Le Conseil national du numérique sert-il à quelque chose ?

Le Conseil national du numérique sert-il à quelque chose ?

 

En pause depuis la démission collective de ses membres en toute fin d’année dernière, le Conseil national du numérique (CNNum) est à un nouveau moment charnière de son existence. Souhaité par Nicolas Sarkozy en 2011, il a en 7 ans survécu aux changements de gouvernements et accompagné l’évolution de la prise en compte du numérique au sein de l’administration française. Une acculturation qui n’est pas allé sans heurts, polémiques, et autres refontes. Si le cabinet du secrétaire d’Etat au numérique nous assure vouloir « relancer le Conseil le plus vite possible », il nous a semblé intéressant de s’interroger sur sa pertinence à l’heure où le numérique irrigue et impacte l’ensemble du champ social. Et sur les moyens d’augmenter son impact sur la prise de décision gouvernementale sur le champ, de plus en plus étendu, du numérique.
On n’a jamais autant entendu parler du Conseil national du numérique qu’au mois de décembre 2017. L’instance en charge de conseiller le gouvernement sur les questions touchant au monde merveilleux du numérique s’est en effet trouvée au coeur d’une tempête médiatique comme la France crispée sur les questions d’identité sait depuis quelques temps en produire. Dans l’oeil du cyclone : la nomination de Rokhaya Diallo par la toute nouvelle présidente du CNNum, Marie Ekeland.

Pourtant approuvée par Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat en charge du numérique et ancien président du Conseil national du numérique, la présence de la militante anti-raciste qui se définit elle-même comme « abrasive » a provoqué une fronde qui conduira à la démission collective du plus éphémère CNNum. En cause notamment, ses prises de position sur un potentiel « racisme d’Etat ».
« Il faut que l’Etat organise sa capacité réflexive sur le numérique. Et aujourd’hui, on peut et il faut faire mieux »
Marie Ekeland, plus éphémère présidente du CNNum, ici au Web Summit en 2012 (CC FlickR)
Avant la nomination d’un nouveau collège, Usbek & Rica se penche sur l’utilité d’une instance consultative sur laquelle est censé s’appuyer le gouvernement sur des sujets qui impactent le futur. Et sur de potentiels axes d’amélioration. Car, comme on le relève au cabinet de Mounir Mahjoubi, « il faut que l’Etat organise sa capacité réflexive sur le numérique, puisqu’il touche à tous les sujets transversaux et essentiels : emploi, formation, éducation… Et aujourd’hui, on peut et il faut faire mieux. »

Premières consultations
Chargé par un décret publié en 2011 « d’éclairer le Gouvernement et de participer au débat public dans le domaine du numérique », le Conseil national du numérique a réussi à s’imposer dans le fameux « écosystème » du numérique français. Articulé autour de membres bénévoles et d’une petite équipe de permanents, le Conseil a fait son trou. Son secrétaire général de 2012 à 2015, l’avocat Jean-Baptiste Soufron, nous le confirme : « C’est une institution intéressante. Créée sous la droite et maintenue par la gauche, elle a bien résisté, pris de l’ampleur et prouvé son utilité tout en gardant une bonne image ».
Un petit exploit, si l’on se remémore les critiques qui lui étaient adressées à ses débuts. Voulu par un Nicolas Sarkozy qui avait à l’époque pour ambition de civiliser Internet, porté par Eric Besson, secrétaire d’Etat à l’économie numérique de l’époque, le premier Conseil national du numérique est purement et essentiellement économique.
L’acte de naissance du CNNum par Nicolas Sarkozy, sous les dorures de la République, en 2011 (CC FlickR)
Ses 18 premiers membres, parmi lesquels l’actuel digital champion Gilles Babinet ou encore Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, sont tous issus du petit milieu de l’économie numérique. Autre particularité légèrement dérangeante : le Conseil est à cette époque rattaché directement au président Sarkozy. Difficile dans ces conditions de revendiquer son indépendance : le CNNum fait office de cache-sexe numérique d’un quinquennat Sarkozy peu porté sur la transversalité des technologies, qui pénétraient pourtant déjà toute la société, de la culture à la santé en passant par une reconfiguration rapide de l’espace public.
« On s’était assuré que le Conseil puisse s’autosaisir sur tous les sujets »
Le mandat de François Hollande a été l’occasion d’un élargissement des champs d’intervention du Conseil. Sur la forme également, les choses ont évolué. « Fin 2012, il a fallu rédiger un nouveau décret, parce que les missions s’étaient précisées, nous confie Jean-Baptiste Soufron, l’un des artisans de cette évolution. On s’était assuré que le Conseil puisse s’autosaisir sur tous les sujets, on avait élargi le nombre de membres et on avait ajouté des notions économiques et sociétales ». Les membres, tous bénévoles, sont portés à 30, et l’équipe de permanents augmente progressivement, pour atteindre aujourd’hui la dizaine de personnes. Car le CNNum, ce n’est pas qu’un cercle d’influence composé de membres sélectionnés pour leurs parcours ou expertise, c’est aussi une équipe de fonctionnaires oeuvrant dans les soutes à la bonne tenue des réunions, débats, et à la publication des avis.
Sous la présidence de Benoît Thieulin, ancien de la campagne « Désirs d’avenir » de Ségolène Royal et patron de la Netscouade, une agence de communication numérique, le Conseil reste à dominante économique, mais intègre des entrepreneurs ayant une sensibilité plus en accord avec celle de la nouvelle majorité. Niveau structurel, l’organe consultatif descend d’un cran, et ne dépend plus du Président, mais du Premier ministre.

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Mounir Mahjoubi (à gauche), en grande conversation avec Nicolas Sarkozy au cours du lancement du Conseil national du numérique en 2011 (CC FlickR)

Ce qui ne l’empêchera pas d’exprimer à plusieurs reprises son opposition à certaines dispositions inclues dans des projets de lois portés par le gouvernement, notamment sur les questions de surveillance. Les débats autour de la loi renseignement de 2015 sont l’occasion pour l’instance de s’inquiéter publiquement d’une « extension de manière significative du périmètre de la surveillance, sans que cette extension ne s’accompagne de garanties suffisante en termes de libertés ». Fin 2016, ses membres se saisissent du projet de fichier TES, sans que le gouvernement ne leur demande. Piloté par Mounir Mahjoubi, l’avis est on ne peut plus clair : le fichier biométrique « laisse la porte ouverte à des dérives aussi probables qu’inacceptables ». Le fichier des titres électroniques sécurisés sera finalement adopté en 2017, mais le CNNum a affirmé son utilité, en apportant sa pierre au débat public sur le sujet.
Indépendance en question
Avec l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les craintes s’accumulent autour de la pérennité de l’organe consultatif. En cause : la démission en janvier 2017 du nouveau président du CNNum pour participer à la campagne du ministre de l’Economie. Son nom ? Mounir Mahjoubi, aujourd’hui secrétaire d’Etat au numérique. De quoi apporter de l’eau au moulin de celles et ceux qui ne voient que dans le Conseil national du numérique un marchepied vers de plus hautes fonctions.
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Ghislaine Hierso, membre du CNNum sous la présidence Mahjoubi

Le CNNum version Mahjoubi est marqué par une volonté d’ouverture, et notamment à la fameuse « société civile ». Ghislaine Hierso en était. Celle qui se définit comme « une personne d’influence » a plusieurs cordes à son arc : « Présidente des Petits Débrouillards (aujourd’hui Trésorière ), une association présente depuis plus de 30 ans dans l’écosystème de l’éducation aux sciences et techniques dont le numérique, je représentais notamment le monde associatif, les collectifs citoyens tout en connaissant bien le monde institutionnel et de l’entreprise ».
« Les débats ont été percutants, notamment autour de l’accompagnement de certaines missions et de l’indépendance du CNNum »
Si son « expérience a été excellente », elle avoue que « les débats ont été percutants à certains moments, notamment autour de l’accompagnement de certaines missions et de l’indépendance du CNNum. Même si l’indépendance d’une telle instance est toujours toute relative ». Relative, mais nécessaire pour mener leurs travaux et rendre leurs avis dans un climat apaisé.
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Le député et mathématicien Cédric Villani, CCWikimedia Commons
La mission sur l’intelligence artificielle confiée par le Premier ministre au député En Marche Cédric Villani, a fait grincer les dents de quelques membres du Conseil. En cause ? La mobilisation du secrétariat général sur le sujet, et donc, des ressources internes au CNNum, que certains estiment déjà trop modestes. Mais c’est surtout la question de l’indépendance qui reste au centre des débats. Quand on sait que Godefroy Beauvallet a démissionné de son poste de vice-président en 2017 pour rejoindre le cabinet de Christophe Siruge, secrétaire d’Etat chargé de l’industrie, et que le très éphémère membre du CNNum version Marie Ekeland, Aymeril Hoang, est aujourd’hui directeur du cabinet de Mounir Mahjoubi, on ne peut qu’à tout le moins se poser la question.
Le CNNum un « rouage » grippé ?
« Ce n’est pas l’alpha et l’omega mais un élément important qui a prouvé à tout le monde son utilité en faisant, depuis sa création, du bon boulot, affirme Jean-Baptiste Soufron. C’est un rouage dans ce que devrait être la place du numérique dans les institutions. Le mouvement est général, et le CNNum peut et doit s’en faire l’écho. » Il est vrai que certains rapports et avis du Conseil ont fait date, et font office de référence sur certains sujets, de Ambition Numérique en 2015 à l’accompagnement de la loi pour une République numérique en passant par des avis tranchés en faveur de la neutralité du Net.
« Si on ne nomme que des start-upers, on aura des avis indépendants du gouvernement mais pas des start-upers »
Un rouage nécessaire, donc, mais suffisant ? Interrogé sur la question de l’indépendance de l’organe, son ancien secrétaire général estime que « la clé réside dans la liste des membres. À l’origine, les membres étaient très variés, et c’était ce qui garantissait l’indépendance du Conseil. Si on ne nomme que des start-upers, on aura des avis indépendants du gouvernement mais pas des start-upers. C’est tout le problème : correctement panacher les membres pour avoir des avis variés, qui se contredisent, et des opinions qui vont dans les deux sens. » Même son de cloche pour Ghislaine Hierso, qui nous affirme que « le CNNUm ne doit pas être là représentation exclusive d’intérêts privés mais de l’intérêt général ».
Du côté du cabinet de Mounir Mahjoubi, pas de révolution en ligne de mire de ce point de vue, même si on confirme vouloir reprendre l’organisation en collèges affermit par Marie Ekeland : « On repart sur les mêmes bases, fondées sur l’équilibre souhaité par le ministre avec le soutien de sa tutelle : un conseil à l’image de la société, qui s’articule autour de dix personnes du monde économique, dix chercheurs et scientifiques, et dix personnes issues de la société civile, soit des experts reconnus dans leur domaine et qui vont apporter une expertise un peu plus large. »
« On va s’appuyer sur l’équipe de permanents telle qu’elle existe »
Cette organisation en collèges, déjà formalisé par Marie Ekeland, l’éphémère présidente, sera donc reconduite. Et le cabinet nous confirme que les membres permanents le seront aussi : « On va s’appuyer sur l’équipe de permanents telle qu’elle existe. C’est une équipe jeune, très motivée, et qui a déjà travaillé sur énormément de sujet. Elle est restée très active et très mobilisée sur les différents sujets. »
Le CNNum du futur, transversal et vraiment indépendant ?
Mais l’enjeu principal se situe sans doute ailleurs : sujet transversal par excellence, le numérique impacte l’ensemble des ministères. Et beaucoup de cabinets rechignent à se saisir du CNNum, ou même à travailler en bonne intelligence avec lui, puisque chacun défend son pré carré.
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De gauche à droite : Manuel Valls, Axelle Lemaire, Benoît Thieulin Marisol Touraine et Emmanuel Macron au cours de la présidentation du rapport Ambition Numérique en 2015 (Wikimédia Commons)
Interrogé sur les moyens d’améliorer le fonctionnement de l’instance, Jean-Baptiste Soufron propose d’abord d’augmenter le nombre des membres, avant de militer pour que le CNNum puisse bénéficier « de moyens temporaires pour obtenir des infos plus rapidement auprès de l’administration. Et puis, il ne serait peut-être pas idiot que le CNNum soit représenté dans les autres instances : un de ses membres pourrait disposer d’un siège dans des autorités indépendantes comme la Cnil, l’Arcep ou le CSA. » Le rôle de lanceur d’alerte que peut parfois endosser le Conseil n’est pour lui pas l’essentiel, et l’instance devrait se focaliser sur « des questions plus larges, plus éthiques. Et sur le développement d’une stratégie française du numérique ».
« Le CNNum n’a pas seulement besoin d’indépendance, il a besoin de liberté ! »
Depuis des années, certains observateurs avisés du secteur militent pour une prise en compte plus importante du numérique au sein de l’administration. Un ministère d’Etat, sur le modèle du ministère de l’Ecologie, est une option qui en fait frétiller plus d’un. Mais pas Jean-Baptiste Soufron : « Certains voudraient lui donner plus de pouvoir, mais selon moi ce n’est pas utile : il a le pouvoir de la parole, qui dans notre démocratie est encore très important. Le CNNum n’a pas seulement besoin d’indépendance, il a surtout besoin de liberté ! »
D’autant que, comme le fait remarquer Ghislaine Hierso, les sujets ne manquent pas : « Projet de loi sur les fake news, neutralité du Net , RGPD, l’éducation au numérique, cybersécurité… Le CNNum permet de mettre les réflexions en commun, sans aborder les questions sous un seul angle d’experts mais en s’ouvrant à la société. Le tout en pensant constamment à rendre ces thèmes lisibles et visibles pour toutes et tous. »
Un renforcement des pouvoirs du Conseil ou une évolution de son fonctionnement ne semble pas à l’ordre du jour du gouvernement. La priorité étant à la relance la plus rapide possible d’un CNNum calqué sur le modèle du plus éphémère Conseil national du numérique de sa jeune histoire. Et cette fois, sans Rokhaya Diallo.

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Photographie à la Une : Au lancement du Conseil national du numérique. Rodrigo Sepulveda, CC FlickR

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https://usbeketrica.com/article/le-conseil-national-du-numerique-sert-il-a-quelque-chose

Intelligence artificielle : quelles pistes pour placer la France dans la compétition mondiale ?

Le député de l’Essonne et mathématicien Cédric Villani a présenté, avec le secrétaire d’Etat au Numérique Mounir Mahjoubi, le bilan à mi-parcours de sa mission sur l’intelligence artificielle. Avec six axes clés de travail, et l’ouverture, la semaine prochaine, d’une plateforme collaborative en ligne. Décryptage.
Quelle stratégie pour la France sur l’intelligence artificielle, qui impactera à terme tous les secteurs de l’économie et va profondément changer notre société ? Face à la pression de la concurrence internationale – les Etats-Unis et la Chine investissent à coups de dizaines de milliards et sont très en avance -, la France et l’Europe doivent agir très vite pour, sinon rivaliser, au moins tirer leur épingle du jeu.
C’est pourquoi Emmanuel Macron a confié à Cédric Villani, mathématicien émérite et député (LREM) de l’Essonne, une mission sur l’IA, dont les conclusions seront dévoilées à la fin du mois du janvier. Aidé par Marc Schoenauer, directeur de recherche à l’Inria et pointure mondiale de l’IA, Cédric Villani a rencontré ces derniers mois 250 experts (chercheurs, entrepreneurs, élus, entreprises…), venus de 13 pays. L’objectif ? “Définir une stratégie pour la France.” Ses conclusions devraient alimenter plusieurs textes législatifs et réglementaires et mobiliser tous les services de l’Etat dès 2018, afin de permettre le développement de l’IA d’un point de vue économique, à l’intérieur d’un cadre éthique et respectueux des données personnelles.
Voici les six axes de travail du rapport, présentés mercredi 29 novembre avec le secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, lors d’un point de mi-parcours. Juste avant le lancement, la semaine prochaine, d’une plateforme collaborative en ligne pour recueillir les propositions et initiatives citoyennes.
■ Mettre la puissance publique en ordre de bataille
“La compétition internationale est très intense et le chemin pour faire émerger des champions nationaux et européens de l’IA est étroit”, admet Cédric Villani. D’où la nécessité de mettre en place à la fois une politique transversale (soutenir financièrement l’innovation dans l’IA, adapter les cadres juridiques, réglementaires et organisationnels pour lever les freins) et sectorielle (traiter les impacts de l’IA secteur par secteur).
En outre, puisque l’IA s’insère dans tous les secteurs, la mission préconise de “se concentrer sur quelques secteurs clés qui constituent des niches économiques d’excellence pour répondre à des grands défis collectifs” : la santé, le transport, l’environnement et la défense. Pour chacun d’entre eux, l’Etat devra se positionner en “tiers de confiance”, en trouvant les bonnes certifications et labels, et favoriser l’émergence d’écosystèmes forts, tout en permettant aux entreprises d’expérimenter.
■ Une véritable politique de la donnée
Pilier du développement de l’intelligence artificielle, les données qui nourrissent les algorithmes d’intelligence artificielle capables de prendre des décisions qui relevaient jusqu’à présent de l’intelligence humaine, devront faire l’objet d’une “véritable politique de l’Etat”, estime le rapport, pour favoriser “l’ouverture, la mutualisation et le partage de données publiques et privées, tout en protégeant les individus”.
L’objectif : que les startups, entreprises et chercheurs aient accès à des jeux de données structurés, fiables et débarrassés des biais humains que l’intelligence artificielle pourrait reproduire. Ainsi, Cédric Villani propose de repenser la protection des données non pas autour de la collecte, qui est à la fois inévitable et indispensable, mais autour des usages. “Il faut intégrer des règles éthiques dans le développement des produits et services d’IA, secteur par secteur”, juge Cédric Villani. Les défis sont autant techniques (quel format adopter, comment stocker les masses de données en garantissant leur sécurité) que légaux (définir les données qui peuvent être utilisées).
Dans ce contexte, Cédric Villani aborde le Règlement européen sur la protection des données (RGPD), qui entrera en vigueur en mai 2018, comme un gros point d’interrogation.
“L’approche européenne, très protectrice, nous donne l’opportunité de nous démarquer. Mais certaines entreprises pourraient se paralyser à cause de ces nouvelles contraintes, si on ne leur donne pas les moyens d’en tirer profit.”
■ Anticiper et maîtriser les impacts de l’IA sur le travail et l’emploi
Les prédictions en matière d’impact de l’intelligence artificielle sur le travail sont diamétralement opposées : certains estiment que des millions d’emplois seront supprimés par l’automatisation des tâches, conduisant à un chômage de masse. D’autres prédisent la création de centaines de nouveaux métiers et misent plutôt sur un remplacement de l’emploi. D’où la nécessité de transformer les compétences et de repenser l’éducation et la formation.
“C’est probablement le sujet le plus frustrant, car très peu ont les idées claires sur comment faire”, admet Cédric Villani. Le député estime que l’Etat doit d’abord anticiper les impacts sur l’emploi, via par exemple une structure dédiée. Puis axer l’éducation sur l’acquisition de compétences numériques, de compétences cognitives générales (capacités de résolution de problème et de compréhension du langage), de capacités d’adaptation et de créativité, sans oublier les compétences autour de la “dextérité manuelle”.
“Penser que la machine va remplacer l’homme est une vision simpliste. L’IA autonome de toute intervention humaine n’est ni pour demain, ni pour après-demain. Mais la complémentarité homme/machine est source de développement économique”, estime-t-il.
■ Maîtriser l’impact environnemental de l’IA
En 2015, l’association américaine du semi-conducteur prévoyait que les besoins en calcul excéderaient la production énergétique mondiale d’ici à 2040. Autrement dit : l’IA, nourrie aux données produites et hébergées par des centres de données, est un gouffre énergétique, pas du tout écolo.
“La vision de la France doit donc consister à développer simultanément une IA plus verte et une IA au service de la transition écologique”, préconise Cédric Villani. L’Etat pourrait mettre en place des incitations au verdissement des data centers ou encore préparer l’après-silicium. Un lieu de recherche en France dédié à la soutenabilité du numérique et de l’algorithmie est aussi envisagé.
■ Un cadre éthique à définir
“L’éthique, la confiance et la responsabilité sont cruciaux pour le développement de l’IA, car sinon ces technologies ne seront pas acceptées par les citoyens”, affirme Cédric Villani.
La piste de labels sectoriels (les entreprises devraient se soumettre à des règles dans chaque secteur – la santé par exemple – pour être certifiées) sera explorée dans le rapport final. Le gouvernement devrait aussi réfléchir sur “l’explicabilité”des technologies, c’est-à-dire faire en sorte que les citoyens ne vivent pas les décisions des algorithmes d’intelligence artificielle comme des arbitraires mais qu’ils comprennent pourquoi et comment la décision a été prise. “Un effort de pédagogie autour de l’IA est indispensable”, confirme Mounir Mahjoubi.
■ Développer absolument la recherche et éviter la fuite des talents
Le dernier enjeu primordial identifié par la mission Villani concerne la recherche, tant au niveau public que du côté des entreprises. “Nous manquons de mathématiciens et d’ingénieurs spécialisés en mathématiques. Nos talents sont aussi trop souvent aspirés par des entreprises ou laboratoires publics étrangers”, déplore Cédric Villani, qui regrette les”lourdeurs administratives” qui pèsent sur la recherche française.
Les mesures qui seront proposées devront donc “offrir un environnement de travail digne d’eux aux chercheurs en IA pour les faire revenir et attirer les chercheurs étrangers” et “offrir aux entrepreneurs un écosystème plus favorable à la création d’entreprises”, notamment en favorisant les passerelles entre le public et le privé.
Et ensuite ?
Le gouvernement va lancer la semaine prochaine une plateforme en ligne pour recueillir avis et propositions des citoyens. Le rapport Villani sera remis fin janvier au gouvernement, qui proposera des actions législatives ou réglementaires dès la fin du premier trimestre 2018.
Reste la question du financement, car une politique ambitieuse en matière d’IA devra se concrétiser par des investissements conséquents. “Ils seront importants”, promet Mounir Mahjoubi. Reste à savoir s’ils seront suffisants, et surtout, intelligemment alloués.
https://www.latribune.fr/technos-medias/intelligence-artificielle-quelles-pistes-pour-placer-la-france-dans-la-competition-mondiale-759819.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20171130

L’INDUSTRIE DU FUTUR : LA FRANCE SE PRÉPARE AU FUTUR DE SON INDUSTRIE

Robots et capteurs, simulation et connectivité, intégration de la culture digitale et bouleversement des modèles économiques, l’industrie se transforme en profondeur. Cette mutation est organisationnelle autant que technologique. Toutes les entreprises françaises n’ont pas encore pris conscience des changements profonds qui nécessitent une adaptation du dialogue social patronat-syndicats.
..
L’Alliance Industrie du Futur, un partenariat public-privé présidé par Philippe Darmayan, le patron d’ArcelorMittal France, regroupe une trentaine d’associations représentant l’ensemble de l’industrie française. Émanation des 34 plans de la Nouvelle France industrielle d’Arnaud Montebourg, devenus en 2015 les 10 solutions lorsqu’un certain Emmanuel Macron occupait le ministère de l’Économie, l’AIF oeuvre pour la modernisation et la transformation de l’industrie française en accompagnant particulièrement les PME et les ETI.
..
PRISE DE CONSCIENCE ET PLAIDOYER POUR LE DIALOGUE
Les syndicats ont saisi l’enjeu et publié des manifestes qui résument leur pensée sur l’impact de la transformation numérique.
« Le numérique traverse toute la société, dont l’industrie. Devant ces technologies, nous ne sommes ni dans le rejet, ni dans l’éblouissement. Pour sortir de la spirale, il faut une économie forte qui passe par une industrie forte et moderne », affirme Marie-Claire Cailletaud, membre de la direction nationale de la CGT en charge des questions de développement industriel, durable et numérique.

https://www.latribune.fr/edition-quotidienne/29-08-2017/focus/l-industrie-du-futur-la-france-se-prepare-au-futur-de-son-industrie-6042.html#xtor=EPR-2-%5BLe+Quotidien%5D-20170829

Vision prospective partagée des emplois et des compétences – la filière numérique | France Stratégie

Dans un contexte d’incertitude forte, dresser un diagnostic partagé et partageable sur l’évolution de l’emploi, des métiers et des compétences dans la filière numérique peut s’avérer difficile. Le rapport tente de répondre à ce défi en présentant une analyse des évolutions et enjeux des métiers cœur du numérique.

Renouveler les démarches de prospective des emplois et des compétences : une expérimentation dans la filière numérique
France Stratégie, avec l’appui du Céreq, a conduit une expérimentation autour de la construction d’une vision prospective partagée des emplois et des compétences de la filière numérique, en réponse à la sollicitation du Conseil national de l’industrie fin 2015.

http://www.strategie.gouv.fr/rapport/vision-prospective-partagee-emplois-competences-filiere-numerique

Trois générations de CNNum partagent leur vision des transformations numériques

Trois générations de CNNum partagent leur vision des transformations numériques
. Je suis heureuse d’en faire partie .
Au moment de l’installation du nouveau Gouvernement, 70 personnalités du numérique — actuels et anciens membres du CNNum — ont signé un manifeste pour interpeller l’exécutif sur l’urgence d’une politique publique à la hauteur de la transformation numérique du pays.
Dans les prochaines semaines le Gouvernement va devoir prendre des décisions importantes, à la fois sur l’organisation de l’appareil d’État et sur les grandes orientations de la transformation numérique. Le CNNum, par sa composition, son rôle particulier dans le paysage institutionnel et sa capacité à mobiliser l’écosystème numérique, peut contribuer à la co-construction de ces orientations. Le manifeste est un appel du pied dans ce sens.
Ce manifeste a enfin vocation à être vivant et à évoluer avec le temps. Nous souhaitons renforcer notre rôle de plateforme d’échange à destination de l’écosystème et des citoyens. Nous organiserons dans les prochaines semaines un large événement réunissant plusieurs représentants de l’écosystème autour des questions de transformation numérique du pays.

Le CNNum : traducteur, vigie et éclaireur des transformations numériques

Le CNNum publie son manifeste

Transformation numérique des PME #CroissanceConnectée

Transformation numérique des PME
#CroissanceConnectée

Le Conseil national du numérique à remis au Gouvernement son avis sur la transformation numérique des petites et moyennes entreprises. Saisi sur le sujet en mars 2016, les membres du CNNum ont opté pour une méthode de co-conception permettant de proposer un plan d’action opérationnel fédérant au maximum les compétences existantes.

L’avis pointe 7 recommandations d’actions opérationnelles pour combler le retard pris par les entreprises dans l’adoption de nombreux outils numériques. Parmi ces actions figurent notamment la constitution d’un réseau d’accompagnement, la mise en place d’une plateforme de ressources personnalisables ou encore le soutien à l’e-internationalisation des PME.

S’interroger sur la transformation numérique des PME, c’est s’interroger sur l’avenir de notre économie dans son ensemble.

Au delà des propositions au Gouvernement, ces travaux sont un cri d’alerte à l’ensemble des candidats à la prochaine élection présidentielle. Ce sera au prochain Gouvernement de développer un programme d’envergure accompagné de véritables moyens, et de poursuivre sans interruption ce dialogue ouvert avec les acteurs de la transformation numérique des entreprises.

Au cours du mois d’avril, le CNNum invitera les parties prenantes. Les préconisations seront mises en débat, avec le but de donner un horizon nouveau aux acteurs engagés dans la transformation numérique des entreprises.
Toutes les ressources :

* l’avis final et les recommandations détaillées
* le dossier de presse avec les chiffres-clefs
* le communiqué de presse

Newsletter de mars 2017 #CroissanceConnectée et fichier TES

5 secteurs impactés en premier par l’automatisation du travail

 

D’ici 2055, la moitié des activités actuellement réalisées par des hommes seront automatisées, selon les prévisions de McKinsey. Une réalité qui amène de profonds bouleversements sociétaux, dont Bill Gates s’est récemment inquiété en validant l’idée d’une taxe sur ces robots.
La crainte de voir son emploi remplacé par un robot existe en effet. Aux Etats-Unis, moins de 5% des emplois peuvent en réalité être totalement automatisés, selon l’étude «A Future That Works : Automation, Employment, And Productivity» réalisée par le McKinsey Global Institute et publiée en janvier 2017. Avec près de 60% des emplois qui pourront, à terme, être automatisés à hauteur de 30%, les auteurs de l’étude s’attendent plutôt à une mutation de ces métiers, qu’à leur disparition pure et simple.

En tête des missions susceptibles d’être automatisées rapidement, on retrouve les activités physiques, qui ont lieu dans un environnement de travail très structuré et prévisible, ainsi que celles liées à la collecte et à l’analyse de données. Au total, ces missions représentent 51% du temps de travail aux Etats-Unis, et équivaut à 2 700 000 000 milliards de dollars de salaires cumulés.
D’ici 2055, la moitié des activités actuellement réalisées par des hommes seront automatisées, selon les prévisions de McKinsey. Une réalité qui amène de profonds bouleversements sociétaux, dont Bill Gates s’est récemment inquiété en validant l’idée d’une taxe sur ces robots.
La crainte de voir son emploi remplacé par un robot existe en effet. Aux Etats-Unis, moins de 5% des emplois peuvent en réalité être totalement automatisés, selon l’étude «A Future That Works : Automation, Employment, And Productivity» réalisée par le McKinsey Global Institute et publiée en janvier 2017. Avec près de 60% des emplois qui pourront, à terme, être automatisés à hauteur de 30%, les auteurs de l’étude s’attendent plutôt à une mutation de ces métiers, qu’à leur disparition pure et simple.

En tête des missions susceptibles d’être automatisées rapidement, on retrouve les activités physiques, qui ont lieu dans un environnement de travail très structuré et prévisible, ainsi que celles liées à la collecte et à l’analyse de données. Au total, ces missions représentent 51% du temps de travail aux Etats-Unis, et équivaut à 2 700 000 000 milliards de dollars de salaires cumulés.
Le Top 5 des secteurs
Plus précisément, c’est le secteur de l’hébergement et de la restauration qui présente le plus fort potentiel d’automatisation dans les années à venir, à 73%. Sont plus particulièrement visées l’ensemble des tâches prévisibles, et physiques associées à ces métiers.
Le secteur industriel, avec un potentiel d’automatisation estimé à 60%, arrive à la seconde place. Là encore, ce sont les activités prévisibles, ainsi que celles liées à de la collecte de données qui sont ciblées en priorité.
L’agriculture présente quant à elle un potentiel d’automatisation de 58%. Avec la grande majorité des tâches correspondant à des activités physiques, mais non prévisibles, on peut imaginer que des robots «apprenants», de type machine learning, pourraient intéresser les professionnels.
Le secteur du transport et de la logistique suit, avec un potentiel d’automatisation de 57%. Comme dans l’industrie, ce sont les tâches prévisibles et de collecte de données qui peuvent être automatisées en priorité.
Enfin, le commerce de détail affiche un potentiel d’automatisation de 53%, essentiellement en raison du temps passé à analyser des données collectées. On notera que les missions d’interface clients, très importantes dans ce domaine, ne peuvent quant à elles pas être automatisées selon les experts.

http://www.mckinsey.com/global-themes/digital-disruption/harnessing-automation-for-a-future-that-works

Numérique dans les PME : les acteurs en appellent à un plan d’urgence

Le Conseil national du numérique (CNNum) cible dans un rapport commandé par le gouvernement une série de mesures prioritaires

Faible usage de sites Web, d’outils numériques internes, d’e-export… Les PME ont pris du retard sur tous les tableaux.

Pourquoi ne pas appliquer le succès de la French Tech, qui a porté les start-up françaises en orbite, dans les PME ? Tirant la sonnette d’alarme, au regard de l’énorme retard pris par les quelque 3 millions de petites et moyennes entreprises françaises en matière de transformation digitale, c’est ce que plaide un rapport conduit par le Conseil national du numérique (CNNum).

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/0211781271292-numerique-dans-les-pme-les-acteurs-en-appellent-a-un-plan-durgence-2064360.php#KEr4rw3vD3BR8FWg.99

Le Conseil d’orientation pour l’emploi a adopté le premier tome d’un rapport intitulé « Automatisation, numérisation et emploi »

Si les révolutions technologiques successives se sont accompagnées jusqu’à présent d’un développement de l’emploi, l’automatisation et la numérisation – des technologies interdépendantes qui se déploient avec des effets démultiplicateurs au-delà de la stricte production de biens et services – alimentent des peurs autour d’un « futur sans emploi ».

Des études récentes ont estimé qu’une part massive des emplois existants pourrait être menacée de disparition.

Le Conseil a voulu aborder cette question centrale pour l’économie et pour notre pacte social, pour éclairer le débat public et la décision publique.

Alors que les études existantes se focalisent uniquement sur les « destructions d’emplois », le Conseil a voulu approfondir l’analyse et embrasser l’ensemble des défis mais aussi des opportunités de la révolution technologique en cours. Dans ce premier tome, il analyse les effets possibles du progrès technologique sur le volume de l’emploi (en termes de disparitions mais aussi de créations), mais aussi les effets sur la structure de l’emploi (quels sont les métiers et les secteurs les plus concernés ? comment les métiers sont-ils appelés à évoluer ? quels types de compétences seront à l’avenir les plus recherchées ?) et sa localisation, à la fois à l’échelle nationale (quelles pourraient être les zones d’emploi les plus concernées ?) et internationale (les technologies pourraient-elles favoriser un mouvement de relocalisation des emplois en France ?).

Le Conseil publie notamment les résultats d’une étude sur l’exposition des salariés français à l’automatisation. Cette étude, réalisée au sein du Secrétariat général, conclut que moins de 10% des emplois cumulent des vulnérabilités qui pourraient en menacer l’existence dans un contexte d’automatisation et que la moitié des emplois existants pourrait voir son contenu notablement ou profondément transformé.

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http://www.coe.gouv.fr/IMG/pdf/COE_170110_Rapport_Automatisation_numerisation_et_emploi_Tome_1.pdfet la synthèse
Télécharger la synthèse

http://www.coe.gouv.fr/IMG/pdf/COE_170110_Synthese_du_rapport_Automatisation_numerisation_et_emploi_Tome_1.pdf

 

Révolution numérique : les métiers les plus menacés

 

Moins de 10 % des emplois sont menacés par la robotique, l’intelligence artificielle et les technologies liées à Internet. Mais près de un sur deux a de fortes chances d’être transformé, prévient le Conseil d’orientation pour l’emploi.

Robotique, intelligence artificielle, Internet des objets ou encore Big Data : le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) se jette à son tour dans le difficile exercice consistant à évaluer l’impact de ces technologies très en vogue sur le marché du travail. Combien de destructions d’emplois ? D’emplois maintenus mais dont le contenu va évoluer ? Quels sont les métiers promis à disparaître ou à muter ?
A ces questions, le COE, organisme de réflexion placé sous l’autorité du Premier ministre, répond de manière plutôt rassurante : moins de 10 % des emplois sont « exposés » parce qu’ils « cumulent de manière importante des caractéristiques qui les rendent vulnérables ».
Comme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) auparavant, qui arrivait au chiffre de 9 %, le COE écarte donc le scénario noir qui verrait des hordes de robots ou de logiciels balayer les humains sur leur lieu de travail. « Seule une faible part des emplois a un indice d’automatisation élevé », résume-t-il, même si ces « moins de 10 % » représentent tout de même 1,49 million d’emplois, là où une extrapolation du pourcentage de l’OCDE à la population active aboutit à 2,6 millions.

Près d’un emploi sur deux est susceptible de voir son contenu évoluer
Cette différence démontre la difficulté à bien appréhender le phénomène. Si l’on s’en tient à l’étude du COE, qui descend plus loin dans l’analyse, les métiers les plus concernés, parce que les plus représentés en volume, sont divers, pour beaucoup peu qualifiés et manuels. Dans le trio de tête du peloton, on retrouve les agents d’entretien (320.215), les ouvriers qualifiés des industries de process (95.545) ou encore les ouvriers non qualifiés de la manutention (86.000).
Pour arriver à ce chiffre, le COE a exploité les données tirées de la dernière enquête de la Dares (ministère du Travail) sur les conditions de travail, mais en cherchant à aller plus loin que toutes les études précédentes. En plus d’une estimation des emplois « exposés » et d’une déclinaison par métiers, son étude a mesuré la proportion des emplois touchés par métier.

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http://www.coe.gouv.fr

http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0211673701154-revolution-numerique-moins-de-10-des-emplois-sont-menaces-en-france-2056485.php#xtor=CS1-33#0cBQyHKFys1t3qpa.99

image: http://www.lesechos.fr/medias/2017/01/12/2056485_revolution-numerique-les-metiers-les-plus-menaces-web-tete-0211681444426.jpg