets fait sens économiquement », observe Silpa Kaza, spécialiste du développement urbain à la Banque mondiale, soulignant qu’il est plus coûteux de remédier aux problèmes posés pour la santé et l’environnement que d’apporter des solutions à la gestion des déchets.

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Les eaux usées, formidable ressource inexploitée

 

Les eaux usées permettraient de pallier l’écart croissant entre offre et demande hydriques, estime l’ONU.

Leur exploitation pourrait en outre compenser les coûts liés à leur traitement.
Elles sont omniprésentes là où toute activité humaine requiert de l’eau : en aval de l’industrie, de l’agriculture et des usages domestiques. Et la croissance démographique mondiale, doublée de l’amélioration espérée des services d’assainissement, aura comme effet inévitable d’en multiplier la production. Pourtant, les eaux usées sont non seulement encore à 95% directement rejetées dans l’environnement, mais aussi largement sous-exploitées : parmi les 165 milliards de mètres cubes collectés et traités par an dans le monde, seuls 2% sont aujourd’hui réutilisés. Un paradoxe auquel les Nations unies ont donc décidé de consacrer leur Rapport mondial annuel 2017 sur la mise en valeur des ressources en eau.
L’organisation internationale voit en effet dans les eaux usées une “ressource”, dont une exploitation optimisée permettrait de pallier l’écart entre offre et demande hydriques. Déjà sensible dans les régions – habitées par 5 millions de personnes – où la consommation d’eau est deux fois plus élevée que les ressources renouvelables locales, ce décalage est en effet destiné à s’accroître au niveau planétaire sous l’effet de l’urbanisation, puisque l’augmentation de la demande mondiale pourrait atteindre 50% en 2030, souligne l’ONU.

Biocarburants et phosphore
D’autres matières “précieuses” peuvent d’ailleurs être offertes par de cette source. A partir de 43.000 tonnes de boues d’épuration, la ville d’Osaka produit par exemple chaque année 6.500 tonnes de carburant biosolide, rappelle l’ONU. L’exploitation des eaux usées permettrait également de satisfaire 22% de la demande mondiale de phosphore, dont on prévoit la raréfaction voire l’épuisement dans les années à venir, mais dont est très riche l’urine humaine. Sans compter la valorisation des calories des eaux usées, déjà pratiquée au niveau mondialmais non incluse dans le spectre de l’étude des Nations unies.
Utilisés pour alimenter les usines de traitement elles-mêmes ou vendus sur le marché, ces produits directs et indirects des eaux usées pourraient ainsi compenser au moins en partie les coûts liés à la poursuite de l’Objectif de développement durable n° 6 consacré à l’eau, qui mentionne notamment la réduction de moitié de la proportion d’eaux usées non traitées.

Des réseaux décentralisés
Un tel changement d’approche est rendu possible par l’évolution technologique, qui multiplie les solutions face aux contraintes spécifiques de chaque région et de chaque secteur. Les pays à faible revenu – ils traitent en moyenne 8% des eaux usées, contre 70% dans ceux à haut revenu – peuvent désormais compter sur des alternatives efficaces à la mise en place coûteuse de systèmes de collecte centralisés.
Ces solutions décentralisées, “quand elles sont bien conçues et appliquées, peuvent donner des résultats satisfaisants en termes de qualité d’effluents”, écrit désormais l’ONU. Or, “selon les estimations, les investissements de ces installations de traitement ne coûtent que 20 à 50% de ceux des usines de traitement conventionnelles et leurs coûts d’exploitation et de maintenance sont même inférieurs (de l’ordre de 5 à 25% des stations d’épuration conventionnelles à boues actives)”.

Les législateurs méfiants
Les freins à vaincre restent donc aujourd’hui essentiellement psychologiques, réglementaires et financiers. Malgré les exemples de villes comme Singapour, Windhoek et San Diego – sans compter celui de la Station spatiale internationale -, où les eaux usées sont transformées en eau potable, les citoyens comme le législateur restent en effet souvent méfiants. En France, seule l’industrie peut d’ores et déjà pratiquer une économie circulaire des eaux usées.
Les pratiques évoluent toutefois progressivement, souvent sous l’effet de la contrainte. “Au moins 11 des 22 Etats arabes ont adopté des législations autorisant le recours aux eaux usées traitées”: en Jordanie notamment, 90% est utilisé pour l’irrigation, souligne l’ONU. En Israël, près de la moitié des terres irriguées le sont avec une eau recyclée, et au moins 50 pays du monde s’en servent déjà sur une superficie estimée à 10% de l’ensemble des terres agricoles. Quant à l’industrie, on estime qu’en 2020 le marché de traitement des eaux usées devrait augmenter de 50%. Et certains pays adoptent des mesures législatives proactives en dehors de tout besoin immédiat: comme la Suisse, où le phosphore doit être obligatoirement issu de l’économie circulaire.

http://www.unesco.org/new/fr/natural-sciences/environment/water/wwap/wwdr/

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/agroalimentaire-biens-de-consommation-luxe/les-eaux-usees-formidable-ressource-inexploitee-667674.html#xtor=EPR-2-%5Bmorning-briefing%5D-20170322

Article Public Economie circulaire par Ghislaine HIERSO

INTERVIEW Ghislaine Hierso dans  Public design + humanity

– Le concept du cradle to cradle est le point de départ de l’économie circulaire. Pouvez-vous nous exposer les différences entre le concept d’économie linéaire et de l’économie circulaire?

L’économie circulaire est avant tout une économie de la pauvreté, une économie séculaire. De tout temps les humains ont dû protéger leurs ressources, réutiliser tout ce qui pouvait l´être : la réutilisation agricole, les biffins, collecte et réutilisation des textiles, la réutilisation des ferrailles, les armes transformées en outil agricole, …

Il faut avoir conscience que l’économie du gaspillage, l’économie linéaire : on produit, on consomme, on jette est née avec la révolution industrielle. La possibilité de pouvoir reproduire des outils, des objets en masse a entrainé une production importante et une consommation de masse : création de besoins et usages nouveaux sans trop se préoccuper de la fin de vie des objets mis en décharge. Le déchet étant jeté derrière la maison, caché, ignoré et les décharges éloignées des centres villes.

Les préoccupations sur la gestion des déchets sont liées aux problèmes sanitaires vers la fin du 19e siècle dans les pays développés cf le Préfet Poubelle en France. .La prise en compte des conséquences environnementales est venue dans un deuxième temps.après les années 70 Aujourd’hui nous devons prôner, comme j’aime à le dire : “une économie de la prospérité équitable dans la sobriété”. Il est essentiel d’économiser les ressources naturelles , de s’assurer que les exigences de réduction de consommation tiennent compte du développement du pays et de s assurer d’un accès pour tous aux ressources. Nous devons tous être plus efficaces, et plus efficients.

Le XXe siècle a été le siècle du gaspillage, il faut que le XXIe siècle soit le siècle du recyclage.

Les premiers rapports stipulant cette nécessité datent des années 1970 par le rapport du Club de Rome (1972) et le rapport Brundtland (1987) : “Notre avenir à tous”. Même si certains philosophes tel que Henri David Thoreau et Hans Jonas ont très tôt mis en avant les problèmes que pose la civilisation technicisée.

Le passage d’une politique de gestion des déchets à une approche intégrée de la gestion des matières encourage la dématérialisation et l’utilisation des ressources efficaces. Cette politique est mise en œuvre depuis plus de 10 ans au Japon. Dès les années 2000, l’Europe publie ses premières réflexions sur la mise en œuvre d’une politique fondée sur un cycle des matières écologiquement rationnelles selon le principe des 3 R (Reduce, Reuse, Recycling). C’est de ces prises de conscience que nait le concept du “craddle to craddle”

Mais attention le “tout retourne à la terre” doit être appréhendé avec prudence, car il faut éviter la dilution de la pollution. Par exemple, les DEEE (déchets électriques et électroniques) contiennent effectivement de métaux précieux et autres matières qui peuvent être recyclés, mais aussi des substances dangereuses qui doivent être traitées avec prudence avant toute élimination. Autre exemple, les déchets organiques doivent être collectés séparément, car ils ne doivent pas être souillés par d’autres déchets tel que des plastiques, des piles , pour s’assurer leur bonne valorisation organique.
La prise en compte de notre patrimoine sol est essentielle car le sol, terre nourricière de la biodiversité, est souvent le parent pauvre de ces politiques qui oublient que le retour à la terre suppose de prendre de réelles précautions pour la préservation des ressources; l’ eau, de la biodiversité …

L’économie circulaire ne se résume donc pas à une gestion durable des déchets, mais à une meilleure prise en compte de la hiérarchie : prévention, moins et mieux consommer, réutiliser, réparer tout ce qui peut l’être en l’état ou avec quelques transformations, recycler (valorisation matière), transformer déchet/matière en produit, valorisation énergétique (en chaleur, électricité) et éliminer ce qui ne peut être réutilisé, transformé. Mais c’est aussi une utilisation plus efficace et rationnelle des ressources (matières premières, eau, énergie, …)

L’économie circulaire souvent présentée comme une dynamique locale, de proximité, fait aussi l’objet d’échanges mondiaux non négligeables pour certaines matières recyclables (papier recyclé, ferrailles, plastiques …), comme le stipule le rapport sur les cycles et les orientations des produits et des échanges www.cercle-cyclope.com

C est une des raisons qui explique que même au Forum économique mondial à Davos Il a été question d’économie circulaire . Sont notamment évoquées les perspectives du « nouveau contexte mondial ». La mise en place d’un nouveau modèle économique, plus respectueux des humains , de l’environnement et, plus largement, de la planète, constitue un enjeu de débat majeur.

 

– Quelle est la place d’un citoyen lambda dans ce schéma économique ? Quelles peuvent être ses actions quotidiennes pour participer à cette démarche écologique et économique ?

Je dirai que tout citoyen, toute entreprise, toute collectivité, toute autorité doit être acteur de l’économie circulaire et chacun à son échelle.

– Que sous-tendent les objectifs définis pour mettre en œuvre l’économie circulaire ? Éviter le gaspillage de ressources et d’énergie, Sécuriser l’approvisionnement de l’économie en matières premières, Diminuer les impacts environnementaux, Ré Industrialiser les territoires, Limiter la production de déchets non réutilisés Et Augmenter la compétitivité des entreprises.
Quels moyens d´actions les autorités se donnent ? Impliquer tous les citoyens et responsabiliser les entreprises, Mobiliser les collectivités et Développer des activités innovantes et créer des emplois

Ainsi tout citoyen lors de son acte d’achat doit s’assurer de son réel besoin et usage, quand son produit est en fin de vie, il doit trier ses déchets pour en faciliter l’éventuelle réutilisation ou le recyclage.
L’entreprise lors de la mise en production doit dans son processus intégrer le cycle de vie complet du produit ou service, de la conception à la fin de vie

Les collectivités territoriales doivent mettre en œuvre les dispositifs facilitant sur un territoire l’utilisation des déchets de l’un pour en faire des ressources pour l’autre (l’écologie industrielle), ainsi que la prévention par des campagnes de communication pour tous les publics, afin de faire prendre conscience que nous sommes tous concernés par la réduction des impacts sur l’environnement.
Les autorités européennes et nationales doivent élaborer des réglementations prenant en compte ce nouvel écosystème économique industriel territorial.
Pourtant, à l’heure actuelle – malgré les avancées (initiative 3R)(1) lancées en juin 2004 dans le cadre du G8, les 17 objectifs de Développement durable adoptés par les Nations Unies en septembre 2015, qui intègrent la protection des ressources, et la prise en compte de nouveaux modèles économiques(2), de la réglementation européenne(3) et nationale(4) (Directives européennes, Grenelle de l’environnement, Loi sur la Transition écologique ) – les investissements publics ou privés, et la fiscalité, ne permettent pas de mettre en place un modèle solide et viable de valorisation des ressources de l’économie circulaire. Voir aussi la volatilité du cours des matières premières présentée dans le Rapport Cyclope.

–  Au vu de ces impératifs écologiques, sociaux et économiques, la gestion des déchets et la valorisation de ces ressources doivent faire l’objet d’une politique transversale et intégrée pour faciliter la mise en œuvre d’un modèle d’économie circulaire.

L’économie circulaire n’est pas bonne en soi si l’approche intégrée ne prend pas en compte tous les impératifs écologiques (préservation des ressources et éviter la dilution de la pollution), sociaux (valorisation de métiers difficiles, réduction de la précarité , et économiques (volatilité des prix des matières premières, nouveau modèle économique)

A ce jour, L’Economie Sociale et solidaire dans ces objectifs participe le plus activement à la mise en œuvre de cette économie circulaire par une économie plus contributive (cf Bernard Stiegler) de nombreux projets se font jour à travers le monde mais souvent à des échelles trop restreintes. Car les approches locales sont essentielles bien évidemment mais l’addition de bonnes pratiques ne font malheureusement pas un projet d’ensemble.

– Actuellement, quels dispositifs sont mis en place, en France, et particulièrement autour de la métropole du grand Paris pour faciliter la mise en place de ces questions écologiques et économiques ? D’autres territorialités ou d’autres pays sont-ils plus en avance sur ce discours et pourrait nous servir de modèle ?

La ville de Paris a mis en place en septembre 2015, , , les Etats Généraux de l’économie circulaire(5) où ont été présentées de nombreuses initiatives grâce aux rencontres avec tous les acteurs associatifs, le monde de l’entreprise, des chercheurs, des universitaires, et des têtes de réseaux de l’économie circulaire..f livre blanc des Etats Généraux de l Economie circulaire (5) Des travaux ont été menés sur les piliers de l’économie circulaire tels que l’Eco-conception, Economie de la fonctionnalité, Ecomobilité Obsolescence programmée, Usage, réparation et Recyclage(6). Les Rdv de l Économie circulaire auront lieu le 26 octobre 2016, point d étape des actions des Collectivités locales et des acteurs du territoire un an après les Etats Généraux de l Économie circulaire du Grand Paris
Pour mieux comprendre l économie circulaire, des ateliers sont mis en place avec les écoles, les collèges et les lycées cf ateliers pour lutter contre gaspillage, ou sur des formations aux métiers et savoir faire. Cf les ateliers des Petits débrouillards (7).
Des rapports sur les métiers de l’économie verte et des Modes de vie ont aussi été publiés cf notamment le rapport et programme modes de vie l association 4D (8) , de l ADEME ( http://www.ademe.fr) et Institut de l Économie circulaire ( http://www.institut-economie-circulaire.fr)
(1) http://www.env.go.jp/fr/recycle/
(2) http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/
(3) europa.eu/rapid/press-release_IP-15-6203_fr.htm
(4) http://www.developpement-durable.gouv.fr/-La-transition-energetique-pour-la-.html
(5) http://www.economiecirculaire.org/library/h/livre-blanc-de-leconomie-circulaire-du-grand-paris.html
(6) http://www.oree.org/source/_Surlarouteeconomiecirculaire.pdf(7)les Petits Débrouillards http://lespetitsdebrouillards.org/?rub=actus
(8) Association 4D http://www.association4d.org/our-life-21/our-life-21-les-modes-de-vie/

PUBLIC + PARIS_English Edition.pdf

PUBLIC + PARIS_French Edition.pdf