RESPONSABILITÉ NUMÉRIQUE DES ENTREPRISES 2. ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX

Dans un avis adopté le 14 avril, la #Plateforme RSE s’est intéressée aux retombées #environnementales et #sociales du #numérique. Elle propose un ensemble de vingt-deux recommandations, à destination de l’ensemble des parties prenantes de la responsabilité numérique des entreprises (RNE). Ces recommandations visent à faire de la RNE un pilier de la RSE.

Le groupe de travail « Responsabilité numérique des entreprises », conduit par @Bettina Laville (Comité 21), @Ghislaine Hierso (4D – Les Petits Débrouillards) et @Geoffroy de Vienne (CFTC), a mené dix-huit auditions afin d’élaborer un diagnostic et des propositions. La Plateforme RSE a adopté un premier avis, le 6 juillet 2020 : « Responsabilité numérique des entreprises – 1. L’enjeu des données ». Un second avis a été adopté le 14 avril : « Responsabilité numérique des entreprises – 2. Enjeux environnementaux et sociaux ».

Alors que la prise de conscience des #impacts croissants du numérique grandit, son évolution interroge. La Plateforme RSE a donc consacré la notion de #RNE qui traite de ses #enjeux liés aux #données, à l’#environnement et aux #impactssociaux.

La massification des données et les évolutions numériques constantes transforment le paysage dans lequel évoluent les #entreprises. Les effets de la #transformation doivent être appréhendés avec #éthique et dans le respect de l’#environnement et des #droitshumains fondamentaux. 

La Plateforme RSE s’est attachée à cerner les enjeux de la #responsabilité #numérique des #entreprises, tout au long de la #chaîne de #valeur des #produits. Le numérique a des #impacts #environnementaux (émission de GES, consommation de ressources…) et #sociaux (organisation et conditions du travail, dialogue social …).

TÉLÉCHARGER L’AVIS DE LA PLATEFORME RSE – RESPONSABILITÉ NUMÉRIQUE DES ENTREPRISES
2. ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX

Labels RSE. Propositions pour des labels RSE sectoriels destinés aux TPE, PME et ETI

Labels RSE. Propositions pour des labels RSE sectoriels destinés aux TPE, PME et ETI

Pour établir un diagnostic sur les labels RSE, la plateforme RSE a privilégié une approche sectorielle, qui permet de prendre en compte avec pertinence les enjeux et problématiques spécifiques de différents secteurs d’activité. Cette auto-saisine s’appuie sur le bilan de l’expérimentation de labels RSE sectoriels, menée auprès de 18 fédérations professionnelles de mai 2018 à décembre 2019, et de manière plus générale sur l’évaluation des labels ou référentiels RSE existants au travers d’une trentaine d’auditions.

Sur la base des auditions et de l’expérimentation, la plateforme RSE a identifié les enjeux auxquels les porteurs de labels sont confrontés, ainsi que les attentes des parties prenantes en la matière. On constate, d’une part, le manque de reconnaissance et de valorisation de la part des donneurs d’ordres privés et publics et, d’autre part, des attentes des parties prenantes en matière de robustesse et de crédibilité des labels.

Face à ce constat d’une multiplication d’initiatives et de « labels RSE » et, en même temps, de la nécessité d’une massification de la RSE, la Plateforme RSE souligne la nécessité et l’urgence de s’emparer du sujet. Elle formule ainsi 24 recommandations adressées au gouvernement, aux entreprises, aux fédérations professionnelles et aux chercheurs, structurées autour des trois exigences des référentiels RSE : la nécessité de la robustesse de la démarche pour assurer une chaine de confiance (qualité du référentiel et du processus de labellisation) ; l’enjeu de la reconnaissance et de valorisation des labels RSE sectoriels ; enfin, le besoin d’une crédibilisation dans la durée et d’une généralisation de la démarche de labels RSE.

https://www.strategie.gouv.fr/publications/labels-rse-propositions-labels-rse-sectoriels-destines-aux-tpe-pme-eti

Labels RSE. Propositions pour des labels RSE sectoriels destinés aux TPE, PME et ETI

Le nouvel #indice de l’#ONU veut évaluer le #progrès des pays

#Mondedaujourdhui #Mondedaprès #Paix #Dignité #Egalité #PlanèteSaine #Lavenirquenousvoulons 

Le nouvel #indice de l’#ONU veut évaluer le #progrès des pays en prenant en compte les contraintes exercées par chaque pays sur la planète. A l’heure de l’#Anthropocène, écrit l’ONU, il est temps que les pays revoient leur modèle de progrès en fonction de la #pression dangereuse que font peser les #humains sur la #planète

 

#ODD #Objectisdedeveloppementdurable  #RSE #Indicedeveloppementhumain #IDH

United Nations  Banque Mondiale Programme des Nations Unies pour le Développement 

4D – Dossiers et Débats pour le Développement Durable 

Les Petits Débrouillards

L’ONU modifie son classement de développement en incluant l’impact environnemental

#Mondedaujourdhui #Mondedaprès #Paix #Dignité #Egalité #PlanèteSaine #Lavenirquenousvoulons 

Le nouvel #indice de l’#ONU veut évaluer le #progrès des pays en prenant en compte les contraintes exercées par chaque pays sur la planète. A l’heure de l’#Anthropocène, écrit l’ONU, il est temps que les pays revoient leur modèle de progrès en fonction de la #pression dangereuse que font peser les #humains sur la #planète

L’ONU a publié un nouvel indice de développement humain (IDH) qui prend en compte l’impact sur la planète de chaque pays et qui, par conséquent, réduit considérablement le classement de certains des États les plus riches du monde dans ce classement annuel.
L’étude, préparée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ajoute à cette occasion des aspects tels que les émissions de gaz à effet de serre et l’utilisation des ressources naturelles à ceux habituels, comme l’espérance de vie, les années de éducation et revenu par habitant.
Selon le PNUD, l’objectif est de faire comprendre aux gouvernements que si des mesures décisives ne sont pas prises pour alléger la pression sur l’environnement, le progrès de l’humanité sera ralenti.
“Les humains ont plus de pouvoir que jamais sur la planète aujourd’hui. À la suite du COVID-19, des températures record et des inégalités croissantes, il est temps d’utiliser ce pouvoir pour redéfinir ce que nous entendons par progrès”, L’administrateur du PNUD, Achim Steiner, a déclaré dans un communiqué.
Le rapport conclut qu’aucun pays au monde n’a atteint un niveau de développement humain très élevé sans exercer «d’immenses pressions sur la planète», mais souligne que cette génération peut le faire si des mesures appropriées sont prises.
Avec les nouveaux indicateurs, la classification traditionnelle des pays en termes de développement humain subit un revirement majeur, puisque plusieurs des États qui, année après année, apparaissent aux premières places baissent de manière significative.
La Norvège – qui avec les paramètres des autres années occupe la première position – perd 15 places si les questions environnementales sont prises en compte, même si les baisses sont encore plus importantes.
Par exemple, ceux de l’Islande -qui était à la quatrième place et perd 26 pas-, de l’Australie -de 8 à 80- ou de Singapour -qui était 11e et perd 92 places-.
A noter également les revers dans d’autres pays à fort impact environnemental comme le Canada -40 positions en moins-, les États-Unis -45 en moins- et le Luxembourg -qui avec une baisse de 143 positions se place dans le caboose mondial.
Pendant ce temps, d’autres comme l’Espagne améliorent leur classement, qui est à la 25e place du classement habituel, mais gagne 11 places lors de l’ajustement des émissions et de l’utilisation des ressources naturelles.
Quelque chose de similaire se produit avec plusieurs des pays voisins comme la France, le Portugal et l’Italie, tous quelque peu derrière l’Espagne dans ce classement et qui s’améliorent également avec le nouveau classement.
Deux pays d’Amérique latine, le Costa Rica et le Panama, sont parmi les plus grands bénéficiaires des changements et grimpent de plus de trente places dans le classement, montrant selon le PNUD qu’il est possible de mettre moins de pression sur la planète.
En général, toute l’Amérique latine progresse sur la liste, étant donné que les baisses les plus importantes lorsque l’impact environnemental est pris en compte font partie du groupe des pays les plus avancés et la plupart des États de la région sont dans les étapes suivantes.
Comme les années précédentes, le PNUD souligne que les inégalités sont l’un des principaux problèmes en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Le rapport est basé sur des données de 2019 et ne prend donc pas en compte les effets de la pandémie de coronavirus, mais le PNUD prévient que l’IDH devrait baisser pour la première fois depuis qu’il a commencé à être produit en 1990.

#ODD #Objectisdedeveloppementdurable  #RSE #Indicedeveloppementhumain #IDH

United Nations  Banque Mondiale Programme des Nations Unies pour le Développement 

http://report.hdr.undp.org/fr/

L’accumulation de #déchets #radioactifs reste un problème non-résolu” (rapport)

Ne parlez pas de #productiondécarbonée mais de #productiondedéchetsdangereux

L’accumulation de #déchets #radioactifs reste un problème non-résolu” (rapport)

6,6 MILLIONS DE M3 DE DÉCHETS #NUCLÉAIRES

La première édition du rapport mondial sur les déchets nucléaires, présentée mercredi 4 novembre 2020, rend compte des “enjeux techniques et financiers énormes” posés par leur gestion. Soutenue par des anti-nucléaires, l’étude estime que le parc européen pourrait en produire jusqu’à 6,6 millions de m3 sur toute sa durée de vie dont 30 % rien qu’en France. “Aucun pays au monde ne dispose de site de stockage géologique profond destiné aux combustibles usés”, rappellent par ailleurs les auteurs alors que cette solution “prévaut” face aux risques de saturation des sites d’entreposage existants.

“Partout dans le monde les gouvernements peinent depuis des décennies à élaborer et mettre en œuvre des stratégies globales de gestion des déchets nucléaires”, observent les auteurs du premier rapport mondial sur les déchets nucléaires, présenté le 4 novembre dans sa version française.

#prévention #précaution #stockage #géologie  #duréedevie #débatpublic

Yves Marignac Jens Althoff   #FondationHeinrichBöll

AEF  EDF IRSN CIGEO Commission nationale du débat public (CNDP) Chantal JOUANNO

https://www.aefinfo.fr/depeche/639151-laccumulation-de-dechets-radioactifs-reste-un-probleme-non-resolu-rapport

 

Envoyé de mon iPhone

FINANCE RESPONSABLE, UNE FINANCE AU SERVICE DE LA SOCIÉTÉ 

FINANCE RESPONSABLE, UNE FINANCE AU SERVICE DE LA SOCIÉTÉ

Ou comment systématiser une vision long terme dans les investissements financiers

À l’heure de la relance économique, on se demande comment bâtir un meilleur monde pour demain, plus humain et à la hauteur de la crise climatique. Où investir efforts et capitaux ? La finance responsable sera-t-elle l’instrument clé de cette relance ? Et qu’est-ce, au juste, la finance responsable ? Thierry Philipponnat, cofondateur de Finance Watch, une ONG oeuvrant pour une finance au service de la société, nous en décrypte les multiples initiatives qui émergent.

Cet expert, qui travaille régulièrement avec la Commission Européenne, est aussi membre du Collège de l Autorité des Marchés Financiers2 en France, président de sa commission climat et finance durable ainsi que de sa commission consultative organisation et fonctionnement du marché. Il travaille de plus comme régulateur auprès de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution3 où il est membre de la commission climat et finance durable, de la commission des sanctions et du comité scientifique.

Quel devrait être, selon vous, le rôle de la finance ?

La finance est un moyen qui permet de mettre le capital au service de la société, d’humains, d’entreprises et par conséquent de l’économie. Cette définition est simple, mais en la déroulant on peut aller très loin dans l’analyse. Elle nous permet de définir ce qu’est la finance durable: un moyen qui alloue le capital à une société durable et une économie durable. Tout l’enjeu est d’arriver à préciser ce que permettre d’allouer le capital à une société durable signifie, et comment cela se concrétise.

Optic – Finance responsable, une finance au service de la société ?

L’AMF porte le combat contre le « greenwashing » au niveau européen

#StopGreenwashing c’est l’AMF qui le dit #ESG #RSE

L’#AMF,  régulateur français propose de mettre en place des exigences minimales « pour les #fonds qui utilisent l’#ESG comme élément central de leur communication », sur le modèle de ce qu’il a commencé à mettre en oeuvre en France . Il souhaite également que des travaux soient lancés pour aboutir à des définitions communes au niveau #européen des principaux concepts de la gestion durable et développer davantage de labels pour la finance durable, en complément de l’#écolabel actuellement à l’étude. L’AMF se prononce en faveur d’un #labelESG incluant un système de #notation, avec l’objectif « d’établir un nouveau standard connu au niveau international » et de limiter la #fragmentation actuelle du marché entre les neuf labels nationaux existants.

L’AMF lance une offensive contre le « #greenwashing »

Toutes ces mesures nécessitent d’intensifier les efforts sur l’information extra-financière, souligne l’AMF, que ce soit du côté des entreprises comme des sociétés d’investissement. Elle demande à Bruxelles de s’assurer de la cohérence des différentes régulations en cours d’élaboration.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) poursuit son offensive contre le « greenwashing », mais désormais au niveau européen. Le gendarme français des marchés financiers a fait la part belle à la  lutte contre l’écoblanchiment dans sa réponse à la consultation européenne sur la finance durable, réalisée en collaboration avec la direction générale du Trésor et l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution). Alors que de nombreux gestionnaires d’actifs « concentrent leur offre commercialesur des produits mettant en avant des stratégies d’investissement durables », l’AMF estime nécessaire d’agir pour « préserver la confiance des investisseurs » et « limiter le risque de greenwashing».

La popularité de l’ESG se confirme en France

Les fonds d’investissement intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leur processus de gestion sont dans le collimateur du régulateur. L’AMF souhaite notamment limiter la communication sur le thème de l’investissement durable pour les produits qui se démarquent peu d’une gestion traditionnelle : « pour limiter le risque d’informations trompeuses et d’écoblanchiment, si l’on ne fait pas grand-chose en matière d’ESG, il faut dire peu de choses »,estime-t-elle. Dans sa ligne de mire figurent notamment les fonds appliquant des exclusions sectorielles ou normatives (armes controversées, charbon ou tabac), l’intégration ESG « au sens large » et l’engagement actionnarial.

Davantage de labels européens

Le régulateur français propose de mettre en place des exigences minimales « pour les fonds qui utilisent l’ESG comme élément central de leur communication », sur le modèle de ce qu’il a commencé à mettre en oeuvre en France. Il souhaite également que des travaux soient lancés pour aboutir à des définitions communes au niveau européen des principaux concepts de la gestion durable et développer davantage de labels pour la finance durable, en complément de l’écolabel actuellement à l’étude. L’AMF se prononce en faveur d’un label « ESG » incluant un système de notation, avec l’objectif « d’établir un nouveau standard connu au niveau international »et de limiter la fragmentation actuelle du marché entre les neuf labels nationaux existants.

L’AMF lance une offensive contre le « greenwashing »

Toutes ces mesures nécessitent d’intensifier les efforts sur l’information extra-financière, souligne l’AMF, que ce soit du côté des entreprises comme des sociétés d’investissement. Elle demande à Bruxelles de s’assurer de la cohérence des différentes régulations en cours d’élaboration. Le régulateur souhaite par ailleurs voir son équivalent européen, l’Esma, basé à Paris, prendre part à l’élaboration des normes extra-financières – une tâche récemment confiée au groupe consultatif pour l’information financière en Europe(Efrag)- et superviser les fournisseurs de données ESG.

L’Europe avance dans la mise en place de normes extra-financières

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De la taxonomie européenne à la convention citoyenne pour le climat, le verdissement est en marche

D’un côté, le Parlement européen adopte la taxonomie pour réellement verdir les investissements dans l’Union. De l’autre, les 150 citoyens de la convention pour le climat remettent au gouvernement des mesures ambitieuses et disruptives pour mettre la France sur la voie d’une baisse drastique de ses émissions. Deux preuves que le monde plus durable du “jour d’après” n’est pas qu’une utopie

L’épidémie de Covid-19 a lancé le grand débat sur le monde d’après, porté par l’idée que la crise sanitaire serait une césure entre le monde d’avant au modèle économique ravageur et celui d’après où le respect des humains et de l’environnement dominerait le monde. Difficile de croire à ce coup de baguette magique apporté par un virus malin. Pourtant à quelques jours de distance deux signaux montrent que le monde change vite et que les citoyens et leurs élus sont prêts à aller beaucoup plus rapidement vers la transition écologique que ne le croient ceux qui parlent en leur nom.

La taxonomie des activités vertes a été adoptée par Parlement européen le 18 juin. Bien plus qu’un référentiel technique, elle crée un langage commun à tous les pays membres dont les priorités écologistes restent très variables. C’est la pierre angulaire d’un dispositif qui doit permettre aux États, aux entreprises et aux investisseurs de définir leur part verte et de crédibiliser le déploiement du Green Deal. Elle fera partie intégrante de la régulation européenne dès 2021.

Des experts européens aux propositions citoyennes

Il y a trois ans, nous avions fait un rêve, nous les membres du groupe d’experts de haut niveau sur la finance durable : dessiner le modèle européen d’une autre finance qui réconcilierait les objectifs environnementaux et sociaux de l’Europe et ses pratiques financières. Nous étions une trentaine choisis la par la Commission Européenne pour rédiger un rapport dont le rayonnement a précédé le lancement du plan d’action de la Commission, en mars 2018. Il prévoyait l’adoption de cette taxonomie pour 2020. Ce calendrier nous semblait utopiste au vu du nombre d’obstacles qui se dressaient sur la route de ce projet. Et pourtant la magie de ce HLEG auquel je suis très fière d’avoir participé, nous a laissé croire qu’il pouvait naître d’un projet de régulation une aventure humaine collective et enthousiasmante.

Ceux qui combattent le projet de transformation vers un monde plus vert et plus durable sous-estiment sa capacité à redonner de l’espoir à un monde qui en manque tant.  Les conclusions de la Convention citoyenne pour le climat le montrent bien. 150 citoyens d’âges, de milieux et de conviction différents ont très sérieusement travaillé pour dessiner un monde plus respectueux du climat. Les commentaires s’étonnaient du sérieux de leur travail et de la puissance disruptive de leurs propositions.

Ces deux éléments montrent que lorsque les citoyens ont toutes les cartes en main, ils font d’autres arbitrages et qu’il ne sera pas possible d’atteindre nos objectifs climatiques sans une transformation radicale de nos modes de production et de vie. Ils ont jeté un pavé vert dans la mare. Les résultats du second tour des Municipales fin juin et les changements de gouvernement éventuels qui suivront diront jusqu’où ce coup de vent vert a porté.

Anne-Catherine Husson-Traore,  @AC_HT, Directrice générale de Novethic

https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/edito-de-la-taxonomie-europeenne-a-la-convention-citoyenne-pour-le-climat-le-verdissement-est-en-marche-148699.html

Climat : bravo à la Convention citoyenne !


Nous sommes habitués à ce que les montagnes accouchent de souris. Moins à ce que des souris accouchent de montagnes. Au terme de neuf mois de travail, le rapport remis hier au gouvernement par les cent cinquante membres de la Convention citoyenne sur le climat est un monument dont beaucoup ont douté au départ1. Un monument d’intelligence collective de l’urgence climatique et des moyens pertinents à mettre en œuvre pour y répondre. Un monument d’inventivité pour revigorer l’exercice de la démocratie quand celle-ci semble paralysée alors que « la maison brûle ». Un monument, enfin, d’engagement, d’ouverture, de finesse dont ont fait preuve tous ceux qui se sont trouvés embarqués dans cette aventure : citoyens comme les autres élus par le sort, membres du comité de gouvernance, animateurs, experts techniques et juridiques, personnalités auditées…

Ensemble cohérent

Sur cet ensemble de très nombreuses propositions2 pour atteindre l’objectif intermédiaire d’une baisse de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (par rapport à 1990) en 2030, ce serait une erreur de ne retenir que certaines d’entre elles, plus médiatisées que d’autres. Le renforcement des clauses environnementales dans la passation des marchés publics ou le verdissement des conditions d’éligibilité au crédit impôt recherche n’ont pas moins d’importance que la limitation à 110 km/h de la vitesse sur autoroute. Ces propositions – que le rapport argumente de manière très solide3 –  sont tout sauf un catalogue dans lequel il serait possible de faire son menu. Pour atteindre l’objectif climatique il n’y a pas de solutions simples, mais tout un ensemble d’actions à entreprendre et à articuler entre elles dans tous les domaines. C’est une première idée-force qui se dégage de ce travail.

Le renforcement des clauses environnementales dans la passation des marchés publics n’a pas moins d’importance que la limitation à 110 km/h de la vitesse sur autoroute

La mise en relation des enjeux est un autre point fort issu de ce processus qui s’est donné le temps. Les liens entre action climatique et justice sociale, bien sûr (c’était le cœur du mandat des citoyens), mais aussi entre climat et commerce international (derrière la proposition de renégocier le Ceta) et – c’est tout aussi fondamental – les relations entre climat et biodiversité (traduits par le très riche ensemble de propositions concrètes autour de l’agriculture, de l’alimentation et de l’artificialisation des sols).

Réglementer hardiment

Outre la mise en cohérence des politiques publiques et le contrôle effectif de celles-ci, il faut également souligner ce message fort de la Convention : la nécessité de réglementer, et hardiment. Les 150 ont fort bien compris que les mécanismes incitatifs ne suffisent pas et qu’il faut en rajouter sérieusement du côté normatif (en en compensant les effets sociaux). Ils ont eu le courage d’affronter ce sujet clivant, douloureux parfois, eu égard au « théâtre d’amitiés » qu’ils ont formé au fil de ces sept week-end intenses.

Et ils ont au final assumé des positions ambitieuses. Une seule proposition n’a pas franchi le vote final des citoyens : la baisse du temps de travail pour produire et consommer moins (mais tout de même 35 % de votes favorables). Toutes les autres sont passées, une marque du sérieux du travail des 150. L’obligation de rénovation des logements est sans doute la proposition la plus impressionnante de la part d’une assemblée tirée au sort et représentative de la diversité sociale, politique, culturelle de la population française, mais elle est loin d’être la seule.

Une seule proposition n’a pas franchi le vote final des citoyens : la baisse du temps de travail pour produire et consommer moins

De même, le rejet de la hausse à court terme de la taxe carbone et le dissensus sur sa réintroduction dans le prochain quinquennat ne trahit pas, en définitive, un manque d’ambition. Ni un a priori contre l’outil fiscal ou parafiscal. En témoigne entre autres la volonté de créer une écocontribution significative sur les billets d’avion et de faire disparaître l’avantage au gazole routier, moyennant aides au secteur. Plus encore après la crise du Covid qu’avant, les citoyens se montrent très prudents sur les taxes pour financer la transition écologique. Faut-il les en blâmer ? Ou le gouvernement ? L’expérience qu’ils en ont eue au début du quinquennat, alourdissement de la facture énergétique pour les pauvres, baisses d’impôts pour les riches, a été désastreuse. En tout cas, les 150 ont raison de vouloir élargir la palette des instruments de financement public à des mesures hétérodoxes, citons l’exclusion des investissements verts du calcul des déficits budgétaires et la création monétaire.

Un consensus aussi large qu’ambitieux

Enfin, une leçon capitale pour la suite. Cette « France en petit » qu’est la Convention citoyenne a su, moyennant un important travail de formation et de concertation, parvenir à un consensus aussi large qu’ambitieux. Il est le résultat d’un travail d’appropriation des sujets par des personnes peu informées au départ et d’une relation saine et confiante entre l’expert et le citoyen. Si l’expert s’est exprimé, c’est le citoyen qui a tranché. Les propositions ont été adoptées à 93 % des voix en moyenne, avec des taux d’abstention ou de vote nuls très faibles. Cette expérience tend à montrer que non seulement le politique peut courir le risque de se montrer audacieux, mais qu’il pourrait s’en trouver récompensé, depuis l’élu local jusqu’au sommet de l’Etat.

Que fera Emmanuel Macron des propositions d’une Convention citoyenne qu’il a suscitée et qui vont largement à l’encontre de la politique qu’il a menée jusqu’ici ?

Dans l’immédiat, une grande partie de la France attend de savoir ce que fera Emmanuel Macron des propositions d’une Convention citoyenne qu’il a suscitée – et qui vont largement à l’encontre de la politique qu’il a menée jusqu’ici. Plus que dans ses déclarations (aux envoyés de la Convention citoyenne reçus le 29 juin à l’Elysée ou dans le discours attendu en juillet sur la sortie de crise), plus que dans sa décision d’organiser ou non un référendum demandé par la Convention sur le crime d’écocide, la réponse de l’exécutif se lira dans ses orientations sur les prochaines décisions pratiques, dont les plans de relance de l’économie et le projet de loi de finance pour 2021. La montagne accouchera-t-elle (encore) d’une souris ?

1/ Se déplacer

Principales propositions de la convention citoyenne pour le climat

2/ Consommer

Principales propositions de la convention citoyenne pour le climat

3/ Se loger

Principales propositions de la convention citoyenne pour le climat

5/ Se nourrir

Principales propositions de la convention citoyenne pour le climat

6/ Constitution

Principales propositions de la convention citoyenne pour le climat

  • 1. Dont l’auteur de cet article.
  • 2. Une cinquantaine, se déclinant, outre de nombreuses recommandations, en près de 80 mesures ayant une traduction concrète sur le plan législatif ou réglementaire.
  • 3. Ce qui en fait une mine d’informations !

https://www.alternatives-economiques.fr/climat-bravo-a-convention-citoyenne/00093109

#Covid19 LE MONDE DU TRAVAIL ET LES ENTREPRISES DANS LA TOURMENTE

#VULNÉRABILITÉ ET #PRÉCARITÉ DANS LES CHAÎNES DE VALEUR MONDIALES

Les mesures de confinement ont eu, en l’espace de quelques semaines, un impact direct sur l’activité économique. En Chine, les investissements, exportations et importations ont chuté de 24,5%, 15,9% et 2,4% respectivement. Aux États-Unis, plus de 3 millions de personnes se sont déclarées au chômage entre le 19 et le 25 mars 2020, et ces chiffres ont continué d’exploser, avec près de 7 millions de personnes pointant au chômage entre le 26 mars et le 1er avril. En Europe, des millions de personnes sont au chômage partiel, et des centaines de milliers se sont déclarées sans emploi. En Afrique, une fuite massive des capitaux est en cours, et l’effondrement des cours des matières premières fragilise non seulement les budgets publics, mais aussi des millions de paysans et petites entreprises dont les sources de revenus sont menacées. En Asie, la rupture des chaînes d’approvisionnement et les mesures de confinement ont mis à l’arrêt des dizaines de milliers d’usines, jetant des millions de familles dans la précarité.

Le 18 mars 2020, l’Organisation internationale du travail a estimé entre 5 et 25 millions le nombre de personnes qui pourraient perdre leur emploi ; entre 9 et 35 millions le nombre de personnes qui devraient rejoindre la catégorie de travailleurs pauvres. Face à des dynamiques de marché imprévisibles, ces estimations ont évolué à une vitesse fulgurante. Le 7 avril 2020, l’Organisation international du travail a évoqué « une crise d’une ampleur et d’une gravité inédite », avec plus d’un milliard de travailleur.euse.s risquant de perdre leur emploi et/ou de subir des pertes sèches de salaire dans les prochaines semaines…

https://ccfd-terresolidaire.org/IMG/pdf/covid19_devoirdevigilance.pdf

LE DEVOIR DE VIGILANCE COMME BOUSSOLE

Plus que jamais, la nécessité du respect du devoir de vigilance des entreprises et des acteurs publics prend toute sa pertinence dans cette crise sans précédent :

z La loi sur le devoir de vigilance doit servir de boussole pour les politiques publiques et les pratiques industrielles et commerciales des entreprises.

z Le respect des droits humains et la protection de l’environnement doivent primer sur les droits accordés aux investisseurs.

z Les projets de relance des prochains mois ne doivent pas sacrifier les droits humains et l’environnement sur l’autel de la croissance.

z Cette relance doit mettre en œuvre une refonte de notre système économique sur des bases démocratiques. La crise du COVID-19 témoigne de la nécessité d’inventer de nouvelles politiques publiques, industrielles et commerciales, afin de créer des sociétés plus résilientes aux chocs sanitaires, économiques, politiques, climatiques à venir (souveraineté alimentaire, transition énergétique, protection sociale et services publics).

z Nombre d’entreprises ont endossé leur responsabilité pour répondre à l’urgence sanitaire en Europe, aux USA. Cette reconnaissance d’une responsabilité politique des entreprises vis-à-vis du bien commun, au-delà des dynamiques marchandes, doit s’étendre dans un cadre de solidarité internationale, pour répondre à cette crise sanitaire, mais aussi à la montée des inégalités, à la destruction des services publics, au dérèglement climatique, à la perte de biodiversité.