Non, il ne faut pas combattre la «fracture numérique»

Non, il ne faut pas combattre la «fracture numérique»

Par Taoufik Vallipuram (Libération)

L’emploi de ce concept pointe un mal que seules des solutions numériques seraient à même de soigner… alors que le problème se situe dans le rapport à l’école, à l’information ou dans la réduction des effectifs de la fonction publique.

Tribune.Popularisé en 1996 par Bill Clinton qui parle de «digital divide»,le concept de «fracture numérique» est dès ses origines marqué par une forte empreinte idéologique et s’inscrit en France dans la lignée de la «fracture sociale». Bien que contestée par la plupart des chercheurs, la notion revient fréquemment dans le débat public. L’emploi abusif de cette expression est loin d’être sans conséquence. C’est ce que nous démontrons à l’issue de l’exploration Capital numérique, une étude qui s’est intéressée aux pratiques numériques d’habitants de quartiers prioritaires.

Parler de fracture numérique, c’est adopter une vision simpliste, binaire et donc tronquée de la réalité. Il y aurait d’un côté des inclus et de l’autre des exclus. Pourtant, le manque de sensibilisation aux enjeux de la société numérique est généralisé. Comprendre pourquoi il faut maîtriser ses traces sur Internet, son identité numérique, protéger sa confidentialité, et être ensuite capable de le faire. Ce sont autant d’actions qui dépassent tous les Français, alors même que leurs pratiques numériques ne cessent de se diversifier, y compris dans les classes populaires.

Les habitants des quartiers «Politique de la ville» que nous avons rencontrés au cours de l’étude Capital numérique ne sont pas en reste. Facebook, Snapchat ou WhatsApp sont utilisés tant pour communiquer, s’informer que pour apprendre au quotidien, même par des personnes ne sachant ni lire ni écrire. Certains habitants rencontrés se rendent sur YouTube pour apprendre le français. Est-ce à dire que ces habitants ne rencontrent pas de difficultés quand ils ont recours à certains services numériques ? Non, évidemment. Mais leurs difficultés ne sont pas celles que l’on croit. Rémi, 24 ans, né en France, ne parvient pas à retrouver ses mots de passe ni à accéder à ses nombreuses boîtes mails sur son smartphone. Pourtant, il utilise tout aussi bien sa PlayStation 4 pour jouer que pour accéder à des services en ligne comme Netflix. Ce qui est le plus bloquant pour lui, c’est d’être isolé. Il ne travaille pas et a peu d’amis : il a un usage très occasionnel des mails et des messageries instantanées. Pour Makatouch, travailleur migrant de 37 ans, ce n’est pas son réseau de sociabilités qui pose problème. Il cumule deux activités professionnelles et vient de lancer une chaîne YouTube proposant une actualité différente sur son pays d’origine. Pourtant, il a besoin d’aide pour demander le renouvellement de son titre de séjour en ligne. Sa principale difficulté, c’est de lire et écrire en français.

Parler de fracture numérique, c’est pointer du doigt un mal que seules des solutions numériques seraient à même de soigner. Mais ce n’est pas le numérique qui renforcera la confiance de Rémi et Makatouch en eux-mêmes, et encore moins à l’égard des institutions. Même constat avec des collégiens et collégiennes de 9 à 14 ans. Pour eux qui maîtrisent Wikipédia mais ne voient son utilité que dans un cadre scolaire (comme le dictionnaire), les difficultés ne sont pas d’ordre numérique. Elles tiennent d’abord au rapport à l’école et à l’information. Ainsi, les collégiennes interrogées affirment ne pas lire alors qu’elles passent des heures sur l’application Wattpad, à lire des nouvelles de plus de quinze chapitres. Les maux sont plus profonds ; ils sont ancrés dans leurs représentations. Pour espérer y répondre, on ne peut pas se contenter de distribuer des tablettes dans les collèges. On ne peut pas agir en surface.

Parler de fracture numérique, c’est donc essentialiser les difficultés et supposées lacunes des personnes sans interroger les mécanismes de leur (re) production. On place les dysfonctionnements du côté des utilisateurs, pour lesquels on déploie des programmes d’«inclusion» et de «pédagogie», sans s’intéresser à la façon dont les services, interfaces et dispositifs d’accompagnement numérique sont conçus. Prennent-ils en compte les situations des personnes ? Répondent-ils à leurs besoins ?

Prenons l’exemple de la dématérialisation. Loin de simplifier les démarches administratives, elle numérise leur complexité. L’écrit est toujours prépondérant, le langage administratif, complexe, et les interfaces peu ergonomiques. Cette numérisation-là, doublée d’une fermeture progressive des guichets d’accueil physiques, génère de la solitude et de l’anxiété pour des millions de citoyens qui ont besoin d’être rassurés. Avec pour conséquence le non-recours à leurs droits.

Le corollaire de cette dématérialisation, c’est un recours de plus en plus fréquent à des volontaires en service civique, des travailleurs de courte durée et parfois même des bénévoles pour faire de la «médiation numérique» – au guichet ou lors de formations ad hoc. Sur le terrain, ces aidants viennent surtout en renfort des travailleurs sociaux débordés par la réduction des effectifs et l’envol de leur périmètre d’activité sur un volet «numérique» qu’ils maîtrisent peu. Mais sont-ils seulement armés pour ? Leur manque de formation aux enjeux du numérique, au travail social, aux démarches administratives et à la pédagogie ne leur permet pas de véritablement autonomiser les personnes.

C’est pourquoi nous demandons une politique ambitieuse de maillage du territoire par des lieux physiques avec un accueil par des professionnels, formés au métier. Car dans une société qui se numérise à marche forcée, l’accompagnement numérique ne peut pas s’improviser. Surtout, nous appelons à une véritable éducation aux enjeux de la société numérique tout au long de la vie, qui ne se limite pas à savoir utiliser quelques outils ou services numériques. Car comprendre les enjeux de la numérisation de la société, c’est avoir les clés pour moins la subir.

Taoufik Vallipuram cofondateur du Lab Ouishare x Chronos et Connector Ouishare. Bénévole associatif au sein de quartiers populaires.

https://www-liberation-fr.cdn.ampproject.org/c/s/www.liberation.fr/amphtml/debats/2019/12/29/non-il-ne-faut-pas-combattre-la-fracture-numerique_1771308

«Greenwashing»: un manuel pour déceler le vert du faux

Vraie démarche #écologique ou simple ruse #marketing? C’est la question que se posent chaque jour les journalistes de la rédaction #LeTemps , toutes rubriques confondues, face à la moisson de communiqués de presse qui vantent la fibre écologique des entreprises, mais aussi des institutions, voire des gouvernements.

La rhétorique de #préservation de l’#environnement est désormais omniprésente dans le discours public, elle capte l’attention des électeurs et des #consommateurs. Parfois, elle relève du #greenwashing, une pratique qui consiste à utiliser l’argument écologique dans le seul but d’améliorer son image

Et n’oubliez pas d’écouter les Taties Flingueuses

Dans ce 9e épisode #LesTatiesFlingueuses parlent  des #allégationsenvironnementales. Dans la jungle des #labelsenvironnementaux, les taties et Fanny font le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux dans la communication des #entreprises sur l’#environnement.

Le #zérocarbone n’existe pas

#organique n’est pas forcément #bio

#labels #normes

#information #communication #vigilance

«Greenwashing»: un manuel pour déceler le vert du faux

Numérique : cliquer, c’est polluer

Numérique : cliquer, c’est polluer

Car le numérique ne fait pas que consommer de l’électricité : pour fonctionner, nos objets connectés ont besoin de métaux dits “rares”. “On dénombre une trentaine de métaux rares tels que l’indium, le gallium ou encore les terres rares, qui sont une classe de métaux rares”, explique Guillaume Pitron, journaliste spécialiste de la géopolitique des matières, dans une interview à l’Agence française de développement. Les terres rares regroupent une quinzaine de métaux : le cobalt, le tungstène, le tantale, etc. Tous ces matériaux possèdent des propriétés magnétiques très recherchées par l’industrie du high-tech mais il y a un problème : ils sont inégalement répartis sur la planète et leur production est polluante, en plus d’être peu rentable.

“Les conditions d’exploitation et de production des terres rares sont sujettes à controverse”, exposait un chimiste dans Libération en mai 2019, ces minerais étant très difficiles à valoriser.

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-face-cachee-numerique.pdf

https://www.franceculture.fr/numerique/le-cout-ecologique-du-numerique

Le numérique est tout sauf virtuel

Ecoutez aussi Les Taties flingueuses @flingueuses

L’Épisode sur le numérique est tout sauf virtuel

https://lnkd.in/dGtN3AW

Dans ce 9e épisode #LesTatiesFlingueuses parlent des #allégationsenvironnementales

 

Dans ce 9e épisode #LesTatiesFlingueuses parlent  des #allégationsenvironnementales. Dans la jungle des #labelsenvironnementaux, les taties et Fanny font le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux dans la communication des #entreprises sur l’#environnement.

Le #zérocarbone n’existe pas

#organique n’est pas forcément #bio

#labels #normes

#information #communication #vigilance

https://podcast.ausha.co/taties-flingueuses/les-taties-flingueuses-episode-9-dans-la-jungle-des-labels-environnementaux

« Civic tech » : la CNIL appelle à la vigilance

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Par Claire Legros Le monde 9/12/2019

Un an après l’annonce du grand débat, l’instance de régulation publie un document incitant à construire « des modèles vertueux » de technologies civiques.

C’est un mot fourre-tout bien pratique mais aux contours assez flous. Dans la famille des civic tech (« technologies civiques »), on trouve aussi bien des plates-formes de pétitions en ligne et de mobilisation citoyenne, indépendantes des pouvoirs publics, que des outils plus institutionnels de budgets participatifs et de concertation.

Si l’on y ajoute les technologies à visée électorale – pour personnaliser par exemple les messages adressés par les partis aux électeurs – (pol tech), les outils déployés par les gouvernements pour améliorer leur fonctionnement ou la transparence des politiques publiques (gov tech), et les réseaux sociaux, où se joue désormais une partie du débat politique, on obtient un écosystème foisonnant et disparate où les modèles économiques sont aussi variés que les profils des acteurs.

Lire aussi: La démocratie participative, un marché convoité

Publié ce lundi 9 décembre, le cahier intitulé Civic tech, données et Demos, que consacre la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) aux technologies civiques, dresse un panorama bienvenu, d’autant qu’il intervient dans un contexte particulier. Du mouvement des « gilets jaunes », parti des réseaux sociaux, au grand débat en ligne organisé par le gouvernement, l’année écoulée a marqué un tournant dans l’usage des technologies civiques, de plus en plus présentes dans le débat démocratique.

Elle a de fait apporté une visibilité à des questionnements qui courent depuis une dizaine d’années : comment garantir la confiance dans la protection des données personnelles et la loyauté des logiciels utilisés ? Quelle valeur accorder à la participation en ligne quand une partie de la population n’y est pas représentée ? Comment l’analyser ? Quel rôle doit-elle jouer dans le processus de décision politique et, in fine, l’exercice du pouvoir ?

Lire aussi: Grand débat en ligne et démocratie : l’analyse et la transparence des données en question

Des données « sensibles » à la protection renforcée

Si elle n’apporte pas de réponses définitives à ces questions, l’instance garante de la protection des données personnelles éclaire les enjeux éthiques et politiques de la démocratie en ligne, et livre une série de recommandations pour « garantir un environnement de confiance » et renforcer les bonnes pratiques.

Depuis mai 2018, le règlement européen sur la protection des données (RGPD) encadre l’utilisation des données politiques considérées comme « sensibles ». Un parti politique ne peut, par exemple, utiliser des données personnelles sans un consentement explicite de la personne concernée. Pour autant, les procédures ne sont pas toujours respectées et de nombreuses questions demeurent. Ainsi l’organisation d’un débat démocratique en ligne est soumise à des impératifs qui peuvent sembler contradictoires : il faut à la fois préserver l’anonymat des participants tout en garantissant le recueil d’informations suffisantes pour les authentifier.

Le grand débat reste à ce titre un exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Le choix des organisateurs de demander aux participants uniquement leur code postal a empêché toute authentification et a conduit à une instrumentalisation de la consultation par des groupes d’intérêt. A l’inverse, dans le cadre du référendum sur la privatisation de Groupe ADP (anciennement Aéroports de Paris), la publication des signataires peut dissuader des citoyens d’y participer.

Lire aussi: Contributions au « grand débat » : comment analyser 68 millions de mots en deux semaines ?

A l’instar de l’isoloir dans un bureau de vote, « les technologies civiques doivent permettre aux individus de s’exprimer librement sans avoir à supporter le poids de la pression sociale », rappelle le groupe d’experts de la CNIL. Alors qu’Emmanuel Macron s’était déclaré partisan, en janvier, d’une « sortie progressive de l’anonymat » sur Internet, l’instance de régulation défend au contraire le recours au « pseudonymat » et engage les acteurs à proscrire l’indexation des participations sur les moteurs de recherche. Pour aller plus loin, elle recommande d’explorer l’usage de tiers de confiance et la gestion décentralisée des identités afin que le commanditaire d’une consultation puisse authentifier les participants sans les identifier.

Lire aussi: « La démocratie ne peut exister que grâce à une saine dose d’anonymat »

« Les technologies civiques ne sont pas neutres »

Comment s’assurer que la présentation des débats ou le classement des contributions ne risquent pas d’influencer les participants ? Parce que « les technologies civiques ne sont pas neutres », la CNIL invite les acteurs à penser des outils respectueux de la vie privée « dès leur conception », en privilégiant une information claire sur le déroulé de la consultation et les droits des utilisateurs.

Dans le débat qui oppose les partisans des logiciels ouverts aux tenants des logiciels propriétaires, l’instance de régulation ne tranche pas, mais précise que « l’ouverture du code de la plate-forme et des données de la participation est une garantie visant à permettre l’auditabilité des traitements algorithmiques ». « On n’est pas dans l’injonction en faveur de tel ou tel modèle économique, précise Régis Chatellier, l’un des auteurs du document. Mais tout acteur qui traite de la donnée personnelle est soumis au RGPD et doit savoir qu’il peut faire l’objet d’un contrôle, où il lui pourrait lui être demandé l’accès au code de l’algorithme. »

La CNIL recommande en outre aux acteurs de « se fédérer pour harmoniser leurs pratiques et aller vers la coconstruction d’un code de conduite » qui définisse les bonnes pratiques. Une telle charte, contraignante pour ceux qui y adhèrent, représenterait un « signal positif » envoyé aux citoyens et aux commanditaires.

Un peu plus d’un an après les révélations sur le scandale Cambridge Analytica, l’heure est à la méfiance à l’égard des réseaux sociaux. Alors qu’une large part des collectivités reconnaissent utiliser Facebook pour échanger avec leurs habitants, la CNIL met en garde les acteurs publics contre le risque de dépendance vis-à-vis d’entreprises dont ils ne maîtrisent pas les règles de traitement des données, de modération ou d’affichage. Elle invite aussi à proscrire leur recours pour authentifier les participants à une consultation.

Lire aussi: Ce qu’il faut savoir sur Cambridge Analytica, la société au cœur du scandale Facebook

Risque d’exclusion

Au-delà des aspects techniques, l’impact et l’efficacité des outils sont aussi questionnés. Alors que la démocratie en ligne est souvent mise en avant pour sa capacité à renouveler les publics des consultations, le danger existe bel et bien d’« exclure des processus politiques des pans entiers de la population », du fait des inégalités profondes en matière d’accès au numérique, estime la CNIL qui recommande aux pouvoirs publics de développer une éducation civique technologique pour que les civic tech ne fassent pas de la démocratie « une affaire d’experts ».

Face au risque de « solutionnisme technologique », les auteurs du cahier recommandent de combiner systématiquement « des dispositifs en ligne et en présentiel », voire d’explorer des formats innovants de participation, sur le modèle de la convention citoyenne pour la transition écologique. Avec un mot d’ordre : si la technologie offre des opportunités en matière d’innovation démocratique, elle doit rester avant tout un moyen au service de la décision politique.

Un an après l’annonce du grand débat, l’instance de régulation publie un document incitant à construire « des modèles vertueux » de technologies civiques.

« Civic tech » : la CNIL appelle à la vigilance

L’économie circulaire sera la priorité du « Green deal » européen

Ce papier développe plutôt correctement notre « aporie »

L’économie circulaire devrait représenter « la moitié » de l’effort de l’UE pour réduire à zéro les émissions nettes de carbone d’ici à 2050. Le processus devient ainsi la priorité du prochain Green deal européen.

Le plan d’action de l’UE pour l’économie circulaire 2015 — qui comprenait une interdiction des plastiques à usage unique et de nouveaux objectifs de recyclage — a « ouvert la voie à quelque chose de nouveau, quelque chose de plus grand », relève un haut fonctionnaire spécialisé dans la mise en œuvre de cette politique au sein de la Commission européenne.

L’économie circulaire constitue « la priorité absolue » de l’accord vert européen conclu par Ursula von der Leyen, la présidente de la prochaine Commission européenne, a déclaré Kęstutis Sadauskas, à la tête de de l’économie circulaire et de la croissance verte à la direction générale de l’environnement de la Commission.

Dévoilé en décembre 2015, le premier plan d’action pour l’économie circulaire est devenu l’une des marques distinctives de l’exécutif européen sortant. L’interdiction des produits en plastique à usage unique comme les couverts et les contenants alimentaires constitue l’un de ses points saillants. En outre, au moins 70 % des emballages devront être recyclés d’ici à 2030 — dont 55 % des plastiques — selon les nouvelles règles négociées l’an dernier.

Mais ces mesures ne constituaient « que le début du voyage », a annoncé Kęstutis Sadauskas lors d’un récent événement organisé par Euractiv. En effet, la Commission européenne prépare actuellement un deuxième plan d’action pour l’économie circulaire qui « sera présenté peu après l’entrée en fonction du nouvel exécutif européen », a-t-il ajouté.

En réalité, le nouveau plan d’action est déjà rédigé et prêt à sortir du tiroir. Euractivcroit comprendre qu’il ne manque que quelques détails mineurs et, surtout, la touche finale que constitue le message politique.

« La moitié » de l’objectif climatique de 2050

Ce qui apparaît déjà clairement, c’est que le nouveau plan a été conçu à plus grande échelle. Ursula von der Leyen, la présidente élue de la Commission, souhaite que l’Europe réduise à zéro ses émissions nettes de carbone d’ici à 2050. Selon des sources de l’UE, « la moitié » des réductions d’émissions de carbone attendues dans le cadre du « Green deal » sera engendrée par le nouveau plan d’action pour l’économie circulaire.

L’objectif climatique 2050 constituera « le point culminant » de l’accord vert et « l’objectif global qui guidera tout le reste », a précisé Kęstutis Sadauskas.

« La circularité peut combler la moitié de l’écart qui nous sépare de l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 ° Celsius », a déclaré le responsable, évoquant les industries lourdes où la mise en place de solutions de ce type peut éviter la production de « centaines de millions de tonnes » de CO2.

Mais il reste encore beaucoup à faire pour rendre l’économie vraiment circulaire. L’utilisation mondiale des ressources devrait doubler au cours des 40 prochaines années, car une part croissante de la population asiatique adopte des modes de vie occidentaux, a souligné Kęstutis Sadauskas. Et une grande partie de ces matériaux sera encore gaspillée, a-t-il dit.

« Nous vivons toujours dans un monde linéaire », a averti le responsable, affirmant que seulement 12 % des matériaux reviennent dans le circuit économique après avoir été recyclés et réutilisés.

« Nous n’avons fait que jeter les bases », a indiqué le fonctionnaire de l’UE. « Mais la véritable transition doit encore avoir lieu et c’est ce que nous prévoyons pour la prochaine phase politique. »

Des idées à foison

Les idées se bousculent déjà sur ce qu’il conviendra de faire ensuite.

Le mois dernier, les États membres de l’UE ont adopté des conclusions sur l’économie circulaire, stipulant que « de nouveaux efforts ambitieux [étaient] nécessaires pour stimuler une transition systémique vers une société durable ».

Les gouvernements nationaux ont notamment invité la Commission à « adopter un nouveau plan pour l’économie circulaire assorti d’actions ciblées » dans les secteurs industriels où de telles mesures n’ont encore jamais été mises en œuvre. Les industries qu’ils mentionnent sont liées aux secteurs du textile, des transports, de l’alimentation ainsi que de la construction et de la démolition.

Le Conseil des ministres de l’UE a également demandé « davantage de mesures » pour encourager le recyclage et la réutilisation des piles et des plastiques. Et il a invité la Commission à évaluer si les principes d’éco-conception pouvaient être étendus à de « nouveaux groupes de produits », en citant des produits informatiques tels que les ordinateurs et les smartphones.

Parmi les autres idées mentionnées dans la déclaration ministérielle figurent la mise en place de nouveaux critères communautaires sur la durabilité, la réparabilité et la recyclabilité des produits, ainsi que l’introduction d’un pourcentage minimum de matériaux recyclés entrant dans la fabrication de nouveaux produits.

De quoi réjouir les ONG environnementales, qui plaident depuis longtemps en faveur de l’extension des règles d’éco-conception à de nouvelles catégories de produits.

Les dernières normes d’économie d’énergie pour les appareils tels que les réfrigérateurs, les téléviseurs et les machines à laver, adoptées en octobre de cette année, permettront d’économiser 170 térawattheures (TWh) d’énergie par an d’ici à 2030, a indiqué Jean-Pierre Schweitzer, du Bureau européen de l’environnement.

« C’est l’équivalent de la consommation d’énergie de l’Italie », a-t-il ajouté, qualifiant les économies d’énergie correspondantes de « massives » et de « grande réussite européenne ».

Pour la première fois, les mesures d’éco-conception ont également inclus des dispositions visant à rendre les produits plus faciles à recycler avec des exigences minimales en matière de réparabilité, afin de prolonger leur durée de vie, a précisé Jean-Pierre Schweitzer.

Mais de nombreux autres produits ne sont toujours pas couverts par des règles similaires au niveau de l’UE, a-t-il déploré, faisant référence au secteur du bâtiment, aux textiles, aux piles et aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

« Il y a là un moyen pour les décideurs politiques de mettre en place des politiques attrayantes pour le public », a souligné Jean-Pierre Schweitzer, attirant l’attention sur les gros titres étonnamment positifs de la presse tabloïd britannique lors de l’adoption de la dernière série de mesures d’éco-conception en octobre.

Conséquences sociales

Les politiciens se sentent en effet encouragés à aller plus loin. Mais ils sont également prudents quant à l’impact que les réglementations européennes pourraient avoir sur la compétitivité de l’industrie et le prix des biens de consommation courante.

Bien que la période actuelle soit indéniablement très favorable aux restrictions sur le plastique à usage unique, certaines réglementations pourraient également déclencher « une transition systémique qui devrait également être juste et équitable », a déclaré Bojan Lalic, conseiller en environnement à la représentation de la Croatie auprès de l’UE à Bruxelles.

« Des fonds supplémentaires sont nécessaires », a plaidé Bojan Lalic lors de l’événement Euractiv, appelant à une « vision holistique » du climat et des politiques industrielles, afin de s’assurer que personne ne soit laissé pour compte dans la transition vers une économie plus circulaire.

Kęstutis Sadauskas a déclaré qu’il comprenait ces préoccupations, mais il presse tout de même les entreprises d’adopter de nouveaux modèles commerciaux circulaires, les avertissant qu’elles risquent de devoir cesser leurs activités si elles ne le font pas.

« L’économie circulaire est une transition, plutôt dure et parfois perturbatrice », a expliqué le responsable, soulignant que l’économie circulaire était « destinée à laisser les entreprises faire les choses à l’ancienne en cessant simplement leurs activités ».

Citant l’exemple des plastiques à usage unique, Kęstutis Sadauskas a indiqué que certains fabricants ont cessé d’utiliser le polystyrène pour les contenants alimentaires parce que les recycleurs ne veulent tout simplement plus de ces produits. Et cela peut être perturbant pour les entreprises qui fabriquent ces matériaux, car elles risquent de fermer leurs portes si elles ne trouvent pas d’autres solutions.

« Connaissant les effets perturbateurs que peut avoir l’économie circulaire, je suis surpris que la société continue de lui apporter un tel soutien », a fait remarquer le responsable lituanien.

Révision des transferts de déchets « déjà rédigée »

Pourtant, la transformation est possible, a-t-il ajouté, citant la société belge Umicore — spécialisée dans la technologie des matériaux et le recyclage — comme un brillant exemple de transition industrielle réussie.

Umicore, qui était encore une entreprise minière traditionnelle dans les années 80, est aujourd’hui considérée comme l’un des grands champions européens du raffinage et du recyclage des métaux précieux utilisés dans les technologies vertes, et notamment pour les batteries de voitures, a souligné Kęstutis Sadauskas.

Mais l’entreprise belge a également des problèmes avec la politique de l’UE, en particulier en ce qui concerne la réglementation sur le transport des produits chimiques et des déchets dangereux, qui, selon Umicore, empêche la création d’une filière du recyclage des batteries en Europe.

La Commission est consciente du problème et prévoit de revoir ces règles dans le cadre de son prochain plan d’action pour l’économie circulaire.

« Nous allons examiner la question du transfert des déchets », a assuré Kęstutis Sadauskas. « En fait, j’ai déjà le projet de révision en main », a-t-il ajouté, précisant que les nouvelles règles permettront le transport transfrontalier des déchets « pour qu’ils circulent comme tout autre produit ».

Cependant, le fonctionnaire a également averti que la proposition risquait de « faire face à une forte résistance » de la part des États membres de l’UE lorsqu’elle serait soumise au Conseil des ministres européens.

« Les États membres veulent garder le contrôle. Ils ne se font pas confiance. Cela constituera un obstacle majeur » pour faire adopter les règles de l’UE en matière de déchets, a-t-il conclu.

https://www.euractiv.fr/section/developpement-durable/news/circular-economy-is-number-one-priority-of-european-green-deal/

L’environnement en France Rapport sur l’état de l’environnement

 

L’environnement en France

Rapport sur l’état de l’environnement

                  

Le bilan «contrasté» de l’état de l’#environnement en France

Malgré quelques avancées en matière de pollution de l’air ou de qualité des eaux de rivières, «aucun progrès» n’est relevé quant à la qualité des eaux souterraines, et la situation reste «préoccupante» pour les #écosystèmes,

Le rapport analyse aussi les interactions entre les besoins humains et le respect global de l’environnement. Si la réponse aux besoins essentiels est largement assurée, des inégalités sociales et territoriales demeurent. Par exemple, 11,6% des Français restent en situation de précarité énergétique en 2018. Et 7,5% de la population ne bénéficie pas d’une alimentation en eau respectant en permanence les limites de qualité réglementaires pour les pesticides. «Certaines de ces inégalités (territoriales notamment) sont exacerbées par les différents effets du changement climatique», note le rapport.

https://www.liberation.fr/france/2019/10/24/le-bilan-contraste-de-l-etat-de-l-environnement-en-france_1759461

https://ree.developpement-durable.gouv.fr/rapports/article/edition-2019

les-taties-flingueuses-episode-8-biosphere-on-va-pas-tous-mourir-enfin-pas-tout-de-suite

Fanny et les #TatiesFlingueuses sont de retour pour une saison 2 avec toujours autant d’infos sur l’environnement, de décryptage et de l’humour.
Dans cet épisode , c’est une grande première, nous acceuillons notre première invitée : #MeriemBouamrane de l’#Unesco. En l’absence de Danièle, on parle avec notre invitée des réserves de #biosphères, méconnues et pourtant à nos portes, du fonctionnement de l’Unesco, de #biodiveristé, d’agir maintenant et à notre niveau pour changer les choses, de gérer le monde du #vivant, de la future #COP biodiversité en Chine,… le tout de façon positive et créative.

#IPBES #UICN #COP15 #MAB
https://fr.unesco.org
https://lnkd.in/dDJHtN6
https://lnkd.in/djKBjic
https://lnkd.in/db7qmWx
https://podcast.ausha.co/taties-flingueuses/les-taties-flingueuses-episode-8-biosphere-on-va-pas-tous-mourir-enfin-pas-tout-de-suite
https://podcast.ausha.co/taties-flingueuses/les-taties-flingueuses-episode-8-biosphere-on-va-pas-tous-mourir-enfin-pas-tout-de-suite

Une étude pointe la nocivité des emballages en carton

Emballages. Alors que les nombreux produits en plastique à usage unique (couverts, assiettes, pailles, contenants alimentaires, gobelets…) seront bannis dès 2021en Union européenne, une étudemontre que leurs alternatives en carton et en papier présentent des risques pour la santé. Publiée le 25 juillet par le Bureau Européen des Consommateurs (BEUC) rassemblant plus de 40 associations nationales, elle s’appuie sur un échantillon de 76 emballages, gobelets, pailles et serviettes. Les conclusions sont inquiétantes : «presque tous» les produits en papier ou en carton analysés contenaient des filtres UV, soupçonnés de favoriser l’apparition de cancers et d’être des perturbateurs endocriniens, et des amines aromatiques ont été décelés dans plus d’un produit sur six. Présentes dans les encres des emballages, ces substances chimiques susceptibles d’être à l’origine de cancers des poumons et des voies urinaires sont libérées dans les aliments, donc dans notre organisme.

«Il est inquiétant que le papier, qui est le deuxième type d’emballage alimentaire le plus utilisé après le plastique, soit mis au contact de nos aliments sans filet de sécurité», a fait valoir Monique Goyens, directrice générale du BEUC, dans un communiqué. D’autant que plusieurs des substances chimiques détectées n’ont pas été analysées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Ces risques avaient déjà été pointés du doigt il y a deux ans par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), qui regrettait le manque d’études sur le sujet. Et en 2017, des analyseseffectuées par des membres du BEUC révélaient la présence de composés toxiques dans la moitié des emballages de fast-food.

https://www.liberation.fr/direct/element/une-etude-pointe-la-nocivite-des-emballages-en-carton_100706/

https://www.beuc.eu/publications/eu-needs-rules-chemicals-coffee-cups-straws-and-other-paper-food-packaging-consumer/html

L’entreprise à mission » Réflexions sur le projet de loi PACTE

 

Modélisation légale de nouvelles finalités reconnues à l’entreprise ? Aggiornamento par la loi de la figure de l’entreprise ? L’entreprise à mission suscite, à l’heure de la réforme législative des articles 1833 et 1835 du code civil, de nombreuses discussions. Pourtant, la figure de l’entreprise n’a jamais cessé d’être redessinée dans sa dimension conceptuelle comme sa dimension spatiale.

Social business, entreprise sociale et solidaire, entreprise du commun, B-corp…. Différents modèles d’entreprise ont déjà été proposés et mis en œuvre selon les attentes exprimées dans certains secteurs d’activité et les exigences propres aux marchés économiques et aux États. À ces modèles d’entreprise, font écho des théories relevant des sciences du management et traduites parfois en droit, que l’on pense à la théorie du gouvernement d’entreprise ou de la théorie des parties prenantes. D’éminents juristes posaient les fondements d’un droit moderne des sociétés (Jean Paillusseau, Ecole de Rennes) ou encore d’une doctrine de l’entreprise (Antoine et Gérard Lyon-Caen). Le postulat de ces théories juridiques était articulé autour de l’intérêt de l’entreprise susceptible de naître de la création et de l’exercice d’une activité économique et sociale et des modalités de promotion de la sauvegarde, pourtant contre-intuitive, des intérêts altruistes par les actionnaires orientés ataviquement vers leurs propres intérêts. La divergence d’intérêts à atténuer au sein de l’entreprise apparaît loin d’être un constat regrettable puisque la défense d’un intérêt plus large que le sien dans les décisions arrêtées, nécessite l’attribution d’une mission qui à l’échelle individuelle prend la forme de la représentation (autrement dit la mission de représentation dévolue à une personne qui agit au nom d’une autre personne), et à l’échelle collective correspond à la finalité de l’entité.

L’entreprise à mission