Evaluation de la mise en œuvre de la loi n° 2017-399 du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre

Evaluation de la loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre

Le drame du Rana Plaza au Bangladesh le 24 avril 2013 a déclenché une réaction mondiale. Même si la prise en compte des enjeux sociaux, environnementaux et sociétaux par les entreprises existait déjà, tout comme les cadres et guides publiés par les organisations internationales (OCDE, ONU, OIT), l’opinion publique a réclamé que les entreprises multinationales assument pleinement leurs responsabilités dans une économie mondialisée.

En France, des ONG, des syndicats et les élus ont voulu aller plus loin que la « soft law » en militant pour la création d’une obligation légale. Après un parcours heurté, la loi n° 2017-399 du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre a été adoptée.

Cette loi s’applique aux entreprises et groupes qui emploient deux années consécutives plus de 5 000 salariés en France ou plus de 10 000 en France et à l’étranger. Ils doivent établir, publier, respecter et évaluer un Plan de vigilance qui vise à identifier les risques et à prévenir les atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l’environnement dans toute leur sphère d’influence, les filiales comme les sous-traitants « en relation commerciale établie », ce qui représente des dizaines voire des centaines de milliers d’entreprises pour un seul groupe français.

La Loi liste les cinq volets du Plan de vigilance :

– une cartographie des risques ;

– des procédures d’évaluation régulière de la situation des filiales, des sous-traitants ou

fournisseurs ;

– des actions adaptées d’atténuation des risques et de prévention des atteintes graves ;

– un mécanisme d’alerte et de recueil des signalements ;

– un dispositif de suivi des mesures et d’évaluation de leur efficacité.

L’articulation avec les autres obligations, notamment de déclaration de performances extra-financières, touchant à de multiples enjeux depuis 2002, et de lutte anti-corruption, n’est pas simple car les limites de chacune diffèrent et les entreprises voient ainsi s’accroître d’année en année le poids de ces obligations de « reporting ».

Le passage de la « soft law », reposant sur le volontariat, à la Loi a des conséquences lourdes pour les entreprises et peut conduire à des recours judiciaires et à des sanctions. Les premières mises en demeure ont été déposées et tous les recours devront être suivis de près pour en analyser la portée.

Les études existantes et les analyses de la mission montrent que certaines entreprises ne respectent pas encore formellement le Devoir de vigilance alors que d’autres jouent bien le jeu et ont été récompensées publiquement par des évaluations et un Prix.

Les forces de la Loi se révèlent notamment dans la gouvernance plus élevée du Devoir de vigilance, par rapport à celle d’autres politiques comme la Responsabilité sociétale des entreprises, mais aussi dans des efforts pour utiliser des référentiels pertinents (ceux de l’OIT, de l’OCDE et de l’ONU sur les Droits de l’homme et les entreprises multinationales, notamment), adapter des outils préexistants ou en créer de nouveaux pour son application.

Quelle stratégie pour l’intelligence artificielle?

L’intelligence artificielle, ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est l’ampleur de l’enjeu économique qu’elle représente. En raison des plus grandes capacités à collecter les données. Car c’est là-dessus que tout repose. Les intelligences artificielles ce sont ces applications qui observent, analysent et interprètent des données. Vous y avez probablement déjà recours au quotidien, dès que vous utilisez un site marchand, des réseaux sociaux, une application GPS ou encore un assistant vocal etc. Et le nombre de tâches automatisables ne cesse de se démultiplier : chaque jour, un nouvel usage apparaît.

L’idée générale de la Commission européenne, c’est de réguler de manière proportionnelle au risque : plus l’utilisation sera dangereuse, pour la santé, la sécurité ou les droits fondamentaux, plus les règles seront strictes . Quatre secteurs critiques sont définis : la santé, les transports, la police et la justice. Sur l’enjeu essentiel de la reconnaissance faciale, nous en parlions dans une précédente Bulle, Bruxelles a finalement renoncé à un moratoire, qu’elle avait un temps envisagé.

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/donnees-et-intelligence-artificielle-comment-leurope-veut-rattraper-son-retard/?utm_source=EURACTIV&utm_campaign=48ad379cfd-RSS_EMAIL_FR_InfosDeLaSemaine&utm_medium=email&utm_term=0_c59e2fd7a9-48ad379cfd-114979107

Quelle stratégie pour l’intelligence artificielle?

Biomimétisme et biodiversité

Donner à la bio-inspiration une vision écosystémique et holistique, car la biodiversité n’est pas seulement une richesse en organismes et en espèces, mais inclut également les interactions entre les espèces au sein d’un écosystème ;

S’interroger sur le modèle économique sous-tendu par une innovation et ses incidences en cascade sur les chaines de valeurs et la biodiversité, de ce fait s’interroger sur l’évaluation des innovations, en intégrant la dimension sociale, institutionnelle, les questions de durabilité, les impacts sur le capital naturel, la résilience face aux perturbations ;

ne pas avoir une confiance exagérée dans le potentiel de progrès technologiques car il peut parfois être plus générateur de problèmes que de solution.

Alors que le déclin de la biodiversité découlant de fortes pressions d’origine anthropique est largement confirmé par la science, l’Homme n’a jamais autant qu’aujourd’hui tiré profit de la biodiversité tant pour en exploiter la biomasse, que comme source d’inspiration. De nombreuses réalisations découlent de ce que l’on appelle le « biomimétisme » qui propose de s’inspirer de la Nature et de ses 3,5 milliards d’années d’évolution pour innover, optimiser des procédés existants ou copier les éléments et processus naturels, avec parfois des retombées économiques considérables.

Afin de comprendre les enjeux et les risques de cette approche relativement récente de l’exploitation du monde vivant, la FRB a été missionnée par le ministère de la transition écologique et solidaire pour réaliser une veille scientifique et identifier ainsi les menaces et opportunités actuelles du biomimétisme pour la biodiversité.

 Le rapport issu de ce travail de veille et un résumé de ce document sont disponibles dans les ressources téléchargeables ci-dessous.

Par : Hélène Soubelet, directrice de la FRB, et Jean-François Silvain, président de la FRB

Relecture : Sébastien Barot, chercheur à l’IRD et vice-président du Conseil scientifique de la FRB, Philippe Grandcolas, directeur de recherche au CNRS et membre du Conseil scientifique de la FRB, et François Sarrazin, professeur de Sorbonne université et président du Conseil scientifique de la FRB

Biomimétisme et biodiversité | Fondation pour la recherche sur la biodiversité

LesTatiesFlingueuses (@Flingueuses) vous parlent des #ElectionsMunicipales.

LesTatiesFlingueuses (@Flingueuses) vous parlent des #ElectionsMunicipales.

Les dimanche 15 et l22 mars, vous êtes appelé e à voter pour le/la futur e maire de votre commune. Le thème de l’#environnement est désormais central et les candidats/candidates  font beaucoup de promesses. Mais quels sont vraiment les pouvoirs et compétences des #mairies sur ce sujet ? Que peut faire le/la #maire pour lutter efficacement contre le #dérèglementclimatique ? Avec qui ?

Fanny et ses Taties flingueuses répondent  sans concession à ces questions, en déconstruisant la communication autour de l’environnement.

Vous pouvez aussi suivre les Taties Flingueuses :

– sur Itunes  https://lnkd.in/dNG4XHS

– sur Spotify  https://lnkd.in/dEjUEwR

– sur Twitter :  https://lnkd.in/dnK7Z9v

https://podcast.ausha.co/taties-flingueuses/les-taties-flingueuses-episode-10-municipales-un-maire-peut-il-efficacement-lutter-contre-le-rechauffement

Finance verte : un besoin de boussole

Finance verte : un besoin de boussole

Jean-Guillaume Péladan, gérant et responsable de la stratégie environnementale chez Sycomore AM

Année après année, la « vérité qui dérange », du nom du film d’Al Gore de 2006, nous rattrape un peu plus. Devant l’urgence croissante de la crise environnementale et climatique, la finance s’est lancée depuis quelques années dans une course à l’intégration des critères extra-financiers, dits ESG pour environnement, social et gouvernance. Nous avons plus que jamais besoin de boussole.

Or, dans la finance, les systèmes de notation environnementale sont très nombreux, car chaque fournisseur de données ou de services possède le sien, le plus souvent un modèle propriétaire peu transparent. Les études menées pour les comparer ne montrent en général pas de corrélation entre elles, ni avec les impacts environnementaux. Quant à la plus utilisée, l’empreinte carbone, elle produit des chiffres qui s’avèrent utiles pour les producteurs d’énergie, mais pas pour tous les autres métiers. De plus, elle est, par construction, aveugle aux externalités environnementales qui affectent la résilience des écosystèmes, l’eau, la qualité de l’air ou la biodiversité, ce qui la rend trop simpliste. Alors que faire ?

Simplifier mais pas trop

Face à ce défi, science et bon sens sont de bons guides. La science nous indique que nous savons déjà beaucoup de choses : nous avons cumulé, depuis des décennies, des informations sur les impacts environnementaux des produits et des services grâce à l’analyse de cycle de vie et à de nombreuses études indépendantes. Cette masse d’informations est de plus en plus accessible à tous grâce à des labels certifiés par des tierces parties, visibles jusque sur les produits que nous achetons, sous l’œil vigilant des ONG. Ainsi, nous savons que prendre l’avion fait exploser notre bilan carbone personnel, qu’il est préférable de prendre son vélo ou les transports en commun, qu’il vaut mieux manger des lentilles que du bœuf, etc. Le bon sens nous dit qu’on devrait arriver à produire une boussole pour les investisseurs pour distinguer le vert du gris ou du marron, et même les 50 nuances de vert qu’appelle de ses vœux le très emblématique Gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney.

La NEC pour Net Environmental Contribution est née en 2015 de cette démarche. Elle agrège les informations disponibles sur les principaux impacts environnementaux d’une activité économique pour produire un indicateur permettant de mesurer simplement le degré d’alignement de cette activité avec la transition environnementale sur une échelle unique graduée de -100% à +100%. Le 0% correspond à la moyenne de ce que l’économie mondiale offre et aussi aux activités économiques qui ont un impact environnemental limité telles que la santé ou la communication.

Le +100% correspond aux activités à fort impact environnemental alignées avec la transition et avec les objectifs internationaux de lutte contre le réchauffement climatique : la réutilisation et le recyclage, une bonne partie des énergies renouvelables, les légumes bio, le train, le vélo, les transports en commun ou l’auto-partage, les maisons en bois bien isolées, etc. A contrario, le – 100% correspond aux activités à fort impact environnemental qui font obstruction à la transition environnementale et climatique : l’extraction du charbon et ses utilisations énergétiques, l’exploitation de sables bitumineux et du pétrole de schiste, l’élevage intensif de bovins, le transport aérien courte distance, etc. Entre les deux s’échelonnent toutes les nuances de vert pour les NEC positives et les nuances de marron pour les négatives.

Ce qui n’est pas mesuré n’est pas géré

La NEC mesure donc la contribution environnementale nette à un instant donné pour une activité économique donnée. Elle constitue donc un outil de transparence et de conformité. En prenant en compte les informations disponibles sur les principaux impacts environnementaux, elle mesure de façon plus complète le degré d’alignement à la transition verte. Elle évalue les risques et les opportunités de transition, ce qui fait partie du travail de base d’un investisseur. Elle permet aussi de rendre des comptes en publiant les NEC des produits financiers et de leurs indices de référence, notamment dans le cadre des recommandations internationales de la TCFD (Taskforce for Climate-related Financial Disclosures) ou de l’article 173 de la loi française sur la Transition Energétique pour la Croissance Verte.

La NEC permet aussi de structurer le dialogue avec les entreprises investies en questionnant leur positionnement stratégique et leur trajectoire. Enfin, la NEC sert également à asseoir des stratégies d’investissement responsable et d’impact investing, en permettant de trier les actifs sélectionnés, comme dans le fonds actions Sycomore Eco Solutions, le premier en France à recevoir le label Greenfin, et où seules les entreprises à NEC strictement positives sont éligibles. Chez Sycomore AM, la NEC est systématiquement intégrée dans l’analyse extra-financière et dans les reportings depuis 2018.

Le choix de la coopération ouverte à tous

Pour développer notre outil, nous avons décidé dès 2018, avec nos partenaires Quantis et I Care & Consult, d’ouvrir notre démarche à tous les pionniers en lançant l’Initiative NEC. Accessible à tous sur www.nec-initiative.org depuis septembre 2019, il s’agit d’une plateforme précompétitive permettant de partager et mutualiser l’effort de publication, de R&D, de pédagogie, de formation et de mise à jour. Elle est ouverte à tous les acteurs de la finance, aux institutions comme l’OCDE, aux chercheurs, aux ONG, et aux entreprises elles-mêmes, qui veulent établir leurs NEC actuelles et futures. Plus les modèles d’affaires sont compacts, plus la NEC est simple à calculer. Ceci facilite considérablement son utilisation par les petits projets et les PME, qui représentent la majorité de l’économie et concentrent beaucoup de contributeurs à la transition environnementale. Notre conviction est qu’une métrique n’a d’avenir que si elle est transparente, globale et open source et que la coopération n’est plus une option, mais une nécessité.

Références

Arnault, P. et al. (2018), Is the transition risk material? Testing the Net Environmental Contribution™ metric on a universe of listed European equities, https://nec-initiative.org/publications-2/

Carney, M. (2019), Remarks given during the UN Secretary General’s Climate Action Summit 2019, https://www.bankofengland.co.uk/-/media/boe/files/speech/2019/remarks-given-during-the-un-secretary-generals-climate-actions-summit-2019-mark-carney.pdf

Hawley, J. (2017), ESG Ratings and Rankings: All over the Map. What Does it Mean?, https://www.truvaluelabs.com/wp-content/uploads/2017/12/ESG-Ratings-and-Rankings-All-Over-the-Map.pdf

Le reporting extra-financier des investisseurs : Le cadre réglementaire français, https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/reporting-extra-financier-des-investisseurs

Sustainable finance for investing in a low-carbon European electricity sector, http://www.ceem-dauphine.org/assets/dropbox/CEEM_Conference_Sustainable_Finance_in_the_Electricity_Sector%2C_Dauphine%2C_230919.pdf

Task force on climate-related financial disclosures, https://www.unepfi.org/climate-change/tcfd/

http://m.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/4336/Finance_verte_:_un_besoin_de_boussole.html

BONHEUR, SENS DU TRAVAIL ET RAISON D’ÊTRE : LE REGARD DES SALARIÉS FRANÇAIS SUR L’ENTREPRISE

82% des salariés considèrent que l’entreprise est responsable de leur bonheur. Alors qu’à Davos, les grandes entreprises multiplient les engagements planétaires, un sondage IFOP pour Philonomist montre que les salariés français demandent à l’entreprise de se recentrer sur ses missions premières, de « cultiver son jardin ». Ils expriment en même temps une forte demande, insatisfaite, de bonheur, de reconnaissance, d’association aux décisions, et de sens.

Pour les Français, ce n’est pas à l’entreprise de résoudre les dérèglements mondiaux. Ils jugent, à une écrasante majorité, l’Etat plus crédible face au réchauffement climatique, aux inégalités, ou à la pauvreté. Quant à la « raison d’être », promue par la loi Pacte, ils en ont aussi une vision très classique : avant tout « servir ses clients » (35%) ou « faire du profit » (34%), mais 12% toutefois répondent « rendre le monde meilleur ».

Les salariés français seraient-ils des disciples de Milton Friedman, qui pensait que « la seule et unique responsabilité sociale de l’entreprise, c’est d’accroître ses profits » ? Ce serait faire une lecture très partielle car les répondants expriment aussi une grande frustration, et une très grande demande inassouvie de bonheur, de reconnaissance, d’implication et de sens.

Frustration d’abord : 49% se disent parfois amenés à agir contre leurs valeurs, 46% se disent parfois infantilisés par leur hiérarchie. Et si l’on transpose la vision du travail de Hannah Arendt dans la Condition de l’homme moderne, entre le « labeur » (aliénant car toujours recommencé), l’« œuvre » (dont le résultat est visible), et l’« action » (qui change le monde), 28% seraient dans le labeur, « pris dans un flux dont ils ne voient pas le résultat ».

Mais cette frustration est l’envers d’une attente considérable. 82% estiment l’entreprise responsable du bonheur de ses salariés. Or cette attente n’est pas purement hédoniste : elle est associée à un engagement dans le collectif. Ainsi 77% voudraient que l’entreprise fonctionne comme une démocratie pour ses salariés, et 58% s’estiment liés à l’entreprise au-delà du contrat de travail. Enfin, 37% seraient prêts à gagner moins en échange d’un travail qui ait un sens.

Ces résultats confirment l’expérience rencontrée sur le terrain, en entreprise, par Philonomist.lab. Faire entrer la philosophie en entreprise n’est plus perçu aujourd’hui comme une étrangeté, mais plutôt comme une nécessité. Les collaborateurs demandent à être traités en adultes, à débattre de la finalité de leurs actions, et plus seulement à exécuter. De leur côté les directions veulent partager le savoir et inciter les collaborateurs à poser les bonnes questions.

Plaidoyer pour un numérique au service de l’environnement

 

La révolution numérique bouleverse nos entreprises et transforme radicalement nos modèles. Cette évidence, inconcevable il y a 20 ans, est irréversible : sans numérique, le monde ne fonctionne plus. Pour ceux qui, comme moi, ont fait de cette transformation leur combat, c’est une victoire.

Ces transformations à grande vitesse alimentent pourtant les fantasmes d’une alinéation de l’Homme par les nouvelles technologies. Cette défiance, bien que stérile et menaçant même les nouveaux horizons offerts par la technologie, doit nous alerter. Car pèsent aujourd’hui sur les acteurs de la transition numérique des responsabilités qui vont de pair avec le rôle qu’ils jouent désormais, notamment sur l’environnement. Alors que la COP25 s’est achevée sans avancée majeure, il est indispensable de quitter la sempiternelle case diagnostic pour passer à l’action, et vite.

Le numérique est tout d’abord un formidable outil au service de la transition écologique. Il est le levier indispensable d’une économie décarbonée. Les acteurs du numérique proposent chaque jour des solutions innovantes pour aider les industries et les territoires dans leur trajectoire-environnement. Les résultats sont là. Syntec Numériquea conduit une étude avec le groupe Caisse des Dépôts et les pôles de compétitivité Advancity et Systematic Paris-Région qui mesure concrètement les retombées socio-environnementales du numérique dans 5 projets de « ville intelligente ».

Au-delà de la technologie, le numérique a permis de faire émerger de nouveaux modèles économiques, davantage fondés sur l’usage que sur la possession, sur le service que le produit. Ces fondements sont ceux d’une économie circulaire au service de l’environnement et d’une croissance plus durable.

Mais le numérique doit aussi balayer devant sa porte en réduisant son empreinte environnementale. S’il est difficile de mesurer cet impact sur l’environnement, celui-ci est incontestable.

The Shift Project chiffre à 4% sa part dans les émissions de gaz à effet de serre et anticipe un potentiel doublement de cette part d’ici 2025. Le numérique joue aussi un rôle dans l’épuisement des ressources naturelles et la pollution de l’air et du sol du fait de l’extraction des matières premières et de leur transformation en composants électroniques.

La multiplication des objets numériques, leur cycle de vie et l’usage que nous en faisons génèrent donc un impact négatif croissant sur l’environnement. Pour contrer cette tendance, nous en appelons autant à la responsabilité des utilisateurs qu’à celle des industriels du hardware et du software. Il faudra donc jouer sur ces deux leviers.

Accompagner les utilisateurs signifiera sensibiliser et « acculturer » les citoyens quant aux conséquences sur l’environnement de leurs comportements numériques. La tâche ne sera pas aisée. Selon un sondage de l’Observatoire du Numérique BVA/Digital Society Forum en 2019, seuls 27 % des Français se considèrent bien informés concernant l’impact du secteur sur l’environnement. Cet effort d’information et de pédagogie est indispensable pour que les utilisateurs du numérique puissent faire évoluer correctement leurs usages.

Accompagner les industriels impliquera de les fédérer. Dès la COP21, les industriels du numérique se sont mis en marche pour mesurer et réduire leur impact. Néanmoins, ces initiatives, bien que nombreuses, demeurent encore trop individuelles et n’embarquent pas toutes les entreprises, notamment le tissu des PME et TPE.

C’est pourquoi, nous avons décidé de mobiliser nos 2000 entreprises adhérentes pour partager leurs bonnes pratiques, réduire leur empreinte environnementale et travailler à la construction d’un indicateur référent pour le secteur.

Cette démarche traduit un engagement politique fort du secteur pour un numérique plus inclusif, plus éthique et plus éco-responsable.

Comme nous le rappelle le célèbre essayiste environnementaliste Pierre Rabhi, « nous devons ensemble faire notre part » pour faire converger les transitions numérique, sociétale et environnementale.

Nous nous devons d’être les premiers concernés. C’est cette exemplarité qui nous permettra d’accompagner de manière crédible les autres secteurs de l’économie vers un modèle plus durable.

Catégories : Opinions

A lire aussi : [Dossier] Ethique & Numérique : des entreprises plus responsables ?

A lire aussi :Six solutions pour répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux

https://www-alliancy-fr.cdn.ampproject.org/c/s/www.alliancy.fr/opinions/entreprises/2020/01/27/plaidoyer-pour-un-numerique-au-service-de-lenvironnement/amp

Non, il ne faut pas combattre la «fracture numérique»

Non, il ne faut pas combattre la «fracture numérique»

Par Taoufik Vallipuram (Libération)

L’emploi de ce concept pointe un mal que seules des solutions numériques seraient à même de soigner… alors que le problème se situe dans le rapport à l’école, à l’information ou dans la réduction des effectifs de la fonction publique.

Tribune.Popularisé en 1996 par Bill Clinton qui parle de «digital divide»,le concept de «fracture numérique» est dès ses origines marqué par une forte empreinte idéologique et s’inscrit en France dans la lignée de la «fracture sociale». Bien que contestée par la plupart des chercheurs, la notion revient fréquemment dans le débat public. L’emploi abusif de cette expression est loin d’être sans conséquence. C’est ce que nous démontrons à l’issue de l’exploration Capital numérique, une étude qui s’est intéressée aux pratiques numériques d’habitants de quartiers prioritaires.

Parler de fracture numérique, c’est adopter une vision simpliste, binaire et donc tronquée de la réalité. Il y aurait d’un côté des inclus et de l’autre des exclus. Pourtant, le manque de sensibilisation aux enjeux de la société numérique est généralisé. Comprendre pourquoi il faut maîtriser ses traces sur Internet, son identité numérique, protéger sa confidentialité, et être ensuite capable de le faire. Ce sont autant d’actions qui dépassent tous les Français, alors même que leurs pratiques numériques ne cessent de se diversifier, y compris dans les classes populaires.

Les habitants des quartiers «Politique de la ville» que nous avons rencontrés au cours de l’étude Capital numérique ne sont pas en reste. Facebook, Snapchat ou WhatsApp sont utilisés tant pour communiquer, s’informer que pour apprendre au quotidien, même par des personnes ne sachant ni lire ni écrire. Certains habitants rencontrés se rendent sur YouTube pour apprendre le français. Est-ce à dire que ces habitants ne rencontrent pas de difficultés quand ils ont recours à certains services numériques ? Non, évidemment. Mais leurs difficultés ne sont pas celles que l’on croit. Rémi, 24 ans, né en France, ne parvient pas à retrouver ses mots de passe ni à accéder à ses nombreuses boîtes mails sur son smartphone. Pourtant, il utilise tout aussi bien sa PlayStation 4 pour jouer que pour accéder à des services en ligne comme Netflix. Ce qui est le plus bloquant pour lui, c’est d’être isolé. Il ne travaille pas et a peu d’amis : il a un usage très occasionnel des mails et des messageries instantanées. Pour Makatouch, travailleur migrant de 37 ans, ce n’est pas son réseau de sociabilités qui pose problème. Il cumule deux activités professionnelles et vient de lancer une chaîne YouTube proposant une actualité différente sur son pays d’origine. Pourtant, il a besoin d’aide pour demander le renouvellement de son titre de séjour en ligne. Sa principale difficulté, c’est de lire et écrire en français.

Parler de fracture numérique, c’est pointer du doigt un mal que seules des solutions numériques seraient à même de soigner. Mais ce n’est pas le numérique qui renforcera la confiance de Rémi et Makatouch en eux-mêmes, et encore moins à l’égard des institutions. Même constat avec des collégiens et collégiennes de 9 à 14 ans. Pour eux qui maîtrisent Wikipédia mais ne voient son utilité que dans un cadre scolaire (comme le dictionnaire), les difficultés ne sont pas d’ordre numérique. Elles tiennent d’abord au rapport à l’école et à l’information. Ainsi, les collégiennes interrogées affirment ne pas lire alors qu’elles passent des heures sur l’application Wattpad, à lire des nouvelles de plus de quinze chapitres. Les maux sont plus profonds ; ils sont ancrés dans leurs représentations. Pour espérer y répondre, on ne peut pas se contenter de distribuer des tablettes dans les collèges. On ne peut pas agir en surface.

Parler de fracture numérique, c’est donc essentialiser les difficultés et supposées lacunes des personnes sans interroger les mécanismes de leur (re) production. On place les dysfonctionnements du côté des utilisateurs, pour lesquels on déploie des programmes d’«inclusion» et de «pédagogie», sans s’intéresser à la façon dont les services, interfaces et dispositifs d’accompagnement numérique sont conçus. Prennent-ils en compte les situations des personnes ? Répondent-ils à leurs besoins ?

Prenons l’exemple de la dématérialisation. Loin de simplifier les démarches administratives, elle numérise leur complexité. L’écrit est toujours prépondérant, le langage administratif, complexe, et les interfaces peu ergonomiques. Cette numérisation-là, doublée d’une fermeture progressive des guichets d’accueil physiques, génère de la solitude et de l’anxiété pour des millions de citoyens qui ont besoin d’être rassurés. Avec pour conséquence le non-recours à leurs droits.

Le corollaire de cette dématérialisation, c’est un recours de plus en plus fréquent à des volontaires en service civique, des travailleurs de courte durée et parfois même des bénévoles pour faire de la «médiation numérique» – au guichet ou lors de formations ad hoc. Sur le terrain, ces aidants viennent surtout en renfort des travailleurs sociaux débordés par la réduction des effectifs et l’envol de leur périmètre d’activité sur un volet «numérique» qu’ils maîtrisent peu. Mais sont-ils seulement armés pour ? Leur manque de formation aux enjeux du numérique, au travail social, aux démarches administratives et à la pédagogie ne leur permet pas de véritablement autonomiser les personnes.

C’est pourquoi nous demandons une politique ambitieuse de maillage du territoire par des lieux physiques avec un accueil par des professionnels, formés au métier. Car dans une société qui se numérise à marche forcée, l’accompagnement numérique ne peut pas s’improviser. Surtout, nous appelons à une véritable éducation aux enjeux de la société numérique tout au long de la vie, qui ne se limite pas à savoir utiliser quelques outils ou services numériques. Car comprendre les enjeux de la numérisation de la société, c’est avoir les clés pour moins la subir.

Taoufik Vallipuram cofondateur du Lab Ouishare x Chronos et Connector Ouishare. Bénévole associatif au sein de quartiers populaires.

https://www-liberation-fr.cdn.ampproject.org/c/s/www.liberation.fr/amphtml/debats/2019/12/29/non-il-ne-faut-pas-combattre-la-fracture-numerique_1771308

«Greenwashing»: un manuel pour déceler le vert du faux

Vraie démarche #écologique ou simple ruse #marketing? C’est la question que se posent chaque jour les journalistes de la rédaction #LeTemps , toutes rubriques confondues, face à la moisson de communiqués de presse qui vantent la fibre écologique des entreprises, mais aussi des institutions, voire des gouvernements.

La rhétorique de #préservation de l’#environnement est désormais omniprésente dans le discours public, elle capte l’attention des électeurs et des #consommateurs. Parfois, elle relève du #greenwashing, une pratique qui consiste à utiliser l’argument écologique dans le seul but d’améliorer son image

Et n’oubliez pas d’écouter les Taties Flingueuses

Dans ce 9e épisode #LesTatiesFlingueuses parlent  des #allégationsenvironnementales. Dans la jungle des #labelsenvironnementaux, les taties et Fanny font le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux dans la communication des #entreprises sur l’#environnement.

Le #zérocarbone n’existe pas

#organique n’est pas forcément #bio

#labels #normes

#information #communication #vigilance

«Greenwashing»: un manuel pour déceler le vert du faux

Numérique : cliquer, c’est polluer

Numérique : cliquer, c’est polluer

Car le numérique ne fait pas que consommer de l’électricité : pour fonctionner, nos objets connectés ont besoin de métaux dits “rares”. “On dénombre une trentaine de métaux rares tels que l’indium, le gallium ou encore les terres rares, qui sont une classe de métaux rares”, explique Guillaume Pitron, journaliste spécialiste de la géopolitique des matières, dans une interview à l’Agence française de développement. Les terres rares regroupent une quinzaine de métaux : le cobalt, le tungstène, le tantale, etc. Tous ces matériaux possèdent des propriétés magnétiques très recherchées par l’industrie du high-tech mais il y a un problème : ils sont inégalement répartis sur la planète et leur production est polluante, en plus d’être peu rentable.

“Les conditions d’exploitation et de production des terres rares sont sujettes à controverse”, exposait un chimiste dans Libération en mai 2019, ces minerais étant très difficiles à valoriser.

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-face-cachee-numerique.pdf

https://www.franceculture.fr/numerique/le-cout-ecologique-du-numerique

Le numérique est tout sauf virtuel

Ecoutez aussi Les Taties flingueuses @flingueuses

L’Épisode sur le numérique est tout sauf virtuel

https://lnkd.in/dGtN3AW